PION CEUX
Et au piquet?
LA BONNE
Connais pas.
PIONCEUX.
Alors, nous allons jouer à la bataille.
LA BONNE
Mais...
PIONCEUX.
Votre devoir est de distraire les voyageurs. (La faisant asseoir à la table de jeu ) Tenez, mettez-VOUS là.
LA BONNE
Mais je ne connais pas la bataille.
PIONCEUX.
Je vais vous l'apprendre. . . ce n'est pas difficile... jetez une carte. (Elle jeiteune carte.) Qu'est-ce que c'est que votre carte?
LA BONNE
Je n'en sais rien...
PIONCEUX.
Oh! la Suisse !... c'est un huit de pique. A mon tour, je jeite une carte, c'est un neuf de carreau... il n'y a pas bataille... voilà le jeu... vous savez le jeu maintenant, jetez une autre carte. (Elle jeito une carte.) Dame de cœur. A mon tour, dame de trèfle... il y a bataille, bataille de dames. Alors je vous embrasse, (ii àe lève pour l'embrasser.)
LA BONNE
Je ne veux pas.
PIONCEUX.
Votre devoir est de distraire les voyageurs... et puis
c'est la règle... faut jouer la règle. (Se rasseyant après l'avoir embrassée.) Continuons... (jetant une carte.) Valet de pique...
à vous. (Elle jette une carie.) Valet de carreau... Encore ba-
taille... bataille d'hommes cette fois... alors c'est à vous de m'embrasser.
LA BONNE
Âhl mais non!
PIONCEUX.
Faut jouer la règle! Allons! allons! (Elle l'embrasse). Continuons.
LA BONNE*
Ahl je ne joue plus... c'est trop échauffant.
PIONCEUX.
Paresseuse! (Humant l'air.) Tiens! quelle drôle d'odeur... Sentez-vous, par-là?
LA BONNB.
C'est mon dîner qui brûle.
PIONCEUX, se levant.
Vous avez un dîner qui brûle et vous ne le dites pas.
(il remonte.)
LA BONNE
OÙ allez- vous?
PIONCEUX.
Je vais l'empêcher de brûler, ne vous occupez pas de moi. (U sort par le couloir de droite.)