St Thomas. De Veritate, quœst. XVII, art. III
les états d'esprit inférieurs à la science. Il existe des raisons psychologiques de cet abandon. Quoiqu'il en soit, on éprouvait généralement le besoin de remettre à l'examen, d'un point de vue strictement philosophique, les idées courantes sur les questions dont il s'agit.
C'est ce que nous avons entrepris défaire, en nous plaçant sur le terrain delà philosophie pure : le seul où une discussion de ces matières difficiles et complexes, puisse être encore fructueuse. La nôtre, croyons-nous, n'aura pas été inutile. Tout d'abord, les questions de philosophie que nous y avons abordées, présentent un grand intérêt par elles-mêmes, d'autant plus grand qu'elles tiennent moins de place dans l'enseignement scolaire. Ensuite, l'application que nous en avons faite à la théorie courante du probable, nous en montre le vice fondamental. Elle a pour point de départ un sophisme de définition, puisque dans la question posée, les mots sont détournés de leur véritable sens philosophique : sophisme qui s'explique, en partie, par une traduction défectueuse d'un mot de la longue aristotélicienne et de la confusion qui s'en est suivie, chez les plus anciens auteurs eux-mêmes. Mais ce n'est pas tout : l'oubli profond dans lequel est tombée l'étude de la logique du probable et du livre des « Topiques )) n'est pas étranger à l'éclosion et à la fortune du système en question. Les états d'esprit dogmatiques ont été trop exclusivement étudiés. Il en est résulté une altération progressive des notions de probabilité et d'opinion. Quand notre travail n'aurait pour résultat que de faire mieux comprendre la nécessité d'une étude philosophique, directe et approfondie de ces questions, nous n'aurions pas lieu de regretter de l'avoir entrepris.