‹ Le prix de la vieChapitre 87 sur 108 · Id., ibid.i II, 2; v · texte numérisé non relu

Id., ibid.i II, 2; v

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et terrifiante horreur, que ni la théologie des Pères de l'Église ni celle des Docteurs du moyen âge n'avaient connues. Saint Augustin avait pu se servir d'expressions fortes, outrées peut-être. Il combattait. Il portait secours à la grâce attaquée. Saint Paul a des mots terribles. Il ne faut pas les voir seuls, détachés du reste. Le Christianisme est sévère, il n'est pas odieux. Le jansénisme le rend odieux. La doctrine orthodoxe, vraiment catholique, combien n'est-elle pas forte, mais aussi combien n'est-elle pas tempérée!

Le péché originel étant ce que nous venons de dire, voilà la raison et la volonté humaines insuffisatites, dans Tordre naturel même, mais non pas impuissantes. Donc, il y aura des vérités précieuses dans la philosophie pure. Donc, toutes les vertus des païens ne seront point des vices, vicia, ni toutes leurs œuvres des péchés, peccata\ La nature humaine n'a plus la santé et la droiture originelle, elle est débilitée. Elle rj'est pas gâtée pourtant d'une manière tellement foncière qu'elle ne puisse plus produire rien de bon, même natu-

1. « Orania opéra infideliiira sunt peccala, ei philosophoruiL Tirlules siint vjiia. » 25» l'roposilion de Bàiiu^ coodamoée par ï*ie V, Grégoire XIll et Urbain VlII.

rellement'. Et la grâce n'a pas à la supprimer, pour ainsi dire, tout entière : elle doit la réparer et la perfectionner. On entrevoit les conséquences : les productions du génie humain, les manifestations de l'activité humaine, l'ordre humain, tout cela garde une valeur et un intérêt, et le péché originel ne condamne pas à un absolu mépris ni à une absolue défiance pour la nature et ses appartenances. Mais comprenons bien qu'en cet état, la fin surnaturelle demeurant imposée à l'homme, et l'homme n'ayant plus ce qu'il faut pour l'atteindre, il est vraiment, par le péché originel, dans un état misérable.

C'est ici que se place la Rédemption. Appariât gratta Dei salutaris omnibus hominibus*. A paru la grâce de Dieu, grâce de salut pour tous les hommes. Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. Deus sic dilexit mundum ut Filiiim Simm unigenitum daret^. Et voilà la libération, la délivrance, le salut. Par la grâce de salut, grâce libératrice, réparatrice, médicinale, que le Sauveur nous a méritée, nous ren-

1. « Liberum arbitrium sine gratia Dei adjutorio, nonnisi ad peccandura valet. » 27» Proposition de Baius, condamoée

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