‹ Le Problème Cotonnier et l'Afrique Occidentale FrançaiseChapitre 1 sur 69 · UNE SOLUTION NATIONALE ER EE SE PR RE · texte numérisé non relu

UNE SOLUTION NATIONALE ER EE SE PR RE

INTROD CCTION

1. — L'importance de la question cotonnière. La production mondiale. La consommation mondiale etla consommation française. Les prix et l'influence du change. Le quasi-monopole des Etats-Unis. L’effort de production coloniale par la France et l'Angleterre.

2. — L'Afrique Occidentale Française. Aperçu géographique cultural et administratif.

3. — Notions élémentaires sur la culture cotonnière et l’utilisation du cotonnier.

Bloud

Si les idées mènent le monde et si la valeur morale des peuples, comme celle des individus, est la source profonde de leur bien-être, les événements politiques qui ont accumulé les ruines matérielles depuis 1914, n'en ont pas moins donné aux questions économiques une importance de premier ordre.

L’attention générale a été portée avec intensité sur le besoin de reconstituer les richesses détruites par cinq années de guerre et de se procurer les matières premières indispensables à la vie : le blé, le charbon, le pétrole, les métaux, les textiles. De là, les termes généraux : politique du blé, politique du pétrole, etc.

Parmi les matières premières, le coton est, sans conteste, une des plus importantes. Le coton est le textile par excellence des classes laborieuses. Il n’y a donc pas

lieu de s'étonner que si les classes prolétariennes

aspirent à plus de bien-être sur toute la surface du globe, la consommation de cette matière première prenne un grand développement, qu'accroitra rapidement la création de voies de communication pénétrant de plus en plus profondément dans les centres populeux de l'Asie et de l'Afrique. Le monde jaune, le marché asiatique avec ses centaines de millions d’habitants fournira peut-être un jour un débouché important à l'exportation européenne malgré la concurrence de l’industrie américaine, japonaise, chi-

noise et indienne. Une augmentation, si faible soit-elle, du pouvoir d’aehat individuel de 750 millions d'asiatiques représente évidemment un chiffre énorme dont l'influence se fera sentir sur les marchés du monde. Il faut songer que parmi le milliard et demi d’habitants que renferme la terre, il n’y en a que 500 millions complètement vêtus, 750 millions ne connaissant qu'imparfaitement l’usage du vêtement et pour le moins 250 millions ne le connaissant pas du tout. Afin de pourvoir à l'habillement de l’humanité entière, la production annuelle de coton devrait s'élever pour le moins à 42 millions de balles.

La production réelle est loin de correspondre à ce chiffre (1).

Le problème cotonnier se pose donc avec force pour le monde entier. Il se pose particulièrement pour notre pays, surtout depuis la fin de la guerre.

En 1921-1922 et 1922-1923, le monde entier a produit environ 16.000.000 de balles de coton et, pour le moment, il en consomme annuellement 20.000.000. Cette consommation augmentera sensiblement le jour

1. D'après le «Cotton Year Book» de 1918 cité par Yves Henry « Plantes à fibres » la production mondiale du coton est la suivante, en balles, en tenant compte du poids respectif des balles d'après leur origine: 220 kilos pour l'américaine, 333 kilos pour l'égyptienne, 180 pour l'Inde. Etats-Unis, 15.000.000 (64 0/0) ; Inde, 5.250.000 (18 0/0) ; Egypte 1.000.000 (6 0/0) Russie 800.000 (4 0/0); Chine 400.000 (2 0/0) ; Brésil 400.000 (2 0/0); Divers 1.150.000 (4 0/0). Les Etats-Unis sont les plus gros producteurs. La récolte varie entre 9.000.000 et 15.000.000. Les récoltes mondiales influencées par la situation du marché et la température varient dans une proportion allant jusqu’à 33 0/0.

où l’Europe Orientale, la Russie et la Chine seront rentrées dans l’ordre économique.

Jusqu'en 1916, la consommation mondiale était de 21.000.000 de balles et la production ne la dépassait pas de beaucoup, cependant chaque année amenait des variations importantes. Durant quatre ou cinq ans, la production et la consommation baissèrent jusqu’à 19.000.000 de balles en moyenne. Pendant les années 1923-1924 la consommation a été en augmentation, et il est évident que le monde consomme actuellement plus de 20.000.000 de balles (r) alors que la production

1. Lesbesoins de la consommation sont indiqués appproximativement par le nombre de broches existant dans chaque pays et les balles sont comptées au poids de 200 kilos adopté dansl'Ouest- Africain.

Grande-Bretagne. 60.000.000 broches exigeant 5.500.000 b.

Frances hrs 9. 600.000 — 1-200 à 1.300.000 b. Allemagne ........ 9-000.000 — 1.100 à 1.200.000 b. Ale RER en 4-000.000 — 700.000 b.

Tchéco-Slovaquie. 3.600.000 — 600.000 b.

Espagne.......... 1.800.000 — 400.000 b.

Belgique....-..... 1.600.000 — 350.000 b.

SUISSE Zee 1.450.000 — 300.000 b.

Pologne. .,....... 1:000.000 — 250.000 b.

Noter que l’industrie polonaise est en progression rapide et que le marché russe peut lui ouvrir un jour un immense débouthé. Suède, Hollande, Portugal, Finlande, Danemark et Norvège :

Page 1