‹ Le Problème Cotonnier et l'Afrique Occidentale FrançaiseChapitre 11 sur 69 · A LE PROBLÈME COTONNIER · texte numérisé non relu

A LE PROBLÈME COTONNIER

la récolte totale se répartit approximativement ainsi : Savalou fournit les 14/20 de l'exportation générale, Savé, les 3/20, Abomey les 2/20 et Zognanado 1/20. Les centres d'achat les plus importants sont Savalou, Dossa, Savé, Bohicon, Covi, Pobé. La production est localisée dans le Moyen-Dahomey.

Une modification assez sensible de la valeur cotonnière du Dahomey serait peut être obtenue par la mise en exploitation des cercles du Nord-Ouest qui, dans leur ensemble pourraient probablement fournir 800 t. de fibres nettes, si la culture du coton arrivait à jouir de la même faveur qu’à Savalou. À Djougou dans le Haut- Dabomey, on trouve une population relativement dense et des indigènes aptes à devenir de bons cultivateurs, le jour où ils auront été initiés à l'emploi des animaux de trait et à une culture rationnelle. Cette région deviendra peut-être un jour un centre de fermes écoles indigènes. Le sol y est silico-argileux, très meuble et profond, convenant au coton. .

Cette extension n'est réalisable que si des centres d'achats sont installés en divers points peu éloignés des centres agricoles, or cela ne peut que suivre la construction et l’achèvement des voies ferrées ordinaires ou à voie étroite permettant l'évacuation économique et certaine de ces produits. Le service automobile de Savé au Niger ne peut actuellement effectuer un trafic suffisant et ses tarifs sont trop élevés: la route de Savalou-Djougou-Atacora n’est pas en état d’aatoriser des transports rapides et nombreux.

tats excellents: on peut même dire que pourun coton de«brousse » il est de qualité parfaite.

(Rapport de la Maison Ancel Seitz de Granges, (Vosges) à l'Association cotonnière.

Ex

L'ouverture de chemins de fer dans ces régions aura pour conséquence immédiate l'entrée en trafic des amandes de karité, abondantes partout et délaissées seulement en raison de leur isolement : mais il n’est pas à supposer qu’elles portent concurrence au coton dont l’évolution est terminée quand arrrive l’époque de récolte des fruits de Karité, à moins que l’indigène ne trouve dans ce dernier travail une rémunération qui lui suffise à pourvoir à tous ses besoins et l’incite à négliger ou abandonner les bénéfices qu'il peut tirer de l'exploitation du coton.

L'intervention européenne en vue d'encourager et d'améliorer la culture indigène date de 1882, mais c’est à partir de 1904 avec l'installation d’un agent de l’Association Cotonnière coloniale que l'importation de graines exotiques, la création des champs d’essai, l'amélioration de quelques cultures indigènes, la construction d’usines d'égrenage donnèrent des résultats qui n'ont cessé de croître depuis cette époque. L'année 1909 vit la création de la Compagnie française du Coton colonial à laquelle s’est substituée depuis la Compagnie francaise pour le Commerce et l'Industrie, Cette compagnie achète le coton aux indigènes et Le traite dans ses usines d’égrenage pour l'exportation.

C’est surtout depuis 1922 qu’un gros effort a été accompli, principalement par l'Administration. Une campagne de propagande fut développée auprès des indigènes, tant par le service de l'Agriculture que par les administrateurs, commandants de cercle.

Des fermes de sélection de semences existent dans

les centres d’'Abomey, Savalou et Djougou etilya actuellement 8 stations d’égrenage, 2 à Savalou, 2 à Cotonou, 1 à Parahoué, r à Abomey, 1 à Djougou et 1 à Parakou.

Le coton obtenu dans ces différentes régions présente un gros défaut, dit M. L.Réteaud (x) : le manque d'homogénéité. Les fibres de ces plantes variées, offrent des longueurs allant de 25 à 33 millimètres, des diamètres variant du simple aw double, présentant pour les filatures de gros inconvénients.

M. le Gouverneur Fourn a cherché à standardiser le coton du Dahomey, sous le type Sea-Island, par un ensemble de mesures dont l’application est en cours.

