‹ Le prisonnier de HamChapitre 61 sur 70 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

A peine le prince fut-il libre, qu'il songea, sans autre préoccupation, à l'accomplissement de son vœu le plus cher, au motif sacré qui lui avait fait entreprendre son aventureuse évasion. La maladie de son père faisait de rapides progrès et il voulait s'empresser de lui dire, au moins, un dernier adieu. Hélas! il avait calculé sans songer à la diplomatie.

Ceux qui lui avaient marchandé les conditions de sa liberté, phrase par phrase, dans le seul but de décourager les interventions bienveillantes, se

mirent alors A l'œuvre pour empêcher la réunion du 61s à son père.

L'ambassadeur d'Autriche à Londres, qui représentait en même temps la cour de Toscane, lui refusa des passe-ports, sous le prétexte que c'était là une affaire qui intéressait le gouvernement français. La famille du prince sollicita l'autorisation du grandduc, et Léopold répondit qu'à son grand regret il ne pourrait souffrir la présence de Napoléon- Louis à Florence pendant vingt-quatre heures et que l'influence française l'obligeait à cette rigueur*.

Le long espoir du comte de Saint-Leu, ainsi déçu, porta le dernier coup à une santé si affaiblie. Il ne survécut pas à ce suprême chagrin.

L'histoire dira que dans ces cruelles négociations , dirigées contre les plus saintes affections de famille, le roi Louis-Philippe mit en oubli des souvenirs tout personnels. Sa mère avait été plus généreusement traitée, en 1815, par celle de Napoléon- Louis.

La duchesse douairière d'Orléans se trouva for* cée , à cette époque , de rester à Paris au moment

De son côté , le gouvernement belge inscrivait le nom du Prince parmi ceux des fugitifs que les traités soumettaient à l'extradition.

Page 1