ACTE V, SCENE IV. &j
LE SHERIF
On peut être à la fois obligeant et sévère. Prévenez Paderbonn.
JOHNSTON
(à Mistriss Johnston. ) ( au Shérif. )
Suis-moi. Je vais le faire,
LE SHERIF, à ses gens*
Accompagnez Johnston.
MISTRISS JOHNSTON
Grand Dieu !
JOHNSTON
C'est fait de nous,
LE SHERIF-
Quel effroi ! Vous pleurez ?
MISTRISS JOHNSTON
Monsieur, nous l'aimions tous,
LE SHERIF
Je le plains.
JOHNSTON
Oui . monsieur, nous l'aimions, je l'avoue; Ce n'est pas maintenant qu'il faut que }e m'en loue. Ah ! si j'avais prévu...
LE SHERIF
Qu'auriez- vous dû prévoir ?
MISTRISS JOHNSTON
Je vois qu'il faut tout dire , et qu'il n'est plus d'espoir; Je tombe à vos genoux.
LE SHERIF, menaçant
Johnston !
MISTRISS JOHNSTON
Faites-lui grâce.
LE SHERIF
Quel doute !... Savez -vous le sort qui vous menace?
MISTRISS JOHNSTON
Je te l'avais prédit.
9o LE PRISONNIER DE NÊWGATE.
LE SHERIF
Aurait-il échappé 7 S'il n'eût séduit Johnston ?
JOHNSTON
Séduit !
MISTRISS JOHNSTON
Il Fa trompé»
JOHNSTON
Non , je ne conçois pas que cela soit possible.
LE SHERIF
Votre crime est frappé d'une peine terrible.
JOHNSTON
Je n'ai point fait de crime.
LE SHERIF
Un arrêt sans appel Vous condamne , lisez.
|< JOHNSTON
5 Suis-je plus criminel ?
tn Paderbonn est jugé : je m attendris , il pleure ,
£2 H me dit : « Cher Johnston , avant ma dernière heure ,
^ ttj Je voudrais embrasser ma femme et mes enfans 7
£5 fcd Marier ma Jenny. « D abord , je m'en défends :
P* ^3 H- ne m'eût point séduit pour tout ce qu'il possède ;
5* s? H supplie , et promet de revenir : je cède.
0 H Mon récit est fidèle , et je n'ai rien caché.
MISTRISS JOHNSTON
ôo Son malheur est trop grand , vous en serez touché. % ■ Je sais où Paderbonn pense fuir la justice.