Les graines obtenues sont fournies aux cultivateurs de centres donnés, une règlementation empêchant toute distribution ou vente de graines en dehors de l’Administration. Ces régions seront donc progressivent débarrassées des mélanges de variétés actuelles (2).

Une série de mesures assurant le contrôle des usines d'égrenage, le contrôle et la classification des cotons d'exportation, en même temps qu'une surveillance stricte des récoltes pour obtenir des produits propres, permettra d'établir assez vite la qualité du coton du Dahomey.

Enfin, l'obligation de la culture annuelle, de l’arrachage et de la destruction par le feu des cotonniers

1. M. L. Réteaud, chef du Service de l'Agriculture au Dahorney Revue de Botanique appliquée, 21 mars 1924.

2. Pour la campagne 1924 on a semé au Dahomey les quantités suivantes de semences dont l'emploi a été sérieusement contrôlé. Cercle d'Abomey, 90 tonnes, Savalou 320, Parakou 20, Djougou 15, Holli-Ketou 5 ; en tout 450 tonnes sur environ 14.500 hectares, donnant environ 60 kilos de fibres à l'hectare.

après la dernière récolte, évitera la propagation des maladies.

À l'heure actuelle, le Dahomey ainsi que le Togo, malgré l’étendue restreinte de leur territoire, viennent à la tête des colonies de l'A. O. F. pour l'exportation äu coton. Celle-ci est passée pour le Dahomey seul de 1.390 balles en 1922 à 1.600 balles en 1923 (x).

Le cotonnier ne semble pas devoir être cultivé dans les exploitations européennes qui s'établissent au Dahomey. La culture sèche est trop peu rémunératrice et le Dahomey n'est pas un pays de culture irriguée, qui seule laisse un bénéfice important. Aussi la culture resterat-elle entre les mains des indigènes et ne se maintiendrat-elle que si elle est faite rationnellement comme au Texas. Une chute annuelle de pluies inférieure à un mètre dans la majeure partie de la colonie limitera toujours à des étendues relativement restreintes la culture rationnelle du cotonnier.Aussi semble-t il que ce pays ne sera jamais une région cotonnière de grande production, à moins que le dry-farming ne donne plus tard des résultats inespérés.

IL — Le Togo

Lorsqu’éclata la guerre de 1914,.le Togo(2),envahi des deux côtés dès Le 15 août, vit, le 27 août la reddition de ses derniers défenseurs. Le partage qui suivit la victoire

1. Le prix d'achat au producteur a été de 2 fr.àa fr. 5o le kilo brut en 1923.

2. Le Togo est enclavé entre les possessions anglaises de la Côte de l'Or à l'ouest, la Haute-Volta française au nord, le Dahomey à l'est, Le Golfe de Guinée limite le Togo au sud sur

plaça sous le mandat français 58.000 kilomètres carrés sur un lotal de 88.000, le réseau ferroviaire tout entier, ainsi que le débouché vers la mer.

Bordé par une zone lagunaire de 70 kilomètres, le littural du Togo, formé par un plateau côtier, élevé de 70 à 100 mètres, se prolonge dans l'intérieur par les monts du Togo, le massif de l’Agou et le massif de la Kara. À l’ouest, la montagne s’abaisse vers une large plaine qui se poursuit jusque dans la Côte de l'Or et dans laquelle coulent la Volta, l’Oti et tous leurs affluents. Le réseau hydrographique se compose de quelques petits fleuves côtiers à régime torrentiel durant la saison des pluies.

Bien que la chaleur soit élevée et constante (18° à 30°) avec une atmosphère humide, le climat est assez favorable à l’'Européen. Par suite de la présence de montagnes, il est vrai peu élevées (600 à 800 mètres), à quelque distance de la côte, la pluviosité est plus forte qu'au Dahomey et atieint un mètre sur la plus grande partie du territoire. Les deux saisons, saison sèche et saison humide ne sont pas marquées par de grandes variations de température, mais par le passage sans transition d’une sécheresse intense à des pluies torrentielles.

