Voir le chapitre sur l’éducation agricole des indigènes
On essaya la culture d’un cotonnier indigène à graines lisses, qui avait donné de bons résultats au Togo; les essais furent satisfaisants et la culture fut étendue par la suite. Cette variété, le Togo Sea-Island, à graine nue, à défibrage aisé, a un rendement de 30 à 31 0/0, alors que le coton indigène a un rendement de 28 à 29 o/o seulement et est coté à un taux légèrement supérieur en Europe. Elle est aujourd'hui répandue dans la colonie et des distributions en ont été faites par l'Administration dans tous les cereles du Moyen-Dahomey depuis quelques années. On aboutira peutêtre à un hybride qui par le jeu de la sélection peut acquérir les qualités de finesse et de rendement du coton américain et la rusticité du coton indigène.
Une nouvelle usine d’égrenage était construite dans le nord du Dahomey, au terminus du chemin de fer à Savé. Cette installation avait pour effet d'augmenter la production dans la région et de diminuer dans de fortes proportions le portage. qui, non seulement grevait lourdement le prix de revient, mais encore immobilisait des bras plus utiles aux travaux des champs.
Cinq stations d’égrenage fonctionnaient au Dahomey en 1908 : Savalou, Bohicon, Cotonou, Djougou, Savé.
Campagne cotonnière 1908-1g909.— Durant cette campagne, les conditions atmosphériques furent normales et La production augmenta. Les indigènes paraissaient prendre à la culture un intérêt d'autant plus grand qu'elle rémunérait leur travail. Il fallut distribuer 5o tonnes de graines pour répondre à leurs demandes. Les régions qui fournirent le plus furent les cercles d'Abomey et de Savalou. L'extension des cultures était aussi attribuée aux tournées fréquentes de l'agent de l'Association; aussi crut-on utile de lui adjoindre deux agents afin de multiplier les visites dans les villages du cercle de Savalou. Ce cercle trop distant de la côte pour pouvoir participer à l'exportation toujours croissante du mais et d'autre part, he possédant pas de palmiers à huile, trouvait dans le coton un produit tout indiqué pour procurer à ses habitants les ressources pécuniaires que les produits vivriers consommés sur place ne leur fournissaient pas.
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On fit des cultures directes sur environ 4o hectares de la
variété à graines lisses Togo Sea Island qui donna des résultats satisfaisants.
Campagne cotonnière r1909-191r0.— Cette campagne fut marquée par un événement important dans l’histoire de PAssociation cotonnière. Il s’agit de la substitution de la Compagnie française du Coton colonial à l’Association dans l'exploitation des entreprises du Dahomey. Dès ses débuts, l'Association s'était préoccupée de fonder un organisme capable, le moment venu, d'assurer d’une façon définitive l'exploitation des entreprises cotonnières créées par elle. C'est de ces motifs qu'était née la Compagnie française d'Etudes et d'Entreprises coloniales, qui donnait une preuve de son activité en créant la Compagnie française du coton colonial, développement normal et prévu du consortium pour l'achat du coton en Afrique occidentale.
Par cette nouvelle organisation, l'Association se trouvait déchargée d’une grande partie de ses frais et pouvait consacrer ses ressources aux colonies où la question cotonnière n'avait pas encore atteint le même développement qu’au Dahomey. Elle louait à cette compagnie toutes ses usines d'égrenage à charge par elle de les entretenir en bon état de fonctionnement, tous les frais d’égrenage et de pressage incombant à la société.
On remarquera que le Dahomey où les progrès les plus sensibles en A. O. F. se trouvaient réalisés, était cependant bien inférieur au point de vue cotonnier à la Colonie allemande voisine du Togo. Alors que le Dahomey avait 5 usines d’égrenage avec, en tout, 9 égreneuses mues au moteur et un stock, il est vrai important, d'égreneuses à main, le Togo, d’une surface moins étendue, comptait 14 usines d’égrenage avec moteur. La production du Dahomey était de 136 tonnes, contre 60 l’année précédente, celle du Togo de 582 tonnes. L'outillage du Togo permettait une production quarantecinq fois plus importante.
Cette infériorité était due à l'insuffisance des ressources de l'A. C. C. Pour les années 1905 à 1908, c’est-à-dire pour les quatre premières années subventionnées, l'A. GC. C. avait
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touché comme subventions 221.400 francs. Pour la même période, le Comité allemand avait reçu 854.000 francs. Un pareil concours financier facilitait grandement la mise en, marche de la culture cotonnière. De plus, l’industrie textile allemande portait au ({omité colonial un intérêt moral et financier supérieur à celui de l’industrie textile française à légard de l'Association cotonnière. Enfin, alors que les Allemands trouvaient le concours des maisons établies en Afrique occidentale, il n’y avait au Dahomey aucune maison française. Tout au contraire, l'Association s'était trouvée au Dahomey en face de maisons allemandes, comme la maison Vietor, qui savaient se procurer du coton dans nos propres colonies et l'envoyer à Hambourg.
L'action de l'Association n’était pas achevée par la fondation de la Société du Coton colonial. Les agents continuaient à surveiller les champs d’expériences. Les graines lisses Togo Sea Island récemment introduites donnaient de bons résultats tant au point de vue du rendement à l’hectare que de la qualité des fibres, aussi en distribua t-on des quantités importantes aux indigènes.
Campagnes cotonnières 1911-1912 et 1912-1913. — L’A. C. C. distribua une centaine de tonnes de graines choisies à l’égrenage. Ses agents parcoururent les villages en vue d'obtenir de bonnes façons culturales et allouèrent des primes aux cultivateurs. Les expériences culturales étaient poursuivies dans les cercles de Savalou et d’Abomey, tant par l'Administration que par l'A. C. C. Elles portaient sur la détermination comparative des rendements dans les différentes natures de terrains et sur les qualités des variétés au point de vue de leur aptitude à mûrir convenablement et de la valeur de leur produit.
La Compagnie française du coton colonial établissait un courant commercial qui, espérait on, devait aller en se développant. Ainsi, elle entreprenait l'expédition de graines de coton aux huileries de Marseille.
Campagnes cotonnières de 1913 à 1922. — La production du coton était en voie de progression et il semblait que l'avenir dépendait principalement des moyens de transport.
Il fut acheté en 1913 par les diverses maisons européennes 585 tonnes de coton contre 443 en 1912. La majeure partie ne figure pas sur les statistiques d'exportation. La mobilisation ne laissa pas à l'A. C. C. un personnel suffisant pour continuer son œuvre au Dahomey.
Le soin des développements ultérieurs resta exclusivement entre les mains de l'Administration qui assura régulièrement les distributions de semences dans les centres de production. Le volume de la production s’y maintint pendant toute la durée de la guerre, mais la qualité du coton déclina et montra la nécessité de fournir aux indigènes des graines soigneusement sélectionnées. Comme dans le reste de VA. O. F., il est indispensable d'avoir des stations d’études scientifiquement organisées et des centres d'instruction pour les indigènes.
Par suite de la crise économique qui suivit la guerre, cette situation provisoire se maintint jusqu’en 1922. Depuis trois ans, l'Administration a pris énergiquement en main le développement de la culture cotonnière. Des comptoirs nouveaux se sont établis et facilitent les achats aux producteurs (1).
1, Sur la situation présente 1922-1925, voir le chapitre sur la culture sèche au Dahomey.