‹ Le Problème Autrichien et la Question tchèqueChapitre 10 sur 57 · PACE · texte numérisé non relu

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privilèges des villes puissantes et de leur imposer des gouverneurs royaux, pour les asservir et les priver de leur autonomie. Il les a ruinés et a fait ainsi le premier pas vers l’absolutisme. Il n’a rien fait pour le peuple asservi par la noblesse, il n’a pas voulu redresser Je peuple affranchi et Les villes libres contre les pouvoirs exorBitants de la noblesse et d'assurer ainsi un équilibre politique dans le pays; il voulait écraser tous les partis à la fois, il ne voulait absolument pas des Etats. En ruinant les villes, il leur enleva le pouvoir politique, pour se trouver ensuite en face de la noblesse toute seule, pour l’isoler et briser les derniers liens qui l’attachaient au peuple. Cette manœuvre réussit admi- , rablement et prépara la victoire de ses successeurs qui le suivirent sur la voie du pouvoir absolu, tracée par lui.

Il n’était pas, il est vrai, assez puissant pour pouvoir supprimer les droits de la noblesse.

Au contraire, celle-ci obtint encore de nouveaux privilèges sous le règne de ses successeurs, principalement sous Rodolph et Mathias.

Mais en détruisant les villes, Ferdinand a préparé l’avènement de l’absolutisme. Il a éliminé de la vie publique l'élément de la nation le plus important qui seul aurait pu sauver l'indépendance du pays dans la lutte avec les Habsbourgs, l’élément démocratique et représentatif. Cet élément pouvait être la base surlaquelle la noblesse pourrait un jour s’appuyer le plus sûrement. Le roi a détruit l’autonomie lo-

cale des villes, il y a établi ses fonctionnaires qui devaient

plus tard travailler pour lui au moment donné, lorsqu'il engagerait directement la lutte contre la noblesse. IL établit ainsi dans les villes une sorte d’absolutisme pour détruire à son tour la noblesse. D’un côté donc se trouve dans les luttes postérieures de la Bohême contre les Habsbourgs la noblesse, qui, ayant asservi le peuple, ne lutte contre les rois que pour ses intérêts personnels les plus égoïstes, de l’autre côté la monarchie, consciente de son but, avec ses tendances centralisatrices qui, s’acheminant directement vers l’absolutisme gouvernemental, sacrifie, elle aussi, le bien-être du peuple à ses conceptions dynastiques. De l’un comme de l’autre côté le peuple a été traité de la même manière. Ainsi on peut s’expliquer cette apathie politique et l'indifférence complète de la population tchèque après la Montagne Blanche et la facilité avec laquelle la noblesse tchèque fut écrasée par les Habsbourgs dans les quelques heures que dura la bataille. Le peuple n’y avait rien à perdre et c’est pour cela qu’il s'en abstint complètement. C’est entre ces deux extrémités, l’absolutisme gouvernemental et l’oligarchie de la noblesse, que se développe toute la vie politique de la Bohème dans le siècle qui précède la bataille de la Montagne Blanche. La lutte religieuse contribue à passionner les ennemis, à envenimer les hostilités. Ici c'est la noblesse protestante tchèque, là la dynastie catholique des Habsbourgs. Personne ne se soucie du peuple ét de l'avenir de l’état tchèque : l’un est aveuglé par sés désirs dynastiques, l’autre par ses intérêts matériels immédiats.

La suppression de la nation en sera la conséquence quel

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