Aristoteles. Rhetor., lib. I, cap. XXV
s'il possède une valeur réelle, est de créer une autre opinion ou le doute tout au moins. Dans les deux cas, il atteint pleinement son but ; car l'adversaire se trouve dépossédé de son opinion, même par le doute dans lequel il est rejeté. Ainsi dans la dispute dialectique, si le point de départ ou la posilion de l'un des deux jouteurs est probable, il s'ensuit que la conclusion opposée de lautre ne peut pas l'être : cum probabilis est positio, tune e contra necesse Jîeri conclusionem improbabilem '. Ce qui nou& montre la raison pour laquelle les anciens n'ont pas posé la question du probabilisme moral, telle qu'elle se présente actuellement dans nos Ecoles.
Quant à dire qu'il suffit pour réfuter une opinion d'alléguer qu'elle n'a rien de nécessaire, ce n'est pas admissible, comme le remarque Aristote lui-même: « Il ne suffit pas, dit-il, de présenter xme objection basée sur ce qu'il n'y a pas de conséquence nécessaire ; mais il faut résoudre en alléguant qu'il n'y a pas de vraisemblance : or c'est ce qui aura lieu si l'objection vise de préférence ce qui arrive d'ordinaire et non pas ce qui arrive toujours et nécessairement' ». L'absence de nécessité est inhérente à toute opinion : et ce n'est pas la combattre efficacement que d'invoquer cette absence contre elle ; seules les vraisemblances ou probabilités contraires en fournissent le moyen.
Ces dernières considérations sont confirmées et renforcées par un passage d'Aristote qu'il ne sera pas inutile d'analyser ici. Il y parle des causes qui peuvent