‹ Le problème de l'aviation: sa solution par l'aéroplane; conférence faite le 16 février 1908 auChapitre 3 sur 44 · EXPOSE · texte numérisé non relu

EXPOSE

Exposé.

Maïs j'ai hîlte d'entrer en matière. Aussi bien le sujet que je vais aborder est vaste et exigerait certainement plusieurs conférences pour le traiter avec tous les développements nécessaires. Déjà, plusieurs de mes confrères en aviation, en particulier M. Tatln et le capitaine Ferber, ont commencé des cours qui comprendront plusieurs leçons. Loin de mol l'Intention de suivre leur exemple, et je resterai dans les limites d'une conférence, c'est-à-dire qu'au lieu d'un tableau poussé au fini avec le pinceau, dans les plus petits détails, je me bornerai à vous tracer, comme au crayon, une esquisse que j'essaierai de rendre assez nette pour fixer dans votre esprit la physionomie générale et les traits principaux du sujet. Cette tâche me sera singulièrement facilitée par les projections photographiques et cinématographiques des vues que je ferai dérouler devant vous, grâce à l'obligeance de M. Gaumont, toujours prêt à seconder ceux qui ont recours à cette merveilleuse invention du cinématographe, pour aider à la diffusion des progrès modernes de la science et de l'industrie.

Cependant, tout en laissant à l'écart les démonstrations purement mathématiques, ce qui serait de nature à effrayer la partie la plus charmante de mon auditoire, je chercherai par des explications très simples, mais non dépourvues d'un certain caractère technique, à faire ressortir pourquoi ce n'est qu'après des milliers de siècles que l'homme vient d'arriver seulement à résoudre un problème longtemps considéré comme une utopie. Bien qu'il s'agisse de navigation aérienne, je ne voudrais pas encourir le reproche de n'en avoir parlé qu'en l'air.

Il n'y a pas loin de cinquante ans que M. Babinet, un des premiers partisans de la locomotion aérienne par l'hélice, était regardé comme un original, sinon comme un fou, par ses collègues de TAcadémie des Sciences. Par un revirement qui est une des formes de cette justice immanente que proclamait Gambetta, non seulement nous ne repoussons plus, ainsi que le disait

M. Darboux, rérainent secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences, les communications relatives aux ballons dirigeables et aux appareils d'aviation, mais nous les accueillons volontiers, et, pour les examiner avec soin, nous avons nommé une commission spéciale. Tout ce qui touche à Taéronautique a donc reçu de la sorte une consécration officielle et celle-ci s'est accrue des encouragements du Gouvernement, représenté par le Ministre de la Guerre, qui considère les ballons dirigeables, — et il en sera bientôt de même des aéroplanes, — comme des éléments importants et même nécessaires de la défense nationale.

Coup d'œil sur les premières tentatives

de dirigeabilité des aérostats.

L'aéronautique comprend deux branches principales : d'une part, V aérostation y soit avec les ballons libres, soit avec les dirigeables, comportant l'emploi d'un gaz plus léger que l'air produisant d'après le principe d'Archimède une poussée verticale annulant l'effet de la pesanteur; et d'autre part, Yaviatioriy tiré du mot a^is oiseau, avec des appareils dits volateurs pouvant s'élever et se déplacer dans l'espace, en n'ayant recours qu'à des moyens purement mécaniques, c'est-à-dire réalisant ce qu'on appelle communément le plus lourd que l'air. Si ce problème est résolu, bien que non encore arrivé au degré de perfection désirable, c'est qu'on a réussi avant à résoudre un autre problème de mécanique, qui est la construction du moteur puissant ET LÉGER. C'est l'allégement successif des moteurs à mélange tonnant, couramment dénommés moteurs à pétrole, qui a permis d'obtenir des résultats effectifs pour la dirigeabilité des aérostats.

En 1785, deux ans après la célèbre découverte des frères Montgolfier, un lieutenant du génie du nom de Meusnier, devenu plus tard général, et tué au siège de Mayence, conçut le pre-

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