SA RÉCAPITULATION
12" Programme | 1.480.000 nes 260.000/175. 000! 15.000 |345.000 2° Programme | 370.000 ie » |80 000 160.000 !25.000 | 25.000
Toraux césinaux 1.850.000 ‘540.000 225,000 |340.000 335.000! 40.000 1370.000
Ces chiffres font éloquemment ressortir l’aide formidable que nous pouvons obtenir du Soudan nigérien.
Il est certain, conclut M. Bélime, qu'un jour ses vallées et ses fleuves suffiront à nos plus gros besoins cotonniers, qu’elles nous donneront l’appoint d’oléagineux actuellement importés de l'Inde et qu'elles fourniront à la consomination française, après avoir approvisionné une grande partie du continent africain, des riz de qualité équivalente sinon supérieure aux plus
belles qualités que nous faisons venir aujourd'hui de
l'étranger.
Les avant-projets de M. Bélime ont donné lieu à des controverses variées sur les prix de revient et l'étendue des terres irrigables. MM. Yves Henry et Vuillet ont publié en 1922 un rapport (x) tendant à prouver que la région commandée par le éanal de Ségou, le seul ayant fait l'objet d’études détaillées, ne contenait pas les 750.000 hectares indiqués comme aptes à l'irrigation. Ils ont ramené cette surface à 375.000 hectares. Le grave inconvénient de ce canal est que les 200 premiers kilomètres parcourent une vallée étroite n’assurant l'irrigation que de 75.000 hectares d'après M. Bélime, de 38.000 d'après MM. Henry et Vuillet. C’est seulement à partir du kilomètre 200 que l’on entre dans la plaine prédeltaïque entre Niger et Bani, permettant l'irrigation de 675.000 hectares d’après M. Bélime, de 337.000 hectares d’après MM. Henry et Vuillet.
Une étude détaillée des avant-projets de M. Bélime a été entreprise en 1923 à la suite d’une convention intervenue le 10 janvier 1922 entre le Gouvernement général et la Compagnie générale des Colonies. Cette Société aux travaux de laquelle un premier crédit de 3.000.000 francs a été alloué par le Gouvernement général a créé un syndicat d’études (2) comprenant diverses
1. Les Irrigations au Niger et la Culture du cotonnier par Yves Henry, inspecteur général de l’Agriculture ; Prospection agronomique par F. Vuillet, ingénieur en chef des Travaux d'Agriculture ; Analyse des terres par H. Lavergne, agronome chimiste, 1 vol. in-8, Larose.
2. Le Dr Forbes étant chargé de la partie agronomique, le Comité a confié l'examen du problème technique à M. l'ingénieur Jean Lengrand, qui avait déjà rempli des missions de cette
banques, notamment la Banque de Paris et des Pays- Bas. Les études dirigées par M. l'ingénieur Jean Lengrand ont porté d’abord sur la pente du Niger et ont rectifié les conclusions des missions antérieures. Aujourd’hui la pente est connue scientitiquement de Bamako au barrage de Tosaye, entre Tombouctou et Gao. Il a été procédé à la détermination des débits, à la recherche de bassins d'épargne des crues, à l'étude des affluents, à l'étude du mouvement des eaux souterraines, de l’infiltration et du ruissellement à la construction de repères et aux observations météorologiques. |
Les ingénieurs et agronomes du syndicat ont réduit considérablement l'exécution du projet de M. Bélime pour la raison que les travaux à exécuter dépasseraient les possibilités financières de l’A. O.F. et qu’un rendement portant sur de vastes surfaces ne serait obtenu qu'après le parcours des 200 premiers kilomètres. Il faudrait engager un capital de 250 à 300 millions avant d'arriver dans la zone productive de la grande plaine prédeltaïque entre Niger et Bani.
Le projet adopté et dont les travaux sont actuellement commencés au barrage de Sotuba, à quelques kilomètres en aval de Bamako comporte seulement un canal contournant les rapides du fleuve et venant le rejoindre à 50 kilomètres en aval. Il irriguera quelques milliers d'hectares et permettra la navigation entre le bief inférieur et le supérieur. Une usine hydroélectrique à N'Gagnalé, au milieu du parcours, d’une force de 3.000 Cv. procurera le courant à Bamako et à larégion. L'étude du projet définitif est en cours.
