‹ Le problème de l'enseignement secondaireChapitre 3 sur 8 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

On trouvera, dans ce livre, le problème, quatre fois séculaire, de l'enseignement secondaire, posé et agité de bonne foi.

Nous ne prétendons pas en apporter la solution ; mais nous espérons avoir démontré qu'on en voit poindre une aussi satisfaisante que prochaine. Nous croyons même avoir indiqué où et comment il la faut chercher.

Elle sortira de l'évolution plénière de l'enseignement moderne.

Un enseignement secondaire pratique élevant les trois quarts de la clientèle

actuelle des lycées et collèges en une conformité plus étroite avec les nécessités modernes, désencombrant d'autant l'enseignement classique et lui permettant ainsi de remplir, avec sérénité, sa haute mission sociale, qui est surtout, quoi qu'on puisse dire là-contre, l'entraînement des facultés intellectuelles d'une élite, voilà ce qu'il faut réaliser.

Dès lors le reste du problème ne sera qu'une série de corollaires, qui recevront, suivant les circonstances de temps et de lieu, des solutions aussi aisées que variées .

Nous avons écrit la première partie de cette brochure pour aider à l'avènement de cet enseignement moderne, sur lequel nous fondions de si belles espérances et qu'il n'a pas encore trahies, à nos yeux du moins. La seconde partie nous fut dic-

vait avec le calme qui lui convient, quand un éminent publiciste vint Ja troubler/

De la meilleure foi du monde, au nom d'intérêts graves qu'il croyait engagés dans l'affaire, il pensa devoir précipiter les destinées de l'enseignement moderne et changer une évolution paisible en une révolution agressive. Il crut que l'intérêt de l'enseignement moderne lui commandait de dire pis que pendre de l'enseignement classique. Et il le dit, en conscience.

En conscience aussi, nous crûmes devoir répliquer que cette manière de plaider une cause, qui nous était chère depuis longtemps, différait de la nôtre du tout au tout, et que, à le prendre de ce biais,

[d'âme.

L'espoir changeait de camp, le combat changeait

Mais, si la lice se remplit ensuite de combattants, et des plus qualifiés, la mêlée^restait courtoise.

C'est sur ces entrefaites qu'à la distribution des prix du Concours général le Ministre crut pouvoir jeter son autorité dan^ la balance sans la fausser. Ce qui est certain, c'est que du coup il a remis, du moins dans l'Université*, les choses au point voulu. Conclusion : l'expérience continue.

C'est tout ce que nous avions voulu en ajoutant aux dissertations de naguère les controverses inévitables d'hier.

En recueillant ici les unes et les autres, nous avons espéré ensuite faciliter aux

< Voir, pour des dissidences, à coup sûr éloquentes, mais trop intransigeantes vraiment, les Études classiques et la Démocratie^ par M. Alfred Fouillée [Appendice), qui paraissent au moment même où nous mettons s«us presse.

pères de famille leur si grave devoir, qui est de choisir entre les deux enseignements, sans se laisser duper par les mirages également décevants d'un utilitarisme hâtif ou d'une vanité surannée.

Eugène Lintilhac.

Neuilly, i8 septembre 1898.

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