‹ Le Problème Autrichien et la Question tchèqueChapitre 54 sur 57 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Taaffe déjà avait l'intention de remplacer à l’aide d’une réforme électorale les luttes nationales par les luttes économiques. Il tomba du pouvoir. Mais les luttes nationales ont rendu la situation insupportable et il n'y avait pas d'autre moyen de les apaiser que celui que Taaffe avait voulu employer. Ainsi le gouvernement autrichien, effrayé de la Révolution en Russie et des manifestations imposantes du prolétariat tchèque et allemand en Autriche, se sentant enfin impuissant contre les Magyars pendant les

négociations sur le vote du compromis austro-hongrois, se

décida d'accorder aux nations autrichiennes le suffrage uni-

versel. Il hésitait tout d'abord, mais lorsque la classe ouvrière prit une attitude menaçante et proclama la grève générale pour le 28 novembre 1905, il céda en dépit de la résistance des Allemands.

Le système de Schmerling fut entin aboli. Les Allemands, qui étaient favorisés par ce système et la noblesse qui lui devait tout son pouvoir politique, protestèrent naturellement avec violence. Seuls les Allemands cléricaux, les anti-

sémites, voyant que la réforme était inévitable se résolurent

à la soutenir dans l'espoir que leur parti en tirerait profit. Ils ne se sont pas trompés. L’Autriche est aujourd’hui dans leurs mains. Les Italiens, favorisés, eux aussi, contre les Serbo-Croates, combattaient la réforme. Mais le prolétariat italien leur a forcé la main.

Dans cette lutte pour la réforme, on a vu combien la si-

tuation politique en Autriche était absurde. Les libéraux allemands combattaient énergiquement le projet ; les radicaux allemands et les pangermanistes étaient furieux, sachant bien qu’ils seraient noyés dans le flot socialiste. Les radicaux tchèques, redoutant le même sort, et les agrariens tchèques combattant le projet par l'esprit de classe, faisaient le jeu de la réaction quoique la réforme dut apporter des avantages énormes aux Tchèques et autres Slaves. Les Polonais, menés par la noblesse, craignaient d’être privés de la domination sur le peuple polonais, particulièrement sur les

Ruthènes, et tâchaient donc de réduire la réforme à néant sans prendre d’égards pour leurs frères slaves. Enfin, les

Slovènes libéraux, sachant que le cléricalisme l’emporterait

chez le peuple slovène, combattait une réforme qui donnait des avantages nationaux à leur peuple. En revanche, les cléricaux slovènes soutenaient ardemment la réforme.

Tout cela n’a pas besoin de commentaires. De telles contradictions ne sont possibles qu’en Autriche. Parmi les adversaires de la réforme se firent remarquer la noblesse et la Chambre des seigneurs. Par contre, les Jeunes Tchèques qui, ayant accepté non seulement l'héritage des

Vieux Tchèques mais aussi pour des causes diverses leurs

x L Pr De

Rem tr de

PAT EPL

PE VRP

thus ts:

Page 1