La population s'élève à environ 675.000 habitants, soit en moyenne 15 au kilomètre carré, et se compose de plusieurs races noires mélangées. On ne compte pas

un parcours de 70 kilomètres. La capitale est Lomé: les villes principales Atakpamé, Bismarksbourg et Manou. La Compagnie des Indes créa en 1625 divers comptoirs sur la côte dépendants de son établissement de Ouidah au Dahomey,où Colbert fit édifier un fortin. Telle est l’origine de la colonie allemande de Togo. Les principaux objets de trafic sont les amandes et l'huile de palme, le cacao, le maïs, le coton, le sisal et le coprah.

plus de 350 Européens, fonctionnaires ou commerçants. Cette population est pacifique et les deux sexes sont accoutumés aux travaux agricoles.

Les conditions favorables ou défavorables à la culture du coton sont les mêmes qu'au Dahomey avec cette différence qu’une pluviosité plus élevée permet d'arriver à un rendement supérieur, qui est de 70 à 100 kilos de fibres. à l’hectare en culture indigène. Celle-ci est faite comme au Dahomey et dans le reste de l'A. O.F. en mélange avec les cullures vivrières.

C’est sur cette colonie que l’industrie textile allemande et le Gouvernement portèrent d’abord leur attention.

Il n'y avait pas de terres appartenant à la couronne dans le pays de Togo; le sol est le plus souvent la propriété des indigènes. La culture du coton pour l'exportation devait donc à priori être entreprise comme petite culture ou culture indigène et non pas comme culture de plantations sous la direction de propriétaires euro péens. Les premiers résultats prouvèrent la justesse de celte méthode qui prit son essor pratique à lautomne de r900, lors de l’installalion par le Gouvernement de quatre planteurs de coton, théoriquement et pratiquement instruits, de race nègre, de l'Etat d’Alabama (Etats-Unis).

Leur équipement personnel mécanique (machines agricoles, charrues, rouleaux, égreneuses et presses) et les graines furent obtenus par l'entremise de l’Ambassadeur d'Allemagne à Washington, de M. Wilson, ministre de l'Agriculture des Etats-Unis et du célèbre Institut nègre Booker Washington, Tuskegee (1).

1. À leur tête, se trouvait James N. Calloway, aux côtés duquel

80 Al LE PROBLÈME COTONNIER

Après avoir cherché les terrains convenables et avoir reconnu les aptitudes et la bonne volonté des indigènes pour une culture plus intensive du coton, on s’occupa avec l’aide des stations impériales, alors déjà au nombre de six, et des missions, à déterminer les variétés propres aux terrains en vue d'obtenir autant que possible un produit uniforme et de valeur marchande.

De nombreux essais furent faits avec les graines exotiques, américaines, indiennes et avec les graines indigènes.

Le meilleur résultat dans les terres de l'intérieur fut obtenu avec une variété indigène à graine lisse, à laquelle on donna le nom de Togo Sea Island (G. religiosum). Le district de Mangu possédait une remarquable variété de ce cotonnier (1).

Le Comité colonial de la Métropole (Deatsches Kolo- : nial-wirthshafliches Komitee) projeta tout d’abord d'établir au Togo un grand nombre de nègres, planteurs de coton de l'Amérique du Nord. En mai 1902, arrivèrent quatre émigrants, dont deux se noyèrent en débarquant; les deux autres retournèrent peu après dans leur pays. L'idée de l’émigration de planteurs noirs américains fut abandonnée à la légère et sans qu'aucune expérience fut faite dans une large mesure. Cette idée, abandonnée au Togo, fut reprise dans la suite en Afrique orientale allemande où elle eût un plein succès (2).

travailla, dès le début, John W. Robinson, qui mourut accidentellement en 1909. Les deux autres compagnons s’appelaient Allen Burks et Shepard Harris.

1. Sur les variétés essayées au Togo, voir le rapport du délégué allemand au 7° Congrès international cotonnier, Bruxelles,

a. Le noir américain est en effet le descendant des esclaves

ET L’AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE 8t

Dès 1903, la Commission d'inspection des cotons était créée, avec Lomé pour siège. Elle comprenait entre autres un américain allemand, J. H. Buwinghausen, planteur de coton au Texas et deux agronomes de race blanche, d'Afrique occidentale. Pendant la période de plantation et à la moisson, ils visitèrent continuellement la colonie afin de surveiller le développement rationnel et le rendement des cultures. Ils entreprirent également des voyages à travers les colonies anglaises et françaises limitrophes pour y comparer l’état des essais de culture cotonnière avec celui du Togo.

