‹ Le Problème Autrichien et la Question tchèqueChapitre 4 sur 57 · D LE · texte numérisé non relu

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a réussi presque complètement. Ce sont les pays héréditaires, qui ont montré la moindre résistance.

La lutte pour l'unité en Hongrie a été, pour les Habsbourgs, très pénible. Le péril ture les menaçait toujours. Pendant deux siècles, les xvi° et xvn°, le sort de la Hongrie a toujours été incertain. Jusqu'en 1699, les Turcs inquiétaient sérieusement le gouvernement de Vienne en occupant les meilleures parties du pays; en Transylvanie, les seigneurs nationaux qui se firent élire malgré les efforts des Habsbourgs, souverains dans leur patrie, étaient toujours prêts à se jeter dans les bras du sultan au premier signe de violence de la part de Vienne.

Ce n’est qu'à partir du xviu° siècle que les monarques ae trichiens essayèrent leur politique unificatrice et dynastique en Hongrie. Ils n’y ont jamais réussi. Les causes de cet échec sont multiples. D'abord, ils furent pendant de longs siècles menacés par le danger turc et n’ont pu entreprendre l’œuvre d'unité que très tard, beaucoup plus tard qu’en Bohême ; de plus, ils n'étaient jamais aidés en Hongrie par la situation politique et les conditions toutes particulières qu’ils trouvaient en Bohême ne leur venaient pas en aide ici. Enfin, les Etats hongrois se montrèrent, dans la défense de leurs droits, beaucoup plus résolus, plus logiques et plus tenaces que les Etats tchèques, d'autant plus qu’ils avaient derrière eux le pays tout entier avec les villes et les communes : ils étaient plus démocratiques et ne défendaient pas que leurs intérêts matériels comme la noblesse tchèque, mais bien les

droits du peuple et du pays.

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D'après les vieilles constitutions de Bohême et de Hongrie, il y a à distinguer deux sortes d’affaires publiques ; les unes qui relevaient du pouvoir royal, pour lesquelles les rois étaient libres et ne se voyaient pas liés par le vote et l’approbation des Etats ; les autres qui relevaient de la Diète, pour lesquelles le roi dépendait de la décision des Etats. Là, où les rois étaient libres, à savoir dans les affaires étrangères, financières et militaires — l'unité pouvait se faire sans résistance. Par conséquent, les efforts pour l'unification se sont montrés d’abord dans ces trois ressorts. Il n’en pouvait être autrement. Le roi de Bohéme ne pouvait mener une autre politique étrangère que le roi de Hongrie et l’archiduc d'Autriche. Et puisque ces deux sortes d’affaires (étrangères et militaires), étaient nécessairement communes, il n’en pouvait être autrement pour une partie des finances, qui servaient au maintien des relations internationales et de l’armée.

Etant ainsi libre, le roi de Bohême pouvait prendre les mêmes mesures que le roi de Hongrie sans que personne y trouvât quelque chose d'’illégal ou de coatraire aux traditions. Et comme ces mesures se reproduisaient assez souvent, elles ont pris par cela même nécessairement un certain caractère d'unité, et le souverain qui les a prises, apparaissait comme le monarque d’un empire homogène. Et lorsque, plus tard, le pouvoir absolu des rois se fut développé à un degré plus considérable, l'unité de son action sautait aux yeux de tout le monde; dans le territoire même de la mo-

narchie une certaine conscience de l’unité, au moins superfi-

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