‹ Le prisonnier de HamChapitre 58 sur 70 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

Le récit de cette évasion serait incomplet si nous ne disions ce qui se passait à Hara depuis le départ du prince.

Le docteur Conneau , qui h'était chargé de masquer cette fuite , était un homme simple et modeste dont rattachement à Napoléon -Louis composait désormais la vie entière. Agé de quarante-deux ans, il était né en Lombardie d'une famille française. Son père avait été payeur dans l'armée, et lui avait fait étudier la médecine aux

facultés de Rome et de Florence, après l'avoir placé pendant quelque temps comme secrétaire auprès de l'ex-roi de Hollande.

Ayant donné des soins à un ami qui, dans l'insurrection italienne de 1834, avait reçu cinq coups de baïonnette, il fut forcé de fuir devant le décret qui punissait des galères tout médecin non-révélateur, et se rendit à Àrenenberg, où la reine Hortense lui donna la plus aimable hospitalité. C'est là, et sur la demande de sa bienfaitrice, qu'il contracta l'engagement de vouer son existence au prince. 11 le suivit sans hésiter dans son expédition de Boulogne, où il s'exposa bravement au feu comme s'il en eût eu la vieille habitude. Ce noble sang-froid, cette simplicité de dévouement ne l'ont jamais quitté : aussi lorsqu'il fut mis plus tard en jugement à l'occasion de l'affaire de Ham , et que le duc Pasquier lui 6t celte étrange question : « Quel » motif vous a porté à favoriser l'évasion du » prince? » se borna -t- il à répondre d'un air étonné : Mais... c'est mon attachement pour lui, et le souvenir des bienfaits de sa mère !

C'est devant le tribunal de Péronne (où l'on eut la maladresse de faire comparaître comme coupable cet homme dont le dévouement ne pouvait

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