Ce premier travail va permettre de préciser les
nature et auquel furent adjoints une vingtaine d'ingénieurs et agents européens qui forment huit brigades d’étude.
méthodes de construction et le prix de revient des canaux d'irrigation. Il déterminera les récoltes les plus propres à prospérer sous irrigation dans la zone prédeltaïque ainsi que les quantités d’eau que réclame leur arrosage.
Le canal de Sansanding sur la rive gauche est aux abords immédiats de la plaine irrigable et offre de magnifiques perspectives mais les études définitives sont à peine commencées. Quant à la zone deltaïque elie est à étudier dans son entier et on ne possède pas encore de cartes précises.
Il est à souhaiter que le Syndicat d’études voit grand et travaiile pour l’avenir même un avenir assez lointain, avec d’autant plus de raison que les iravaux seront payants peu de temps après achèvement.
Nous ne saurions mieux juger les projets de M. lingénieur Bélime qu'en apportant le témoignage de M. G. Angoulvant, ancien Gouverneur général de l'A. O.RF. et de l'A. E. F. 4
« Ce qui séduit et convainc dans ce beau programme d'aménagement du Niger, dit M. G. Angoulvant, c'est que rien dans ses développements n'apparaît & priori impossible. Il semble même, au contraire, que les problèmes si complexes, signalés par M. Victor Mosseri dans une étude sur les cotons égyptiens : généralisation de la culture par types, réglementation de l'égrenage, coopération de l'industrie et de l'agriculture se présentent au Soudan sous üne forme beaucoup plus simple que dans les anciens pays producteurs. On n'aura pas, en effet, à tenir compte d’habitudes prises et d'intérêts établis ; les récoltes pourront s'effectuer et être protégées sur des bases scientifiques... »
Un premier effort financier de 300 à 40o millions
RÉRE RERE PTE
doit être demandé aux capitaux français. Toutefois, et On ne saurait trop le répéter, cette grande entreprise coloniale demandera pour être conduite avec succès une continuité de vues, ure ténacité dont nous avons rarement fait preuve pour des travaux hors de notre pays. Cette entreprise procède d'un esprit nouveau, qui faisant table rase d'un passé somnolent, soude étroitement nos intérêts métropolitains et d'outre-mer, suggère des solutions claires et précises, bat le rappel des énergies françaises.
Les expériences de l’Association cotonnière à Ségou en 1914, celles de M. Vitalis, Inspecteur d'Agriculture à la Station Agronomique d'El Ooualadji en 1917 étaient concluantes. On peut obtenir sur le Niger, par l'irrigation, le même coton qu’en Egypte, en quantité et en qualité.
Aussi, une première Société, la Compagnie de Culture cotonnière du Niger fut constituée en 1920, sur l'initiative d'un banquier de Paris, M. Marcel Hirsch pour procéder à la culture irriguée du coton à Diré, dans le voisinage d’El Oualadji, cercle de Goundam. Un décret du 27 novembre 1919 a approuvé la converition conclue entre le Gouvernement général de l'A. O.F. et M. Marcel Hirsch en vue de développer la culture cotonnière.
La concession porte sur 10.00ohectares (1)etcomportait une subvention remboursable et garantie de 800.000 francs du gouvernement de l'A. O. F. Elle
1. Cette concession peut être portée à 50.000 hectares à titre
gratuit, 50.000 hectares supplémentaires pourront être concédés aux prix moyen des terrains ruraux.
donna lieu à des critiques injustifiées, qui eurent leur répercussion jusqu’au Parlement. On doit louer l'esprit d'initiative de M. Marcel Hirsch qui, dès avant l’achèvement du chemin de fer Dakar-Bamako n'a pas craint de créer, sur la limite du désert, à l’extrémité nord de la colonie, au sud et non loin de Tombouctou une importante plantation.
De grands obstacles étaient à vaincre nomment l'absence de main-d'œuvre, la longueur et le prix des transports. Sur ces confins du désert le noir a une crainte atavique des Maures et Touaregs qui, durant des siècles, razzièrent le pays, emmenant les indigènes en esclavage dans l’Afrique du Nord ou les cédant aux traitants de la côte qui les expédiaient en Amérique.
