LES PRECEDEES, W ALFRED
PADERBONN, Tu vois l'ami qui me défend,
(à'fp'alfred.)
Ton agitation donne peu d'espérance* Walfred , que m'apprends-tu ?
WALFRED.
Reprends ton assurance \ L'honneur, la vérité te prêtent leur appui— Il faut nous préparer ; on te juge aujourd'hui,
PADERBONN.
Le sursis?
Impossible , et la loi le refuse.
MURRAY
On le juge aujourd'hui?
WALFRED , à Paderbonn.
L'imposture t'accuse.*;.
PADERBONN.
J'ai vécu sans reproche , et j'éprouve pourtant
Que le soupçon d'un crime afflige l'innocent.
WALFRED.
N'altère point la paix cjue la vertu nous donne ; Méprise les soupçons , ils n'épargnent personne.
PADERBONN.
Je les trouve cruels, quand leur profonde erreur Vient d'un ami trop faible empoisonner le cœur. Honteux de voir le monde avec les yeux du sage , Fitgam des préjugés accepta l'esclavage, Leur soumit sa raison , et jusqu'à l'amitié.... Ton oncle est à mon sort fidèle par pitié.
MURRAY
Il fut dans Edimbourg votre ami dès l'enfance.
PADERBONN.
On m'accuse!... Il hésite à prendre ma défense;
I<!.t si la calomnie aujourd'hui triomphait,
Il suivrait le vulgaire , et me condamnerait. •
MURRAY
Vous jugez mal $on cœur.
Non , je lui rends justice.
Il est bon.
MURRAY
Vous voulez qu'un ami s'avilisse Jusqu'à vous condamner !
WALFRED.
Fitgam est généreux ; Le préjugé l'aveugle ; il est bien malheureux. Je suis sûr de ta cause , et fier de la défendre.
MURRAY
On vient.
PADERBONN.
Fitgam !