XX
Le moment est venu de porter sur la vie un jugement. C'est ce qu'on essaie dans ce chapitre XXIII:
La raison de vivre 285-295.
La raison de vivre, c'est le bien à vouloir et le bien à mériter : d'où il est manifeste que ce qu'il faut penser de la vie, c'est qu'elle est bonne, 285-287 ; et l'on montre de quelles diverses manières elle est bonne, 287-290. — Ce qu'il en faut faire, c'est ceci : vouloir le bien- que Dieu veut, et, comme Dieu, faire du bien, 290-291. — Comment cette formule est compréhensive et féconde, et qu'elle est accessible à tous. 291-295.
Les difiicullés renaissent sans cesse. Nous croyons tenir une formule excellente: mais si la raison de vivre et l'emploi de la vie c'est de vouloir le bien, que dire de cette impuissance de voir et de vouloir qui semble inhérente à la nature bnmaine?
Cette difficulté finale, la plus profonde et la plus poignante, est examinée dans le chapitre XXIV :
La faiblesse humaine 297-317,
On montre comment la difficulté prise de l'impuissance à voir comme il faut peut être surmontée, et l'on remarque qu'il 7 a une certaine manière de oréseuier le fait et de poser
la question qui altère le fait et par suite pose mal la que»tion, 297-302.
On s'attache à l'impuissance à vouloir : on sonde la profondeur du mal ; on l'étudié à l'état aigu, 302-306.
Oa essaie de montrer quelle est la vraie nature de Ja volonté, comment le vouloir doit se faire sans cesse; d'où l'on voit comment il se défait, et ensuite comment on peul le refaire, en voulant peu de chose et en voulant ce peu malgré tout: méthode qui réussit aussi dans l'éducation de la volonté non malade, qu'il y a lieu, non de traiter, mais de former, 306-312.
Que, malgré tout, il y a lieu de se demander, dans la détresse morale, où prendre la force de vouloir. — Que, la part de l'illusion une fois faite dans le découragement absolu, il demeure que la faiblesse humaine est profonde, et qu'il lui faut une aide, celle de Dieu, 312-311.
Vouloir le bien, c'est la raison de vivre: mais ce n'est pat encore là la formule détiuitive.
Cette formule déliuitive, le chapitre XXV la cherche et la donne :
L'Amour 319-333.
Ce que c'est qu'aimer, et comment, l'amour une fois posé; tout s'anime sans qu'aucun tort soit fait à lidéal, 319-323. — Comment l'acte vital par excellence c'est d'aimer, 323-325. — D'où il suit que le point de vue de l'amour est essentiellement harmonieux, l'amour ne supprimant pas le reste, mais le dominant et le pénétrant, 323-331. — Enfin, on montra comment l'amour est ce qu'il y a de plus observateur de la lettre, et, en même temps, de plus spirituel : parce qu'oo aime, on prend garde aux moindres choses, et, quand il le fîiut, on se passe de toutes; de tout l'on s'aide pour aimer, tfl, si tout manque, on siime, et cela suffît, 331-333.
L'amour entendu d'une manière profonde conduit 4 là Heligion.
RÉSUMÉ ANALYTIQDB. 483
De là ce chapitre XXVI:
La Religion 335-347.
Comment la Religion établit entre i'homme et' Dieu uo rapport que ni la science, ni la philo jophie, ni la pure morale ne peuvent établir ; elle a une vertu purificatrice^ unifiante, consolatrice, fortifiante, qui lui est propre ; elle a des rites, et elle a en propre le prêtre, 335-339. — Elle conciiie, harmonise, unit tout, et elle est essentiellement /t'en, 339-341. — Le point de vue religieux est le plus complet, le plus harmonieux, le plus haut; mais la seule considération de cette vie supérieure nous fait dépasser la philosophie pure, la religion est d'un autre ordre, et surnaturel: en quoi et pourquoi, 339-343.