Sur cette concession, l'irrigation est pratiquée par le pompage de machines à vapeur. La production a été successivement de 17 tonnes de fibres qualité égyptienne en 1921, 43 en 1922, 250 tonnes en 1923, près de 500 tonnes en 1924. Le total des terres en culture dépassait 3.000 hectares fin 1924. Le rendement égal aux meilleurs rendements égyptiens a varié de 350 à 600 kilos de fibres à l’hectare. La qualité du coton a été telle que celui-ci a été vendu au Havre 3 francs audessus du cours du terme. Sur ce point désertique, une population de plus de 5.000 âmes, dont vingt européens sur lesquels on compte deux médecins est actuellement concentrée. Les cultures vivrières, accessoires indispensables de celles du cotonnier lui assurent l’existence sans crainte de disette.
L'élevage du mouton du Cap vient d’être adjoint avec succès à la culture cotonnière en vue de la production et de l'exportation de la laine.
La société commence l'exploitation de trois autres
domaines à Dioro, Senenkou et Sama, ce dernier non loin de Ségou.
Le programme comporte une exploitation complète de 12.000 hectares en 1928 avec une production de 1.500 à 2.000 tonnes de fibres. Des terres sans aucune valeur sont donc transformées en terres analogues à celles de l'Egypte. |
Depuis sa fondation, la Compagnie de culture cotonnière du Niger a reçu une nouvelle subvention remboursable de 3.600 000 francs du ministère du Commerce, prise sur les fonds provenant de la liquidation du Consortium cotonnier de la guerre. Cette subvention est modeste si on la compare à celle de 5.000.000 de livres votés par le parlement anglais au Sudan Plantation syndicate el à celle de 20.000.000 de lires accordée par le Gouvernement italien à la Société Agricole Italo Somala.
Dans tous les cas, la preuve est faite, qu'avec les cours actuels du coton, la culture est payante dans une exploitation grevée de frais généraux importants, qui résultent du pompage par machines à vapeur et du prix du transport au port d'embarquement des confins du désert à Dakar, soit à une distance de près de 2.000 kilomètres.
Une réduction de ces frais généraux pourra sans doute être obtenue par le pompage à moteur éolien. Même en supposant à brève échéance une baisse sensible et improbable des cours du coton, les cultures d’assolement comme l’arachide et le da,la production de la laine et le cheptel assureront une situation finan-
cière stable (1).
1. La Compagnie de Culture cotonnière du Niger au capital de 8.000.000 (porté à 20.000.000 en mars 1925) a réalisé dans l’exer-
Bloud Il
C’est dire que dans un système d'irrigation par gravité sur le Niger Moyen à moindre distance de la mer, l’avenir est assuré.
Depuis trois ans, l'exemple de la Compagnie de Culturé cotonnière du Niger à suscité diverses initiatives semblables. La Société auxiliaire africaine a installé dans les environs de Bamako une plantation de culture irriguée sur environ 600 héctarés. La Compagnie francaise d’études et d'entreprises coloniales a créé diverses affaires dé moindre importance.
L'’exécution dés projets d'irrigation sur le Niger est l’une dés questions les plus urgentes à résoudre du problème colonial. La solution en sera d’ailleurs d’un grand profit. Aussi cetté question intéresse-t-elle déjà un hoômbrée de français qu'il est nécessaire d’accroitre. Dans cé but a été fondé lé comité du Niger présidé par M. le sénateur de Monzie et dirigé par M. le général Hélo. Des missions oflicielles ou privées se sont succédées depuis trois ans sur le Niger. Signalons éntre autres M. le général Messimy én 1023, M. Waddington président de là Charibré de Commeérce du Havre ét de l'Association cotonnière en 1924, M. le maréchal Pétain en 19925.
cice prenant fin le 30 juin 192% un bénéfice de 2.136.107 francs sur lesquels 729.049 francs ont été portés à l’amortissement du domaine de Diré.La récolte 1923-1924 à produit 4.091.866 fr. L'association cotonnière colonialé lui a prêté son concôttré en installant une usine d'égrenage près de Diré à El-Oualadiji.