FIG. 6. EXPÉRIENCE D*HERRING, ASSISTANT PB M. CHANUTE
Cliché Jiol.
le cours des années 1893 et 1895, parvint ainsi k effectuer des glissades d'une grande étendue. Il partait d'une tour ou d'un monticule élevé à cet effet et en s'abandonnant à l'action de la pesanteur il obtenait une vitesse suffisante pour parcourir dans l'air une distance qui, de 15 mètres au début parvint dans la suite à dépasser plus de 100 mètres.
Lilienthal était arrivé à cette conclusion que la question de stabilité était tout dans un aéroplane et qu'il fallait la résoudre avant d'y adjoindre un moteur. Après plus de 2000 glissades de ce genre il échoua dans la dernière; ayant mal calculé son essor et l'action du vent, il fit une chute qui lui coûta la vie.
Comme le dit le capitaine Ferber dans la brochure citée précédemment : « L'Anglais Pilcher fut le premier continuateur de
Lilienthal. Les ailes ressemblaient beaucoup à celles du maître, mais son mode de départ fut tout différent. Il attelait des chevaux à une corde dont il tenait le bout, les lançait au galop et partait comme un cerf-volant.
(( Quand il se trouvait assez haut, il portait peu à peu son corps en avant, lâchait la corde, et le cerf-volant devenu aéropfane parcourait dans l'air une trajectoire analogue à celle d'un corbeau qui va se poser dans un champ.
Pilchcr fut victime de sa grande complaisance, car, le 30 septembre 1899, voulant être agréable à plusieurs personnes <]ui étaient venues de fort loin pour le voir, il fît deux essais par un temps de bourrasques pluvieuses. Au second, les spectateurs entendirent un craquement, la queue parut se briser, et Pilcher, déséquilibré, fut précipité sur le sol. Il mourut le surlendemain sans reprendre connaissance. »
C'est peu de temps après qu'en Amérique, des essais très sérieux de planement et de glissades dans l'air ont été entrepris par différents expérimentateurs, principalement sous la direction de Chanute, ingénieur de Chicago. Ce dernier, parallèlement à l'astronome Langley, s'est occupé avec succès de tout ce •qui concerne l'aéronautique. M. Chanute, qui est d'un âge avancé, fit répéter les expériences de Lilienthal par ses assistants, MM. Herfing et Avery, en se servant comme sustentateurs d'appareils à plans superposés inspirés du cerf-volant cellulaire inventé par M. Hargrave, de Sydney.
Enfin, en 1903, on commença à parler des frères Wright qui, -à Dayton (États-Unis d'Amérique), se livraient à des expériences qui ont eu un énorme retentissement. Dans leurs premiers essais, ils opéraient avec un appareil sans moteur, par la méthode <le Lilienthal; ils se lançaient d'un point élevé avec une certaine vitesse, en profitant d'un vent ascendant, et prenant la position étendue ou couchée, au lieu de se suspendre verticalement comme J'infortuné aéronaute allemand. Ils n'effectuaient ainsi que des .glissades de quelques dizaines de mètres. Mais un jour les journaux américains ont annoncé, qu'ayant muni d'un moteur de 16 chevaux leur appareil pesant 338 kilogrammes et présentant une surface de sustentation de 50 mètres avec une envergure de 12 mètres, ils avaient réussi à faire un parcours dans l'air d'environ 50 kilomètres. Si l'on ne devait pas se mettre en garde