Noua voilà amenés à la religion positive. C'est elle qui est envisagée dans le chapitre XXVII: Le Christianisme 345-382.
Comment la religion positive nous a souvent éclairés dans les études précédentes, bien qu'elle ne fût point ce qui nou» occupait; et comment la loyauté intellectuelle nous oblige à déclarer tout ce qui est d'origine chrétienne dans nos préoccupations, dans nos questions mômes, dans nos investigations, dans nos théories ■philosophiques, 345-347.
Des raisons d'étudier la théorie chrétienne de la vie, surtout dans le temps présent, 347-349.
Brève exposition du système chrétieQ de la vie.
De la distinction entre la nature et la grâce : les exigences naturelles et la fin naturelle de l'être raisonnable créé, particulièrement de l'être humain; et comment Dieu, par une libéralité toute gratuite, peut surajouter à la création ce que ne contient point l'idée de la cré-iture humaine, 349-351. — Notion précise du surnaturel, 351-352. — Le péché du premier homme: ce qu'il fait perdre à l'homme, 352-354. - Vraie notion du péché originel et de ses suites. 354-356. — La Rédemptiou : beauté et excellence de l'état de rédemption, J56-357. — Solidarité merveilleuse, 358. — Les Sacrements;
484 RÉSUMÉ ANALYTIODB.
pourquoi nécessaires daus réconoiuie du salul; la lettre et V esprit, 3b8-360. — L'Eucharistie, centre de la religion, 360. — La communion des saints, 361-362.
Comment Dieu veut sauver toiLs les hommes, et que nul ne se perd que par sa faute, 363-364. — Pourquoi il faut trembler , et pourquoi il faut avoir confiance «sn l'infinie miséricorde de Dieu, 365-367.
Que nous ne savons pas combien il y a à'élus, mais qu'aussi :.ien nous n'avons pas besoin de le savoir : ce qui nous importe, ce sont les conditions du salut, celles qui nous regardent, 368.
Comment la vie chrétienne se résume en ce mot : aimer Dieu et aimer le prochain, et que le modèle primitif de l'amour est dans la Trinité divine, puis dans le sacrifice de 2a croix, 368.
Que pour aime-r Dieu il faut renoncer atout ce qu'on ne peut avoir sans injustice ou sans violer l'ordre de Dieu, et comment la loi du renoncement, unie à la loi d'amour, impliquée dans la loi d'amour, domine, comme la loi d'amour, toute la vie chrétienne, 368-371 .
Les préceptes et les conseils, la voie commune et la voie de la perfection ; les états et les vertus ; les axites et les intentions, et comment tout nous ramène à l'essentiel, à l'indispensable, qui est d'aimer Dieu par-dessus toutes chosea, 371-377. — L'incomparable grandeur du chrétien, 377-380.
VÊcole d'Athènes et la Dispute du Saint- Sacrement : la philosophie et la religion, 380-382.
Sachant ce qu'il faut penser et ce qu'il faut faire de la vie, nous avons à chercher quelle forme il convient de lui donner pour la rendre effectivement bonne.
C'est l'objet du chapitre XXVIll, intitulé; La forme de la vie 383-411.
Le tout de la vie étant d'exprimer et d'imiter Dieu, une double tendance est possible et existe: se retirer, autant que foire se peut, de tout pour vivre de la vie supérieure, m
^ÉSDMË ANALITIQDB. 485
mêler à tout pour animer tout d'un esprit supérieur, 385-388.— Comment ces contrariétés ont leur nœud dans la simplicité divine, et comment dans la pratique, ni l'une ni l'autre de ces deux formes n'étant la forme totale, ne doit être exclusive, 388-390. — Un esprit unique, mais des formes variées de vie, 390-391.
Des préceptes prohibitifs et des préceptes impulsifs ; de ce qui est uniforme et de ce qui est laissé a l'initiative person* nelle; la correction et le souffle, 391-395.
