‹ Le prix de la vieChapitre 89 sur 108 · Saint Paul, Éptlre aux Hébreux, iv · texte numérisé non relu

Saint Paul, Éptlre aux Hébreux, iv

358 CHAPITRE XXVIl. '

F.a solidarité, qui nous rend participants de la faute d'Adam, fait que nous avons part aux mérites de Jésus-Christ. Par la justice d'un seul tous les hommes sont justifiés. Jésus-Christ est le nouvel Adam, vraiment auteur de la vie. Là où abondait le péché, la grâce surabonde. Par Jésus- Christ et en Jésus-Christ nous avons la vie, la vie surnaturelle pour laquelle nous sommes faits*.

C'est en prenant notre chair et en souffrant dans cette chair, c'est en devenant l'un de nous, homme comme nous et en mourant comme nous, que Jésus-Christ accomplit son œuvre de réparation, A de restauration, de rédemption, de salut. Des objets sensibles, matériels, comme de l'eau, de i l'huile, avec certaines paroles, seront les signes, plus encore les canaux même, les instruments de faction divine par laquelle vient à nous la vie. Les Sacrements ont dans l'économie du salut une place nécessaire : ils signifient la grâce et ils l'opèrent; ce sont des moyens producteurs. Dieu sans doute se réserve de s'en passer quand il le veut; mais nul ne peut s'en dispenser. Homme par la naissance et mort à !a grâce par le péché

1. Concile de Trente, Session V, De peccato originali, 2. — SaiDt Paul, Épitre aux Romains, v. 9-30. — / Cor., iv, iS.

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d'Adam, pour vivre de la vie de la grâce, il faut renaître spirituellement, et c'est l'eau du Baptême qui opère cette renaissance. Pécheur coupable d'un péché personnel grave, pour recouvrer la vie de la grâce perdue par ce péché, il faut en recevoir un pardon effectif qui l'efface par l'application des mérites de Jésus-Christ, et c'est l'absolution sacramentelle dans la Pénitence qui a cette vertu. iMais un homme, ♦oat disposé à recevoir le Baptême, en est empêché par des circonstances, et il va mourir : Dieu, saiis Baptême, le régénère, et le Baptême de désir supplée au Baptême effectif. Un autre, tout disposé à recevoir le sacrement de Pénitence, et ayant de ses fautes ce repentir qui se nomme la contrition parfaite^ ne peut, par suite des circonstances, recevoir le sacrement oij sont remis les péchés : Dieu les lui remet, et la contrition parfaite, avec le désir et le vœu du sacrement, le réintègre dans la vie. Mais le Baptême et la Pénitence sont néanmoins nécessaire? et tellement, que si ces deux hommes continuent (le vivre et si les circonstances redeviennent favorables, ils doivent l'un demander le Baptême, l'autre recourir au sacrement de Pénitence. Telle est, dans la dispensation de la grâce, la loi de

dépendance de la grâce même à Tégard des moyens qui la produisent, et en môme temps son indépendance souveraine ; ainsi se concilient la lettre et Vesprit.

Par les Sacrements donc, l'auteur de la vie répand la vie : il y fait naître, et c'est le Baptême ; il raffermit, et c'est la Confirmation; il l'augmente, Fentretient, la nourrit, par l'Eucharistie ; il la restitue, si on la perd, c'est la Pénitence; il en procure des effusions appropriées à certaines circonstances, ainsi TExtrême-Onction; ou appropriées à certaines fonctions, ainsi l'Ordre et le Mariage. Lui-même se rend personnellement présent parmi les hommes : il est le pain vivant qui donne la vie*, et l'Eucharistie, extension de l'Incarnation, continuation de la Rédemption, gage de la résurrection glorieuse, anticipation du ciel, est le centre de tout le culte et comme Tabrégé de toute la religion. Le Christianisme, c'est Dieu avec nous, nous restaurant, nous et toutes choses, par le sacrifice de la Croix. L'Eucharistie résume 5t perpétue cela d'une manière merveilleuse.

Dieu avec nous et nous avec Dieu, dès ce monde

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