SCÈNE VI
HERNANDEZ, puis PIONGEUX.
HERNANDEZ, prenant on journal sur le guéridon et venant
s'étendre sur le canapé.
Voyons le cours des cotons. (Lisant.) « La commission » sur le travail des enfants dans les manufactures a tenu » hier sa cinquante-deuxième séance... » (Rejetant lejouruai.) Ça m'embête ces journaux d'Europe !... Je vais sonner la ■ femme de chambre pour me tenir compagnie, (il sonne à la cheminée.)
PIONCEUX, entrant du fond *.
Monsieur a sonné?
HERNANDEZ
Ce n'est pas toi... c'est la femme de chambre. * PiODceux, Hernandez.
PIONCEUX.
Elle habille madame.
Il E R N A N D Ë Z .
Alors fais-moi la conversation... à haute voix.
PIONCEUX, à part.
11 est sauvage, mais pas fier... (iiaut.) Qu'esl-ce que
monsieur veut que je lui dise ? (ll prend uu siège et s'asseoit à gauche.)
HERNANDEZ, après avoir fait lever Pionceux, se mettaol à cheval sur uoe chaise prèi Uu canapé.
Maintenant, raconte-moi tes voyages.
PIONCEUX.
Je n'en ai fait qu'un.. , Je suis allé à Melun pour la révision.
HERNANDEZ, allumaot une cigarette.
Va. .. intéresse-moi !
PIONCEUX, racontant.
Parti de Paris par le train du matin de six heures cinquante, nous arrivâmes à iMelun à huit heures seize. Monsieur le préfet nous invita à nous dépouiller de nos vêtements. En me voyant, le général dit : Mai bâliî... Pas d'épaules! Des jambes comme des tuyaux de pipes! Je ne prends pas ça !
HERNANDEZ, bâillant.
Après ?
PIONCEUX.
Après, je repris le train de trois heures dix-huit^ et j'arrivai à Paris à...
HERNANDEZ
Ahl tu m'embêtes! va-t'en.
PIONCEUX, continuant.
A cinq heures quarante-cinq. (Apercevant Marlin qui rentre par le fond.) Ah! voilà monsieur, (a .^ort [.ar le f and.)