Les circonstances : ce que nous trouvons tout fait et ce qui dépend de nous. D'oil l'importance de Vétat de vie et l'obligation de reconnaître et de suivre sa vocation, 395-398.
Du danger de se confiner dans la spécialité, et que la cul. ture générale est nécessaire; de la largeur d'âme et d'esprit: commeDt les simples, surtout si ce sont des saints, sont larges et complets (saint François d Assise); quelle est la raison de cela, 398-403. — Comment les savants, les philosophes, les penseurs, doivent redevenir simples, et, comme les habiles de Pascal, rejoindre le peuple, 403-405.
Que cette largeur et simplicité permet de résoudre bien des questions : par exemple, celle du rigorisme et du relâchement, puis celle des voies communes et des voies extraordinaires, 405-410.
Conclusion de tout ce chapitre, 410-411.
Puisque les circonsiances diversifient, non pas le fond, mais la forme du labeur humain, il importe de dire, sur l'usage et l'emploi de la vie à l'heure présente, quelques paroles nettes.
C'est ce qu'on essaie dans ce chapitre XXIX:
Notre tâche aujourd'hui et demain .... 413-463.
Et l'on s'adresse à ceux qui pensent ou prétendent penser, surtout parmi les jeunes.
l. Qu'une vie inoccupée ou remplie seulement de choses fiutiles, fûl-elle d'ailleurs correcte, est mauvaise; qu'il faut donc faire quelque chose, selon sa condition, leloo les di^
486 RÉSUMÉ ANALYTIQUK.
constances, selon sa vocation et qu'il faut •xcellcr en Ci qu'on fait; pourquoi cette obligation est particulièrement pressante aujourd'hui, 415-417.
II. Qu'il faut savoir oser : oser être du petit nombre, oseï penser, dire, faire des cho8C«B qui étonnent; sens précis de ce conseil, 418-429.
III. De ce qu'il y a à faire pour pacifier les intelligence» : comment il faut s'appliquer à une étude déterminée, et comment néanmoins il faut dominer l'objet de so.n étude et se rendre capable de penser j 4^0-423.
IV. De ce qu'il y a à faire pour pacifier la société : commsnt il faut s'engaj^er dans quelque étude précise relative ai XX questions sociales, et mettre la main à quelque œuvre déterminée, 424-426.
Qu'il faut commencer, petitement, mais avec des vues
nettes et une indomptable confiance, 426-428. — Qu'il faut
ensuite ne pas se laisser arrêter par de vains scrupules, 428-
429. — Enfin qu'il faut avoir le courage d'aller jusqu'au bout
sa vue, 429-430.
V. Comment le Christianisme force ou attire l'attention de tous, et qu'on est frappé des ressources incomparables qu'il a pour répondre aux besoins de l'heure présente, 430-431.
Qu'il faut donc conclure : à la nécessité de l'étudier; à U nécessité de lui laisser pratiquement, dans la société, toute la liberté qui lui est nécessaire et qu'il mérite ; enfin à la nécessité de l'accepter tel qu'il est et de reconnaître que c'est la vérité seule qui sauve, 431-433.
L'humanité pensante et savante ce^sera-t-elle d'être chrétienne ou le redeviendra-t-elle? De la portée de cette question, 433-435.
Qu'il n'y a pas moyen, étant chrétien, d'agir comme ei le Christianisme, bon pour celui qui le professe et le pratique, n'était en somme bon à rien, 435-438.
Le Christianisme est-il vrai? D'abord est-il compatible avec les exigences de la science? Comment toute autre question n'est rien ou se ramène à celle-ci, 438-439.
Comment la question se pose aujourd'hui avec une poi-
RÈS^OliÊ ANALYTIQUB. 487
DADte précision, et qu'il faut répondre aujourd'hui ou au aïoins demain, 439-442.
