CHAPITRE DOUZIÈME. îii
Ham, habillé en bourgeois. Sans se déconcerter, il lui témoigna grand plaisir à le voir, et apprit de lui qu'il avait quitté le service pour prendre un petit emploi dans l'administration du chemin de fer du Nord. Cet homme, demanda des nouvelles du prince, qu'il ne croyait pas si près de lui.
Le fugitif arriva enfin à Bruxelles, à Ostende et en Angleterre.
A peine eut-il touché le sol hospitalier de la Grande-Bretagne qu'il s'empressa d'écrire à sir Robert Peel, à lord Aberdeen et à l'ambassadeur français pour leur faire part des motifs qui avaient dicté sa conduite. Les journaux du temps ont publié celle que reçut M. le comte de Saint- Aulaire ; on la lira ici avec intérêt :
«Londres, 28 mai 1846.
» Monsieur,
» Je viens déclarer avec franchise à l'homme » qui a été l'ami de ma mère qu'en m' échappant » de ma prison je n'ai cédé à aucun projet de re- » nouveler, contre le gouvernement français, des
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» idée a été de revoir mon vieux père.
» Avant de me résoudre à cet eitrême parti de la » fuite, j'ai épuisé tous les moyens de sollicitations » pour obtenir la permission d'aller à Florence, en » offrant toutes les garanties compatibles avec » mon honneur. Mes -démarches ayant été rei> poussées , j'ai fait ce que firent les ducs de » Guise et de Nemours, sous le règne de Henri IV, » dans des circonstances semblables.
» Je vous prie , Monsieur , d'informer le gou- » vernement français de mes intentions pacifiques, » et j'espère que cette déclaration toute spontanée » pourra servir à abréger la captivité de mes amis » qui sont encore en prison.
» Je suis, etc.
» N.-L. Bonaparte. »