‹ Le Problème Autrichien et la Question tchèqueChapitre 3 sur 57 · RAGE · texte numérisé non relu

RAGE

complètement indépendant des deux autres. Ce n’était qu’une union personnelle. La plus importante était la Bohême, non seulement par la vaste étendue de son territoire, mais encore par le rôle considérable qu’elle a joué tout récemment dans l’histoire de l'Europe. Les pays héréditaires autrichiens étaient depuis longtemps entre les mains des Habsbourgs qui y exerçaient le pouvoir absolu. Ce pouvoir en effet n’y était presque pas limité par les droits et les privilèges des Etats; les fonctions gouvernementales y étaient réservées exclusivement à la maison des souverains, dont la volonté était l'unique source du droit et du pouvoir. C’étaient les pays héréditaires et, c’est par eux seuls que l'Autriche faisait partie de l’Empire d'Allemagne.

En Hongrie, la situation sous le premier Habsbourg était tout autre. D’une part, ce pays était agité par les luttes contre les Turcs qui occupaient la plus grande partie du pays, d'autre part, la Transylvanie avait son souverain national, adversaire déclaré de Ferdinand I. Dans ce pays, toujours menacé par les Turcs et divisé par les discordes intérieures qui existaient entre les souverains de la Transylvanie et le roi légitime de Hongrie, le pouvoir de ce dernier était très limité par les vieilles lois conslitutionnelles votées par les Etats de la Diète aux siècles précédents et consacrées à la fois par l’histoire et par la tradition. Enfin en Bohême, dans la partie la plus importante de la monarchie, le pouvoir royal était aussi limité par les droits de la Diète, droits qui ont été codifiés dans un recueil de lois de 1500 sous le roi Wladis-

las Jagello.

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Il est tout naturel qu’étant en outre presque toujours empereurs d'Allemagne, les souverains de ces trois Etats aient montré la volonté d’unir ce groupe par un lien étroit. Dans chaque partie les conditions censtitutionnelles étaient toutes différentes et le pouvoir du monarque différemment déterminé. La tendance vers l'unité constitutionnelle et administrative est très compréhensible. Et comme dans l’un de ces trois pays le pouvoir du souverain était presque illimité, que la féodalité était sur son déclin et que les tendances absolutistes se faisaient entrevoir dans toute l’Europe de cette époque, il était plus que naturel, que le monarque s’efforçât de réduire les constitutions de ces deux pays libres au niveau des institutions qui existaient dans les pays héréditaires. Cette situation singulière correspondait du reste très bien aux tendances dynastiques des Habsbourgs et ne pouvait que les aider à atteindre leur but et favoriser leurs calculs politiques. Ainsi toute l’histoire de la monarchie austrohongroise se résume dans cette lutte mutuelle: d’une part, les Habsbourgs, qui,poussés par leurs desseine dynastiques et favorisés par les conditions particulières de leurs pays, luttent pour l'unité étroite des trois parties de leur domaine, à l’origine toutes indépendantes l’une de l’autre; d’autre part, c’est le groupe des pays tchèques et des pays hongrois, qui résistent pendant longtemps à ces efforts constants, et tàchent au contraire d'augmenter leur indépendance et d’amoindrir le pouvoir absolu du souverain ; la couronne de saint Wenceslas, la Bohême, la Moravie et la Silésie ont

lutté sans remporter de victoire ; la Hongrie, au contraire, y

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