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Le Probabilisme moral et la philosophie

Quand nous avons parlé d'écrire sur le probabilisme moral, on n'a pas manqué de nous rappeler le mot de La Bruyère : « Tout est dit. Vous venez trop tard. » On avait mille fois raison, si nous avions dû traiter notre sujet en le maintenant dans son cadre classique de discussion. Mais notre intention était tout autre.

C'est la position elle-même de la question, en tant qu'elle met en présence deux opinions contraires et comparées sur un même objet, que nous voulions soumettre à un examen philosophique, rigoureux et approfondi. Et c'est ce que nous avons entrepris de faire dans cet ouvrage. 11 nous a paru que l'énoncé même du problème, qui a donné lieu au système moderne de probabilité, recelait un sophisme de définition : en d'autres termes, que les mots y prenaient un sens qui peut être usuel et vulgaire, mais n'a rien de philosophique.

Notre sujet ainsi envisagé touche aux questions les plus difficiles, et il faut bien ajouter, les plus délaissées de la philosophie. C'est un fait qu'elles ne sont guère étudiées, en tant que purement philosophiques^ dans l'enseignement scolaire. Les manuels les plus développés ne leur font qu'une place insignifiante. La difficulté qu'elles présentent, explique, en partie, l'abandon dans

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