Dans le but de convaincre les indigènes de l'intérêt qu'ils avaient à cultiver le coton, et afin de les préserver de considérables écarts de prix, comme il s’en produit, le Comité leur garantissait un prix fixe de gros, déterminé avant les semis et qui s'élevait en 1903 à 30 pfennigs par livre de coton égrené rendu à la côte.

La même année, l'empereur allemand s’intéressait à la question cotonnière dans les colonies. Il savait comment la prospérité de l’industrie textile allemande pourvait en dépendre et recevait les délégations du Comité colonial qui venaient l’entretenir de la question.

En même temps, le secrétaire de ce Comité exposait dans une réunion à Munich le programme des trois

venus d'Afrique et avec du temps et des précautions il s’acclimate et sert dans les villages, par son exemple, d’excellent moniteur de culture. Au Togo, le Comité colonial avait pensé arriver au résultat cherché par l’éducation agricole des indigènes dans ses fermes écoles et l'inspection des cultures indigènes par les experts de race blanche et de race noire. Contrairement à l'attente, l'expérience démontra que la progression de la culture indigène serait très lente et exigerait plusieurs générations. Le succès acquis en Afrique Orientale inclinait le Comité Colonial à user des mêmes moyens au Togo et ce projet aurait été mis à

exécution sans la guerre 1914-1918.

82 7 LÉ PROPLÈMÉ COTONNIER

années suivantes r904-1907. IL comportait une dépense de 750.000 franes. Au début de ses expériences le Comité disposa d’une somme de 937.500 francs. Il recevait annuellement, tant du Gouvernement impérial que des Gouvernements du Togo et de l'Afrique Orientale 75.000 francs, somme qui fut augmentée à partir de 1905. L’encouragement à la culture avait pour elle l’unanimité de l’opinion publique. Le Worwaerts, organe socialiste, disait en substance : Ennemi de la politique coloniale, le parti socialiste allemand est cependant sympathique aux efforts faits en Afrique pour briser le monopole des Etats Unis et supprimer les hausses factices dues à la spéculation, qui frappent si vivement l’industrie cotonnière anglaise, allemande et française. »

Le Comité, devant l’absence de moyens de transport dans la colonie, commença sa propagande par la région côtière et établit sa première station cotonnière à Towe, district de Misahæhe, où avec l’aide de 200 indigènes, 4o hectares de terre étaient défiichés. Malheureusement, la mouche tsé-tsé, qui sévit sur la zone côtière, détruisit les animaux de trait. Le résultat de l'essai fut mauvais. Le Comité perdait 50 francs par balle, non compris les frais du personnel européen et l’amortissement. On transféra en 1904 la plantation plus au nord, à Nuatja, où la mouche tsé-tsé n'offre plus de danger, et on lui annexa une école d’agriculture qui, espérait on, aurait une heureuse influeuce sur l’extension des cultures rationnelles et sur la bonne préparation des récoltes. Elle eut à s'occuper du dressage des bœufs, à enseigner les différentes méthodes de préparation du sol, l'usage de la charrue, l’égrenage, le pressage ainsi que le choix des graines.

Le personnel du comité local, composé d’un inspec-

teur, d’un sous-inspecteur et du directeur de l’école de Nuatja, installait à Palimé une station d’égrenage qui livrait 3 balles par jour. La Compagnie commerciale de l'Ouest africain allemand et la Société Kpeme construisaient également deux usines d’égrenage dans la colonie. Mais d’autres maisons renoncèrent, au contraire, à créer les stations projetées, si bien que de ce fait, plus de 60 tonnes de coton ne purent être égrenées en 1904 et restèrent dans le pays.

La culture du coton se vulgarisait ; il fut convenu avec les indigènes que la presque totalité des champs serait plantée de cotonniers comme culture intermédiaire, en mélange avec les cultures vivrières. Le prix d’achat garanti aux planteurs par le Comité pour la récolte 1905-1906 était de o fr. 75 le kilo égréné et livré à Lomé.

