‹ le problem de l;eglise et de l'etatChapitre 6 sur 69 · AVANT-PROPOS XI · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XI

en nouvelle évidence les liens qui les unissent aux discussions écloses dans les milieux frangais. Il n’est plus possible de comprendre adéquatement celles-ci sans les comparer avec celles-la.

En utilisant comme il convient ces travaux d’approche et ces explorations fragmentaires, il y a donc lieu de marquer le point central du débat que fit surgir la politique de Philippe le Bel, de préciser les positions diverses prises 4 son endroit par les docteurs qui l’abordérent au nom de la tradition chrétienne, d’en noter les attaches avec le passé et les destinées dans l’avenir. Il n’importe pas moins d’étendre l’horizon dans Pespace que de l’élargir dans le temps. Car les résultats de cette premiére enquéte peuvent et doivent étre mis en rapport avec les courants qui agitaient alors les esprits en terre d’Empire. Double phénoméne dont l’éclosion simultanée traduit l’action de causes analogues et dont la convergence se révéle au moins averti comme un signe des temps. En un mot, la synthése reste 4 faire, dont tant de laborieuses analyses ont préparé les matériaux. Apres que les méritoires efforts de |’érudition moderne ont établi l’inventaire sommaire du dossier, il reste a en reprendre les pieces pour en dégager la signification doctrinale et, dans ce chapitre assez mouvementé d’histoire littéraire, montrer un des tournants de la pensée théologique sur le probléme spéculatif de l’Eglise et de I’Etat.

Cette synthése fera l’objet du présent ouvrage. II s’adresse avant tout aux théologiens, comme modeste contribution a Vhistoire de l’une de nos doctrines les plus importantes et les plus discutées. Peut-étre par surcroit ne sera-t-il pas sans quelque utilité pour tous ceux qui s’intéressent au mouvement des idées médiévales et spécialement a la vitalité intellectuelle de notre pays, en faisant connaitre dans toute son ampleur et sa variété une controverse qui eut en France son principal foyer avant de faire sentir son influence sur la pensée et la vie de V’Eglise entiére 4 travers les siécles suivants.

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