Que ce n'est point le mode scientifique de penser qui est démenti par le Christianisme ou qui le dément, mais une certaine façon de penser suggérée par la science, sans être par elle autorisée; et que, malgré les sectaires et les esprits étroits, on peut dire que l'humanité cultivée, pensante, savante, incline vers le Christianisme, 442-444.
VI. Du devoir envers la lumière ; clairvoyance, sincérité, droiture; ce que c'est et où cela va, 444-447. — De la nécessité de travailler de l'esprit pour recouvrer la foi quand on l'a perdue par l'abus de l'esprit; et comment certaines âm& t'arrêtent en chemin, tandis que d'autres, plus généreuses remontent les pentes, ayant la crainte, non de prendre de la peine, maus de ne pas arriver, 447-449.
VII. De l'attitude du chrétien à l'égard des hommes et des choses, 449-450. — Comment, étant chrétien, on ne cesse pomt d'être Français ni d'être homme, et comment, étant un Français et un homme qui pense, on est partout et toujours chrétien, ne reniant rien de ce qu'on est, et n'étant jamais divisé d'avec soi-même, 450-451. — Exemples précis, 451-453.
Comment Le chrétien peut et doit s'unir avec ceux qui ne sont pas chrétiens : il est homme, et ce sont des hommes: par là, lui et eux se rejoignent et s'adaptent entre eux, 453-455. — Mais il se sépare d'eux dès qu'il faut aller plus loin, plus haut, ou d'un autre côté, 455-456. — Comment le chrétien est à la fois le plus intraitable et le plus accommodant des hommes, 456-457
Que la jeunesse contemporaine paraît souhaiter des idées nettes et fermes en même temps que larges, et vouloir renoncer aux aigreurs et aux colères comme aux molles et banales complsùsances, et que, si elle fait un pas décisif vers le Christianisme, elle aura à pratiquer et à prêcher cette attitude du chrétien à l'égard des hommes et des chose», que D0U8 venons de définir, 457-458.
Que ramener les regards sur la question religieuse, et dire qu'il faut prendre parti, ce n'est pas rouvrir l'ère de» guerres de religion, mais au contraire préparer la paix, car
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la paix se fera par la lumière et la franchise, si Ton sjdl regarder en face et les choses qui divisent les hommes et lei hommes que ces choses divisent, 458-461.
Il y aura lieu de montrer ailleurs le rôle de la philosophie dans l'œuvre de rénovation, 461.
Comment la vraie humilité est celle qui met en état de faire grande et que c'est celle qu'il nous faut pour remplir notre tâche, qui est grande et ardue, 461-463.
Il n'y a plus qu'à jeter un regard sur l'espace parcouni par cette suite de chapitres.
C'est ce que l'on fait dans ce dernier chapitre intitulé : La philosophie de la vie 463-470.
C'est une œuvre de raison que nous avons faite, mais pour aller au bout de la raison nous avons eu recours à autrti chose qu'elle, puis nous l'avons dépassée elle-même, ce qui était encore lui être fidèle, 465-466.
Nous avons pour ainsi dire déployé la notion de vie. Nous aVons vu la vie monter, se compliquer en montant, puis se simplifier; nous en avons aperçu la vraie loi : donner et recevoir, recevoir et donner, 466-467. — Comment le principe et le modèle étant en Dieu, qui est la Vie excellente, l'économie de l'univers est de transmettre le don divin, et la créature raisonnable, imitant Dieu, se donne elle-même, 467. — Comment il y a une autre loi, laquelle tieiit à l'essence du fini, du créé d'abord, et ensuite au péché : c'est la loi du renoncement, du sacrifice, de la mort ; mais cela même va à la vie, 467-468.
Comment l'amour, qui est don, est en définitive ce qui explique tout, 468-469.
En quoi la vie est précieiise^ et comment il faut avoir l'an»» bition de l'employer à aimer Dieu et les hommes et de conquérir par là la vie pleine et parfaite : la vie ne trompe que ceux qui n'attendent pas assez d'elle, 469-470.