Jusqu'alors les noirs avaient cultivé uniquement les variétés de coton indigène qu'ils pouvaient planter en même temps et dans le même champ que leurs céréales, telles que maïs, ignames, cassaves, haricots et pistaches ; ils préféraient un cotonnier indigène de 2 m. 50 à 3 mètres de haut au cotonnier américain d'environ 1 m. 00, dont la croissance était rapidement étouffée par celle trop luxuriante des autres produits. Ils en venaient ainsi graduellement à la conviction qu'un champ qui n’est ensemencé que de coton donne plus de bénéfice qu’une culture mixte.

Dès 1906, les plantations se multiplient sur les bords du Volta. La station de Kekeknatschi possédait 70 hectares couverts de cotonniers. La qualité était bonne et une des plantations modèles voyail sa récolte dépasser de 8pfennigs les cours du coton américaia. Le coton d’Atakpamé était reconnu excellent. Le district de Sokade

abondamment pourvu d’eau permettait de ne pas redouter les conséquences de la sécheresse. La qualité supérieure du coton du Togo justifiait la livraison de 5oo kilos de graines de semences de Togo Sea Island à la colonie française du Dahomey.

Afin d'obtenir cette qualité, il est nécessaire de faire une culture rationnelle et de remplacer la houe par la charrue. Les naturels étaient malheureusement peu habiles et la houe était seule employée, sauf exceptionnellement dans les stations dirigées par des Européens, où la charrue était usitée.

L'exposition agricole tenue en janvier 1907 à Palimé, à laquelle 426 exposants indigènes prirent part, démontra de manière satisfaisante les progrès du développement de la culture. Cette exposition fut un stimulant pour l'extension de la culture cotonnière par la production des différentes variétés de la colonie, les expériences de labourage à la charrue et d’égrenage, de cueillette du coton et enfin la constatation des résultats obtenus au moyen d'essais de fumage des terres, rapportant 345 kilos de coton brut à l’hectare, contre seulement 116 kilos dans les champs non fumés. Les champs d'expériences montrèrent aux indigènes la manière de planter convenablement le coton. Des prix d'honneur (montres d’argent) et des prix en argent accordés pour rend ements spéciaux en qualité et quantité agirent à cette accasion comme stimulants pour la continuation et l’accroissement de la culture du coton.

De plus, l'Administration avait installé une station de contrôle des semences, dont l’action devait tendre à la production d'un coton uniforme pour tout le pays.

Après de nombreux essais de croisements, l’école de Nuatja réussissait en 1908 à obtenir une variété type,

provenant du coton de la Côte et fournissant une récolte plus abondante que les sortes produites jusqu’alors. C’est une espèce bisannuelle rendant environ 500 kilos à l’hectare. Le directeur de l'école recommandait, comme culture intercalaire avec le maïs, le coton Caravonica (x).

Dans le but d'encourager la culture, le Comité local fit échelonner à l’intérieur quatorze usines d’égrenage et marchés d’achats permanents. Peu après, il céda ses propres établissements aux sociétés installées dans le pays ; cela lui permettait de se déplacer, de faire fructifier plusieurs fois ses capitaux et de fournir une preuve de l'efficacité de ses travaux.

Désireux de protéger les indigènes contre des pertes, il publiait, avant l’époque de la plantation un tarif réglementant les achats de coton. Les postes administratifs et le Comité se chargaient de l’achat et de la distribution de la semence. Ils concluaient des arrangements avec les sociétés d'égrenage qui s’engageaient, moyennant une indemnité de 2 francs les 35 kilos, à nettoyer la graine et à la classer par variété. La distribution était faite aux indigènes par charge de 35 kilos et facilitée par des greniers à semences établis en divers endroits. |

Les procédés les plus eflicaces, suivant l'avis de M. Maurice Shanz (2), pour ass'irer l'avenir de la culture étaient l'Ecole cotonnière de Nuatja, la voie ferrée, la distribution des semences, les usines d’égrenage, les marchés d'achat et la garantie des prix.

Page 1