SAN LES
couronne, et la noblesse ne s’en servit jamais qu’à son profit personnel contre les intérêts du peuple. Les villes seules purent s'assurer par une défense vigoureuse leurs droits politiques qu’elles avaient gagnés dans les guerres des Hussites. Ainsi sous les deux rois précédents de la famille polonaise de Jagello, Vladislas et Louis, la xoyauté fut annihilée en Bohême; le domaine royal distribué aux seigneurs, le roi devint une poupée dans les mains des seigneurs féodaux tout puissants.
En matière de religion, la situation n’était guère meilleure. Déjà dans les guerres des Hussites la nation se trouvait divisée en deux camps ennemis, qui se combattaient obstinément. Les dissensions religieuses se continuèrent plus tard sous Georges de Podiebrad et sous Jagellons par la fondation de l'Unité des Frères tchèques et ensuite par la réformation luthérienne en Allemagne. La Bohême était plus que jamais déchirée au point de vue religieux.La haïne entre les Tehèques et les Allemands éclatait plus vive que jamais, d’autant plus que les Allemands en Bohême étaient les ennemis séculaires de l’hérésie tchèque. Tout cela finit par provoquer le conflit religieux entre la dynastie ultra-catholique et la nation tchèque qui était dans sa majorité anti-catholique.
Ferdinand [°° dès son début montre aux Etats qu’il y avait désormais en Bohême un vrai roi. Et, on le sait, de tels rois n'ont jamais élé bien vus par la Féodalité. Le roi commença l’œuvre de la restauration du pouvoir royal. Le domaine de la couronne revint au roi, les fonctionnaires royaux s'éta-
blirent à Vienne et l'administration centrale y fat transportée,