‹ Le prisonnier de HamChapitre 51 sur 70 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

11 y avait déjà huit jours que duraient les travaux intérieurs, et ce laps de temps avait suffi pour que le prince se rendît bien compte du degré de surveillance exercé à l'égard des ouvriers. Il avait observé que les précautions étaient grandes à leur entrée ou à leur sortie en corps. Dans le premier cas, ils étaient examinés un à un par le sergent de garde et par un geôlier spécial. Le soir, à leur sortie, cet examen se faisant en présence du commandant lui-même, on suivait avec vigilance chacun de ceux qui se rendaient seuls dans quelque partie retirée de la citadelle; mais on ne faisait nulle attention à ceux qui , prenant la route directe de la porte extérieure , sortaient pour aller chercher des outils ou des matériaux. C'est donc à ce procédé net et hardi que le prince crut devoir se fixer.

Il fut convenu que Ton choisirait un matin pour l'exécution du projet , non-seulement parce que le commandant, dont toutes les préoccupations se concentraient sur la soirée, ne se levait pas de très-bonne heure , mais aussi parce que, en outre de l'avantage de n'avoir affaire qu'à un seul gardien , on se donnait encore la possibilité de gagner

Valeucieunes assez à temps pour prendre le convoi

de i heures, au chemin de fer de Belgique. Une indisposition du général Montholon permit au priuce de ne pas le mettre au courant de sa tentative, et il en fut heureux, tant il craignait de compromettre cet ami dévoué.

Tout fut disposé pour le samedi 23 mai. Par un contre-temps qui parut d'abord fâcheux, le prince reçut , ce jour même , la visite de plusieurs personnes qu'il avait connues en Angleterre et qu'il avait attendues plus tôt.

Il fallut donc remettre le départ au mardi 25 , quoiqu'on ne fût pas bien sûr qu'il restât alors assez d'ouvriers pour masquer la fuite , ni qu'un des deux gardiens du bas de l'escalier s'absentât. Le prince , cependant , pour tirer au moins quelque avantage de cette visite malencontreuse, pria ses amis de prêter leurs passe-ports à son valet de chambre qui allait demander des chevaux pour un petit voyage , ce qui fut fait avec empressement. Le dimanche se passa dans des anxiétés que l'on peut comprendre. Charles Thélin pria les ouvriers de placer quelques planches dans un recoin qui servaitde cellier La difficulté n'était pas seulement de passer sain et sauf à travers les soldats et les gardiens, il fallait encore éviter d'être vu par les

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