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idées, leur tactique, leur opportunisme et leur penchant aux compromissions indignes avec la réaction, perdirent tous leur prestige auprès du peuple, engagèrent la lutte avec un rare désintéressement, bien que persuadés qu’ils travaillaient pour les socialistes tchèques. Enfin le prolétariat a pris l'initiative dans le mouvement et est resté à la tête jusqu'à la réalisation du projet. La réforme est presque exclusivement son œuvre.
Après de longues luttes, le projet fut voté et promulgué comme loi, le 27 janvier 1907. Les longues négociations portèrent surtout sur le nombre des députés de chaque nationalité. L’entente fut difficile, les Allemands étant trop exigeants ; mais enfin elle se fit. Les pays sont divisés en circonscriptions. Les Allemands obtiennent 233 mandats, les Tchèques 107, les Polonais 82, les Ruthènes 33, les Slovènes 24, les Serbes et Croates 13, les Italiens 19, les Roumains 5. Les Allemands sont de nouveau favorisés contre les Tchèques, les Polonais à l'égard des Ruthènes, les Italiens à l’égard des Slaves et Croates. Proportionnellement, un député est élu par 40.400 Italiens, 41.100 Allemands, 46.200 Roumains, 52.000 Slovènes, 54.000 Polonais, 54.700 Serbes et Croates, 51.300 Tchèques et 103.000 Ruthènes. On est donc très loin de l'égalité et du véritable suffrage universel. Néanmoins les Slaves obtenaient enfin la majorité sur les Allemands en Autriche.
Le premier effet du suffrage universel fut qu'il donna, dans les élections de mai 1907, 87 mandats aux socialistes.
C'était un bon signe : les élections s'étaient donc faites non Benès 20
sur les programmes nationaux, mais surtout sur les programmes économiques. Cela devait avoir une grande influence sur le futur Parlement et sur ses travaux. En effet, après de longues années d’obstruction et d'opposition systématique, le légime parlementaire, constitutionnel est réapparu. Le Parlement a commencé régulièrement ses travaux,il a voté le compromis austro-hongrois et préparé le budget. On se réjouit déjà en Autriche que l’article 14 n’entrera plus en fonction.
Les conséquences du suffrage universel étaient surtout profondes pour la Bohême. Une moitié presque des électeurs tchèques se prononça pour les socialistes ; on laissa complètement à part les questions nationales. Jusqu’en 1907,
les Jeunes Tchèques, à part quelques radicaux et agra-
riens, représentaient toute la nation et -luttaient exclusivement pour les revendications nationales. Maintenant ils sont tombés au quatrième rang et sont devancés par les s0cialistes, agrariens et cléricaux. Ce sont, en dehors des s0cialistes surtout, les agrariens qui forment le parti le plus puissant. Dans les autres nations, surtout chez les Allemands, la même évolution s’est accomplie. Elle fut encore accentuée dans les élections à la Diète de Bohême, en f6vrier 1908.
Le suffrage universel a donc donné tout ce qu'on en attendait. La puissance politique de la noblesse fut complètement brisée, elle n’a plus aujourd’hui qu'une influence économique, abstraction faite de son influence dans la bu-
reaucratie. Îl suffit maintenant de modifier encore le sys
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