LES LOIS DB TOUTK VIS N
Le dilettantisme mécoiifiaît les lois de toute vie, il rend le a vivre » impossible. Je ne parle pas en moraliste. Je prends la vie comme un fait, et je dis : Cette façon d'entendre la vie rend la vie impossible, parce qu*elle est en opposition avec les lois de toute vie.
Je suis encore au début de mon étude : je dois me tenir en garde contre toute généralisation hâtive. Mais je dois aussi user de mon esprit, et savoir faire des inductions que les faits autorisent.
Je considère d*abord la vie au sens physiologique du mot.
11 est certain que la vie est constituée chez les oiantes par deux fonctions, la nutrition et la gè-
nération, et que, chez les animaux, ces deux fonctions se retrouvent avec autre chose en plus.
Ce qui caractérise d'abord la vie, c'est la nutrition.
L'être organisé vivant reçoit du dehors l'aliment. Il se l'assimile et le transforme, pour ainsi dire, en sa propre substance. Ainsi^ il se conserve et il croît. Il se maintient dans l'existence et il s'augmente.
On nomme « intussusception » cette opération vitale par laquelle l'être vivant, ayant reçu l'aliment, se l'incorpore.
Je remarque que la vie, ainsi entretenue, se dépense sans cesse; mais que d'abord, pour cet entretien même, il faut dépenser.
La vie en allant acquiert sans cesse, vires acquirit eundo. Mais pour acquérir même, il faut dépenser.
L'aliment est cherché, puis appréhendé, puis absorbé.
Le chercher est déjà une dépense vitale. Dans (e nouveau-né, il y a déjà des mouvements; et, dans le végétai, les radicelles vont au loin chercher l'aliment dont la plante a besoin.
Prendre l'aliment est une autre dépense vitale.