‹ Le prix de la vieChapitre 98 sur 108 · II, I, 4. « Divinae consortes natarse · texte numérisé non relu

II, I, 4. « Divinae consortes natarse

5. « Deus qui bumanae substantif dignitatem mirabiliter condidisti, et rairabilius reformaffti : da nobis, per hujus aquae et viai mysterium, ejus divinitatis esse consortes, qui humanitatis nostrae Seri dignatus est particeps, Jésus Cbristus Filins tuas, Domiaus noster... •

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éternellement. Dans le ciel, il verra, il aimera, il possédera pleinement Dieu, et par cette vision

et cet amour et cette possession, il sera pleine* ment heureux.

J'ai essayé d'exposer en entier le système chrétien. Je sais et je sens tout le tort que lui fait la faiblesse de mon exposition, et pourtant, même au travers de ces pages défectueuses, apparaît sa transcendante beauté.

Les fresques du Vatican contiennent deux merveilleuses peintures qui me reviennent en ce moment à l^'esprit : V École d'Athènes et ce qu'on nomme la Dispute du Saint-Sacrement, Celle-là, c'est la philosophie; celle-ci, la théologie. Noble philosophie, représentée par tant de grands hommes : elle poursuit ses recherches; elle conduit à travers les problèmes ses réflexions ; deux chefs président à ses démarches, Platon, Aristote ; et tout ce travail humain s'accomplit sous les voûtes d*un palais superbe où pénètre une belle lumière,

Edita doctrica sapientain templa serena.

LB CHRISTIANISUB. 381

La théologie travaille à ciel ouvert. Les rayons qui éclairent et échauffent ta'At de grands hommes encore, viennent directement de Dieu môme, et une intime communion s'établit entre les hommes et les saints du Paradis. Sur la terre, un centre unique, un foyer unique, l'autel où resplendit l'Eostie consacrée. Queue admirable harmonie, quelle belle unité !

Nous philosophons, et de grand cœur; nous philosophons, avec courage, avec confiance : ni nous ne voulons renoncer à l'humaine raison ni nous n'affectons de nous défier d'elle. Nous savons qu'elle a des lumières indispensables et sûres. Nous savons aussi qu'elle a des bornes, des faiblesses, même des grossièretés incompréhensibles. Que nous sommes heureux d'avoir l'autel! Le palais des sages ni ne convient à tous, ni ne suffit toujours à personne. La religion, certes, ne dispense pas de philosopher. Ceux qui le peuvent faire, le doivent. Mais la philosophie ne réussit point toute seule à expliquer à fond la vie, elle ne réussit pas toute seule à la diriger, et elle ne Talimente pas assez. Sachons donc regarder la

vie pour savoir qu'en penser et savoir qn'rn faire, avec toutes les ressources, avec toutes les forces mises à noire disposition, avec tout l'homme et avec Dieu et son Christ, virihus wiitis.

Nous disons que la vie est bonne : elle est bonne dans le dessein de Dieu, elle est bonne à quelque chose. Quelle forme donnerons-nous à notre vie pour la rendre effectivement bonne, pour coopérer au dessein de Dieu, pour faire de notre vie l'usage et Temploi qu'il faut? En d'autres termes, quelle sera la forme de vie qui conviendra le mieux, les raisons de vivre et le but de la vie, et la valeur de la vie étant ce que nous savons ?

Entre la raison finale de la vie et la forme de la vie le rapport est évident et il est étroit. k l'une de déterminer Tautre.

La raison finale de la vie, c'est d'exprimer et d'imiter, par une opération personnelle, dans

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une œuvre réelle et continue qui peut elle-même se nommer vie, la souveraine excellence, la Vie divine , en sorte que la créature raisonnable soit unie à la Vie parfaite et y trouve sa félicité. Et cela même, c'est aimer.

Mais, les créatures raisonnables étant plusieurs et formant une société,- il est clair qu'elles doivent, en s'unissant au Bien, à la Vie, à Dieu, leur commun principe et leur commune fin, s'unir entre elles : en sorte que la raison de vivre, c'est encore d'aimer d'un amour effectif ses semblables comme soi-même, mais par rapport à Dieu qu'il faut aimer souverainement, par-dessus toutes choses.

Aussi le Christ a-t-il dit : « Le premier commandement c'est : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de toute ton âme, de tout ton cœur, de toutes tes forces ». Puis : « Voici le second commandement: Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Et il ajoute : « Ce second commandement est semblable au premier* ».

Ne puis-je pas dire maintenant que toute l'économie de l'univers se laisse entrevoir? Tout con-

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