‹ Le Problème Cotonnier et l'Afrique Occidentale FrançaiseChapitre 53 sur 69 · D’après un rapport de M. Yves Ilenrv · texte numérisé non relu

D’après un rapport de M. Yves Ilenrv

séquent, ne permettait pas d’arroser les semis avantle début de l’hivernage et de prendre de l’avance sur celui-ci.

Aussi les instructions données à l’agent de culture chargé des essais, furent-elles très simples afin de bien préciser les points importants et dene pas entraver son initiative :

1° La végétation des cotonniers, du semis jusque vers le troisième mois devait êtreassurée par les pluies d'hivernage; les irrigations viendraient dès la cessation des pluies assurer la floraison et la fructification ;

2° Les essais devaient porter sur deux parcelles contiguës, dont une était excessivement argileuse, l'autre argilosiliceuse. Ces deux parcelles représentent, en effet, à peu prèsles deux types deterrains que l'on rencontre couramment dans la vallée du Sénégal.

39 Les semis devaient être effectués en deux fois ; en premier lieu dès le début de l’hivernage, aussitôt que les premières pluies auraient permis d’exécuter le dernier labour, et en second lieu une fois que le sol aurait été bien humecté.

4° Les soins de démariage et d’écimage devaient être donnés conformément aux pratiques d'Egypte.

5°Les arrosages devaient être pratiqués tous les douze jours sur une partie du sol, tous les vingt jours sur l’autre ; cela afin d'être fixé sur la quantité d’eau nécessaire àla végétation des cotonniers sous le climat du Sénégal.

6° Les engrais devaient consister en une bonne fumure, au fumier de ferme, à raison d'environ 4o tonnes à l’hectare.

Les essais furent conduits par l'agent de la station suivant les instructions données.

L'hivernage commença le 18 juillet et se termina le 29 septembre, nécessitant peu après l'installation de l'irrigation. Le petit hivernage ou heug, consistanten pluies qui tombent en novembre, décembre et mars, généralement très inconstant, prit cette année 1904 une forme violente et tardive, causant même des dégâts appréciables à la récolte d’arachides et gênant la cueillette du coton. Cette première campagne ne pouvait donner ur résultat concluant sur lequel il eût été permis de se baser.

Toutes les parcelles furent rayonnées dans le sens de la

largeur à un mètre ; sur les rangées furent faits, à l’aide de la binette, des poquets distants de o m. 50 et profonds de o m. 05, dans lesquels on jeta 5 à 6 graines de coton, recouvertes aussitôt de terre meuble.

L'écartement choisi de o m. 5o sur 1 mètre réussit sur le sol argileux, mais fut insuffisant sur le sol silico-argileux ; sur ce dernier, des distances doubles n'auraient pas été exagérées. À la récolte et malgré deux écimages, les branches s’entrecroisaient sur plus de la moitié de la longueur.

Avant l’ensemencement, les graines avaient subi un trempage de vingt-quatre heures dans l’eau ; cette duréeétait trop longue avec la température d’hivernage. Douze heures auraient suffi. On cherche en effet par cette opération à activer la germination; si le séjour des graines dans l’eau se prolonge trop, les téguments éclatent et la radicule apparaît. Cela peut ne pas avoir d’inconvénient si, à ce moment, les semences sont déposées dans un solbien mouillé et parfaitement meuble; mais si ces conditions ne sont pas remplies, les parties vitales de la graine sont brüûlées et la levée n’a pas

-lieu. C'est ce qui s’est présenté pour Le coton semé en fin juillet ; l’irrégularité dans la sortie tient aussi, ilest vrai à la naturetrès argileuse du sol.

Les semailles avaient été faites du 29 juillet au 16 août à raison de 15 à 20 kilos à l’hectare. La levée se produisit après cinq ou six jours. Dans les deux derniers semis (5 et 16 août) la levée a été absolument uniforme, au contraire, le coton semé fin juillet a eu une levée lente et très irrégulière ; le 15 août, la moitié des poquets étaient vides et beaucoup de graines étaient pourries.

Après l’échec du premier semis de fin juillet, ilen futeffectué un autre le 25 août qui, comme le premier eut une réussite médiocre, surtout sous les arbres qui n'avaient pas été abattus dans cette partie du terrainet qui paraissent devoir être bannis de toute culture de coton.

Le démariage, les binages, les irrigations et l'égrenage furent pratiqués suivantles méthodes d'Egypte. La récolte commença le 15 décembre et la deuxième récolte était terminée le 25 mars ; ces opérations avaient donc duré trois

mois et demi. Dans la partie irriguée tous les vingt jours, la floraison, la maturité et la déhiscence des capsules avait un retard d'environ quinze jours sur la partie irriguée tous les douze jours

À chaque période de vent d'est, il fallait activer les cueillettes, car quatre ou cinq jours après la déhiscencedes capsules, les touffes de coton étaient arrachées par le vent. Le Mit-A fifi fut la variété qui résista lemieux au vert d'est.

Les rendements furent les suivants :

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