‹ Le prisonnier de HamChapitre 9 sur 70 · CHAPITRE DKUXIKW · texte numérisé non relu

CHAPITRE DKUXIKW

ou se trouvaient ces paroles : « 11 est complète-* » meut faux qu'on m'ait jamais demandé de faire » la moindre promesse de ne pas retourner en Eu- » rope. » Ajoutons que lors du procès de 4840, devant la cour des pairs , le procureur général fut formellement obligé d'admettre qu'aucune condition n'avait été imposée au prince à son départ pour l'Amérique.

La frégate X Andromède le conduisit à New- York , après cinq mois de navigation , dirigée d'abord vers la mer du Sud. Le temps de cette longue traversée fut employé par la presse du gouvernement à déverser le ridicule sur le prince et à établir dans le public l'idée sérieuse d'une parole d'honneur donnée par lui de ne pas revenir en

Europe (2).

II ignorait ces infamies, et c'est de New- York qu'il écrivait encore à M. Vieillard une lettre où se révèle toute la pensée intime de l'affaire de Strasbourg :

« New-York, 30 avril 1837.

» Maintenant, je vous dois une explication des motifs qui m'ont fait agir. J'avais, il est vrai, deux lignes de conduite à suivre; Tune qui, en quelque

sorte, dépendait de moi : l'autre, des événements. En choisissant la première, j'étais, comme vous le dites fort bien, un moyen ; en attendant la seconde, je n'étais qu'une ressource. D'après mes idées, ma conviction, le premier rôle me semblait bien préférable au second. Le succès de mon entreprise m'offrait les avantages suivants : je faisais par un coup de main, en un jour, l'ouvrage de dix années peut-être ; réussissant , j'épargnais à la France les luttes , les troubles , les désordres d'un bouleversement qui arrivera, je crois, tôt ou tard. « L'esprit d'une révolution, dit M. Thiers , ») se compose de passions pour le but, et de » haines pour ceux qui font obstacle. » Ayant entraîné le peuple par l'armée, nous aurions eu les nobles passions sans la haine, car la haine ne naît que de la lutte entre la force physique et la force morale. Personnellement ensuite, ma position était claire, nette, partant facile. Faisant une révolution avec quinze personnes, si j'arrivais à Paris, je ue devais ma réussite qu'au peuple, et non à un parti ; arrivaut en vainqueur, je déposais de plein gré, sans y être forcé, mon épée sur l'autel de la patrie ; on pouvait alors avoir foi en moi, car ce n'était plus seulement mon nom,

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