AVANT-PROPOS
présente comme une série de notices ot sont réunis tous les renseignements biographiques et bibliographiques relatifs 4 nos publicistes, complétées par un dépouillement minutieux des diverses idées contenues dans leurs écrits. Procédé tout empirique de nomenclature, qui aboutit d’abord 4 mettre sur le méme plan leurs thémes essentiels et leurs conceptions les plus accessoires, sur le régime de Etat, par exemple, ou le droit de propriété, puis a traiter suivant la méme méthode et pour ainsi dire avec les mémes égards des théologiens tels que Jean de Paris ou Henri de Crémone et de simples pamphlétaires comme Nogaret ou Pierre Dubois, dont l’ceuvre n’offre presque pas de caractére doctrinal. Aussi, sans parler des méprises qui proviennent de ses préjugés confessionnels, l’auteur ne semble-t-il pas avoir apercu le probleme plus général qui encadre et domine les détails dont il dresse le consciencieux répertoire, ni, par conséquent, rien tenté pour en situer les solutions dans le développement théologique dont cette doctrine fut l’objet 2. Volontairement enfermé dans le cadre strict de la littérature issue des affaires de France, il n’a surtout pas pris garde, malgré les suggestions faites dix ans auparavant par Carlo Cipolla, que, vers le méme temps et en dehors de tout conflit grave, le probleme de l’Empire provoquait ailleurs un mouvement de tous points symétrique, auquel est associé le nom illustre de Dante, et que cette coincidence commandait un rapprochement. Divers mémoires publiés a l’occasion des fétes jubilaires de 1921 ont rappelé tres a propos l’attention sur les théories politiques et ecclésiastiques de lillustre poéte florentin et mis
consacrent M. Kramer, dans Mitteilungen fiir dsterreichische Geschichtsforschung, t. XX VII, 1906, p. 701-710, et J. HALLER, dans Historische Zeitschrift, t. XCIX, 1907, p. 366-380.
1 Henri de Crémone y est traité en treize pages (p. 152-165), juste aussi longuement que Guillaume de Nogaret (p. 363-375). Jean de Paris recoit cinquante-sept pages (p. 275-333), moins que Pierre Dubois (p. 375-443).
* Trés loyalement l’auteur reconnait d’ailleurs lui-méme (préface, p. v-v1) le caractére analytique de son ceuvre, se reposant pour la compléter sur les publications depuis longtemps annoncées de M. Digard, qui n’ont malheureusement jamais vu le jour.