SCÈNE V HERNANDEZ, LOJSA
HERNANDEZ *
Cette fille méprend pour votre mari... Que ne le suis-jc en effet!
LOÏSA
Je vous en supplie, Hernandez.;. n'embarrassez pas ma reconnaissance par des propos... que je ne puis entendre.
HERNANDEZ
Votre reconnaissance, cruelle?
LOÏSA
Sans vous, n'étais-je pas foulée aux pieds par ce taureau furieux qui fondait sur nous?
HERNANDEZ, à part.
C'était une vache!
LOÏSA
J'en suis encore tout émue. (Lui tendant la main avec eiïasion.) Merci Hernandez!
HERNANDEZ, lui serrant la main.
De rien!
LOÏSA, poussant un petit cri.
Ah ! vous serrez trop! (Elle passe à droite *.) HERNANDEZ.
Pardon... c'est le muscle.
LOÏSA
Mais je suis indignée de la conduite de M. Montgommier... à la vue de l'animal, il me cria : prenez garde! et il se jeta devant mon mari en lui faisant un rempart de son corps.
* Loïsa, Hernandez.
** Hernandez, Loïsa.
IIËRNANDEZ.
Oui... c'est le rempart des maris !
LOIS A
Mais vous étiez là I... Vous avez saisi le monstre par les deux cornes et vous l'avez forcé à se mettre à genoux devant moi.
HERNANDEZ
J'y voudrais mettre le monde entier!
LOÏSA
Tant de courage, de sang-froid, de vigueur!
HERNANDEZ
De rien, vous dis-je... C'est un jeu de mon pays.
LOÏSA, regardant Hernandez.
Quel pays! quels jeux! quels hommes! Ah! quand je vous compare à mon pauvre mari... Il était blanc comme un linge.
HERNANDEZ
C'est la peur... mais M. Agénor n'était pas plus foncé en couleur.
LOÏSA
Oh ! lui... il relève de maladie... (Souriant.) une indisposition très-débilitante.
HERNANDEZ
Le fromage à la crème.