ACTE ïï, SCENE VIL 3i
Cesse de t'affliger, et songe à me servir.
WALFRED.
Je pourrais te servir ! Moi ?
Tu le peux encore.
Tu connais mes malheurs, mais Clara les ignore ; Son erreur me console , il faut la respecter: Va près d'elle et promets de ne la point quitter.
WALFRED.
Mon ami , plus que toi ton épouse est à plaindre.
PADERBONN.
Je crains son désespoir ; moi , je n'ai rien à craindre; Mes enfans me sont chers , et je pleure sur eux : Ceux qui me survivront sont les plus malheureux. Un seul instant me reste et ma vie est passée!..» Faisons de leur bonheur ma dernière pensée. Et cachons à Clara quel jour sera demain ; Mon cœur est sans effroi : j'aurai le front serein... Mon ami, cette nuit, je reverrai ma femme.
WALFRED.
Tu séduirais Johnston ?|
PADERBONN.
Moi ! que d'un prix infâme
Je songe à le payer pour quelques jours encor ?
Je sais qu'on peut séduire en donnant un peu d'or ;
Et tel est, mon ami, l'abus de la richesse;
Mais la séduction , de la même bassesse ,
Tache l'homme séduit comme le séducteur...
Ma famille a besoin de son consolateur :
Hâte-toi.
Que dirai-je?
PADERBONN.
Eh ! que puis-je te dire ?
Il faut que là-dessus ton amitié t'inspire.
Trompe-les.,. J'oubliais: fais rendre ce billet.. .
WALFRED.
Au notaire ! eh ! pourquoi ?
PADERBONN.
Tu sauras mon projet.
[TFalfred sort. )