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de l’absolutisme n'avait pas des conséquences au point de vue de l'indépendance d'Etat des pays de la couronne de Saint-Venceslas. L’absolutisme n’a pas non plus créé tout d'abord de nouveaux organes de centralisation, car la monarchie se composait de trois Etats distincts et les Habsbourgs continuaient à gouverner en Bohême comme rois de Bohême, d’après la Constitution Nouvelle, octroyée par Ferdinand IT à la Bohême après la Montagne Blanche. La bataille de la Montagne Blanche et la Constitution Nouvelle ne sont donc qu’un nouveau pas vers la consolidation du pouvoir dans les mains des Habsbourgs. C'était un changement dans la forme du Gouvernement ; les mesures centralistes n’y paraissent pas encore. Pour pouvoir centraliser, il fallait d’abord détruire tout ce qui aurait pu faire opposition à l'unité et à la centralisation. Ferdinand 1*° commença par se débarrasser des ennemis de l’unité de la monarchie, il détruisit les villes et prépara à ses successeurs le chemin vers la victoire de la Montagne Blanche. C’est lui, le véritable vainqueur de 1620. Ses successeurs l’ont suivi dans cette direction et Ferdinand II a pu amener la ruine définitive des Etats tchèques et de la Constitution de la Bohéme. Mais l'avènement de l'absolutisme n'était qu'un premier pas vers la centralisation. Le peuple tchèque toujours hérétique et toujours récalcitrant à la volonté des Habsbourgs, pouvait se révolter de nouveau; il fallait l’extirper pour assurer à l'avenir la destruction de son indépendance. Et ainsi après avoir supprimé dans la période de persécution
de 1620 à 1627 et dans la guerre de Trente ans tout ce qui
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est resté en Bohême capable de réveiller l'esprit de dignité el d'indépendance, on travaille encore 120 ans à l’anéantissement définitif du peuple. Ce n’est qu'après ces 120 ans, en 4749 que le procès d’ime centralisation décisive commence sous Marie-Thérèse et ‘par là aussi la seconde période de l’évolution constitutionnelle de la Bohémè et de l’Autriche.
Dans cette lutte d’une nation contre la dynastie usurpatrice le rôle de l'Eglise catholique était celui du bourreau. La cour espagnole comme la cour autrichienne sont devenues des ferventes catholiques parce que cela servait à souhait leurs desseins dynastiques. La religion, l'oppression de l’hérésie et la défense de la vraie foi étaient toujours un excellent prétexte, dont les Habsbourgs pouvaient se servir pour masquer leurs véritables plans de la domination de l'Europe centrale et occidentale. En vérité, la question religieuse dans les luttes des Habsbourgs contre les Tchèques n'avait jamais qu’une importance secondaire et était toujours reléguée au second plan. Seulement l'Eglise catholique et les Habsbourgs se sont rendu réciproquement service dans toute l'Emope, et particulièrement en Bohème. Ferdinand IT a écrasé les Etats tchèques, a remanié la constitution du pays, a établi l’absolutisme gouvernemental, l'Eglise catholique après la fin de la guerre de Trente ans, reconnaissante aux Habsbourgs de tout ce qu'ils ont fait pour elle dans cette période difficile, s’est chargée de rendre durable leur œuvre et d’extirper de l'âme de la nation tchèque tout esprit d’hérésie, d'indépendance et d’iniliative. Elle s’employa à cette besogne avec
une habileté remarquable et eût presque réussi si quelques
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souverains n’avaient pas voulu brusquer les choses et si les grands événements révolutionnaires en Europe avaient été retardés d’un quart de siècle.
D'un autre côté, les Etats tchèques n'avaient pas un moindre intérêt à masquer le véritable état de choses et à cacher leurs desseins égoiïstes, leurs bas instincts matériels dans cette lutte contre la royauté, où ils ne pouvaient songer un seul moment à faire appel à la nation et à exiger son concours dans un combat si peu désintéressé. 11 fallait mettre en avant le drapeau de la liberté religieuse pour avoir plus d'appui moral dans la lutte contre les Habsbourgs. Sans doute il ne manquait pas d'hommes sincères qui luttaient très ardemment pour la liberté de conscience et qui ont été exécutés pour avoir défendu leurs convictions religieuses. Mais au fond de tout se cachait la question du conflit constitutionnel entre la dynastie absolutiste et centraliste et les anciennes libertés constitutionnelles d'un Etat féodal et indépendant.
