CONCLUSION
blême de Taviation à deux personnes, dont l'une est le pilote et l'autre peut être un observateur, ce qui est d'une grande importance pour les applications militaires.
M. Reichel termine le bel article qu'il a consacré au récit des expériences dont il a été l'un des acteurs en disant que l'aéroplane fournira un moyen de locomotion puissant et un sport enivrant. Pas de doute dès à présent pour le côté sportif par lequel l'aviation débute comme a débuté l'automobilisme. Les épreuves imposées par les prix créés pour les concours d'aéroplanes fourniront des indications précieuses sur le sens dans lequel il y a lieu de perfectionner les appareils. Aux conditions de durée, de distance, de vitesse, de hauteur, pourront s'ajouter d'autres conditions particulières compliquant les circuits aériens et même les semant d'obstacles à l'instar des courses de chevaux. On peut même aller jusqu'à prévoir le maintien sur place et même la marche arrière d'un aéroplane.
L'attention avec laquelle le monde militaire a suivi les progrès de l'aviation est une preuve des services que l'on peut attendre des aéroplanes en temps de guerre. Ils seront employés utilement pour pousser des reconnaissances rapides afin de surprendre la marche de l'ennemi, tandis que les dirigeables auront surtout pour mission d'explorer à de grandes hauteurs les campements et les travaux de fortifications. Pour cette destination comme pour d'autres, l'aviation et l'aérostation continueront à progresser parallèlement. Les aéronautes et les aviateurs doivent se donner la main et être des émules et non des rivaux.
Bien avant qu'on pût percevoir une solution nette du problème de la locomotion aérienne par le plus lourd que l'air, nombre d'esprits à l'imagination féconde en avaient escompté la réalisation, notamment Jules Verne, dans ses récits aventureux, le dessinateur Robida dans ses caricatures et plus récemment l'écrivain anglais Wells dans ses romans fantaisistes. Il faut signaler principalement le livre de ce dernier : Quand le dormeur s'éifeillera (traduction de Mrs Davray et Kozakiewitz), dans lequel, avec un don prophétique extraordinaire, il prédit le temps où les moyens de transport actuels seront détrônés par la locomotion avec les aéroplanes. Ne voyons pas si loin et laissons se développer concurremment tous les progrès dans ce sens pour le plus grand bien de l'humanité Les avantages
•de la nouvelle locomotion sont évidents : d'abord grande rapidité des trajets qui se feront en ligne droite, les distances se comptant efTectivement à vol d*oiseau, puis affranchissement de la poussière des routes pour les voyageurs qui respireront un air plus pur, et qui, dominant les obstacles, pourront embrasser d'un coup d'oeil tous les points de l'horizon.
Nous n'avons pas à discuter les considérations d'ordre politique, économique et social que soulèvera l'adoption du nouveau mode de transport. La principale question qui doit être envisagée aujourd'hui c'est de prévenir et même d'éviter les dangers qui pourraient résulter des voyages aériens par des appareils plus lourds que l'air et en détruiraient les avantages et les agréments. Déjà certains pessimistes tremblent à la pensée que le ciel sera sillonné d'aéroplanes passant au-dessus de leurs têtes, et se voient à chaque instant menacés d'être écrasés par une machine volante. Bien que l'étendue illimitée de l'espace rende rares les collisions, il faudra trouver le moyen de parer h leurs conséquences tragiques.
Mais pour le moment dégageons-nous de ces conjectures tout en souhaitant que les recherches des inventeurs et des constructeurs soient dirigées de manière à assurer la plus grande stabilité aux appareils d'aviation. Quand une découverte scientifique est née, l'homme doit l'accepter et se préoccuper d'en tirer profit en s'appliquant à corriger ce qu'elle peut avoir de contraire h ses besoins!
1182-08. — Couluiiiniici-s. Imii. I'adl BIIODAKD.
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