‹ Le prisonnier de HamChapitre 53 sur 70 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

portait des bottes et un pantalon gris. Il passa par-dessus son gilet une grosse chemise de toile coupée à la ceinture, une cravate bleue, une blouse non-seulement propre, mais d'une coupe assez recherchée , et mit aussi un pantalon bleu sali et usé en apparence par le travail. Par-dessus la première blouse , il en mit une en aussi mauvais état , après avoir rentré le bas de la première. Le reste du costume se composait d'un vieux tablier de toile bleue , d'une perruque noire à cheveux longs et d'une mauvaise casquette. Ainsi vêtu, les mains et le visage brunis par de la peinture, il se hâta de prendre une tasse de café, chaussa ses sabots, plaça dans sa bouche une pipe de terre, et, l'épaule chargée d'une planche, il se mit en mesure de sortir. *

A sept heures moins un quart, Thélin appela tous les ouvriers qui se trouvaient sur l'escalier et . les invita à venir prendre le coup du matin, disant à Laplace, son homme de peine, de placer les verres et les bouteilles sur la table de la salle à manger. 11 accourut, aussitôt après, pour annoncer au prince que c'était le moment décisif, et descendit jusqu'aux deux gardiens Dupin et Issali, auprès desquels se trouvait encore un ouvrier qui réparait

la rampe. On se dit bonjour, et comme Thélin portait un paletot sur son bras, les gardiens lui souhaitèrent un bon voyage. 11 prétendit avoir quelque chose à dire à Issali, le tira à part hors du passage, et se plaça de manière à ce que son interlocuteur, pour l'entendre, fût obligé de tourner le dos au prince.

Pendant ce temps, le docteur Conneau s'était empressé d'arrêter quelques ouvriers qui, après le petit régal servi par Laplace, regagnaient l'escalier où ils n'auraient pas manqué de rencontrer le prince. Lorsque celui-ci fut au bas de la dernière marche, il se trouva face à face avec le gardien Dupin, qui se retira vivement pour éviter la planche dont la saillie en avant masquait le profil de Napoléon-. Louis et s'opposait à ce qu'on le vît de ce côté. Le prince passa donc inaperçu et entra dans la cour où un ouvrier, qui était descendu derrière lui, le suivit de très-près, paraissant disposé h loi adresser la parole. C'était un garçon serrurier; Thélin se hâta de l'appeler et trouva un prétexte pour le faire remonter dans l'appartement.

Lorsque le prince passa devant la première sentinelle, il laissa tomber la pipe de sa bouche et se baissa pour la ramasser. Le soldat le regarda ma-

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