La révolte vaincue à la Montagne Blanche, le roi Ferdinand II a voulu éviter pour l'avenir son renouvellement. Après les exécutions et confiscations il ne resta en Bohême que la noblesse catholique qui n’a jamais, comme les protestants, contesté au roi le droit d’héritage; en outre, un certain nombre des seigneurs protestants, déjà apeurés, punis et enfin graciés, et tous les nobles étrangers nouvellement installés en Bohême devinrent très dociles à la volonté du monarque. Ayant ainsi débarrassé le pays de tous ses ennemis et n'ayant devant lui aucune opposition sérieuse à
craindre de la part de la noblesse asservie, il n’avait pas de
raison de se servir de la violence et d'illégalité pour priver entièrement les Etats des droits politiques qu'ils avaient encore conservés. Il pouvait le faire légalement, par la voie constitutionnelle. S'il a jugé nécessaire de consolider ie pouvoir royal et de modifier quelques articles de la constitution féodale en sa faveur, il n’a pas pu le faire autrement que par la Diète même, avec l’approbation des Etats. J1 y était lié par la constitution du pays, par les traditions et enfin par la promesse solennelle qu'il avait faite à son avènement aux Etats suivant la vieille coutume. La revision de la constitution par la Diète était dans tous les cas indispensable et du reste très facile dans la situation toute particulière où se trouvait la Diète, après les condamnations impitoyables subies par la noblesse tchèque. Mais cette revision constitutionnelle n'a pasété réalisée par la Diète du pays; elle a été faite par la seule volonté du monarque.
Toutes les modifications dans la constitution de la Bohême, faites dans la période de 1620 à 1627 et consacrées dernièrement par la Constitution Nouvelle en 1627, sont donc un coup d'Etat, illégal et anti-constitutionnel. Elle n’est et ne peut se justifier par aucune théorie du droit public et constitutionnel, ni par cette fameuse théorie « des droits perdus », dont les théoriciens de la cour se sont si souvent servis pour repousser les revendications de Tchèques. Ferdinand Il hésitait au commencement à faire ce coup d'Etat. Mais sil hésitait tout d’abord, il y était d'autant plus résolu à mesure que la fortune favorisait plus tard dans la guerre de Trente
ans les Habsbourgs et leurs alliés. 11 y était à la fois poussé
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par la papauté et par la cour espagnole, ei particulièrement par celle-ci qui en voulait avoir le profit matériel. Elle avait conclu une convention avec là cour autrichienne, en vertu de laquelle elle devait être héritière de la couronne tchèque en cas de l’extinction de la branche autrichienne. Il était alors de l'intérêt des Habsbourgs espagnols d’abolir les libertés constitutionuelles de la Bohême, qui meñnacalent ainsi de déchaîuer un jour, le cas échéant, un conflit entre Ja cour espagnole et le pays pour le droit de succession à la couronne. Lorsque la révolte tchèque éclata, la cour espagnole établit contre les Tchèques cette théorie « des droits perdus », Suivant laquelle les rois étaient désormais libres et la constitution tchèque abolie, parce que les Etats tchèques s'étaient rendus coupables d’une révolte ouverte et impie contre leur souverain et que la punition par le dépouillement de leurs droits et de leurs privilèges n’était que très juste et méritée ; les Etats ont fait la guerre contre le roi et, en vertu des droits de la guerre, Ferdinand II ayant vaincu ses adversaires et ayant conquis le pays dont la domination lui était contestée, peut agir en Bohème comme dans un pays conquis. La Bohème a donc perdu tous ses droits. Mais ceite argumentation ne peut résister à un raisonnement sérieux, ce n’était qu’un prétexte timidement invoqué au commencement, dont on a, plus tard, usé et abusé. La Bohême n’était pas un pays étranger et nouvellement conquis. La révolte était une révolution intérieure, dans laquelle la plupart des Etats catholiques sont restés avec leur roi et il s'agissait de combattre seulement
une partie du pays. Les condamnations étaient la seule Benès de