CHAPITRE IV HÉRÉDITÉ DES INTOXICATIONS
L'hérédité des intoxications a été beaucoup discutée à propos de l'alcool et les autres agents d'intoxication chronique. L'observation montre depuis toujours que la descendance des intoxiqués chroniques présente souvent des malformations morphologiques et des anomalies mentales. Les Américains ont fait à ce sujet de nombreuses observations qui sont cependant sujettes à caution car elles ont été vulgarisées dans un but de propagande prohibitionniste manifeste. On cite ainsi le cas d’une mendiante alcoolique qui vécut au début du siècle dernier et qui en 6 générations à laissé 800 descendants. Sur ces descendants, on a trouvé 700 délinquants, 127 prostituées, 37 condamnés à mort, etc. L’alcoolisme grave s’est transmis à 392 de ces descendants. On a même calculé que les descendants de cette seule alcoolique ont coûté aux Etats-Unis 15.000.000 dollars de frais de justice.
Des observations du même ordre sont très
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nombreuses, mais n’expliquent pas comment un état d'intoxication peut se transmettre à la descendance. On peut émettre d’ailleurs plusieurs hypothèses à ce sujet. Expérimentalement Stockard a vu dans des lignées de Cobaye soumis à l’intoxication alcoolique survenir des malformations congénitales héréditaires et restant héréditaires même lorsque l’intoxication alcoolique a cessé depuis plusieurs générations.
La première idée qui se pésente est celle d'une intoxication des éléments germinaux. Nicloux a montré que lors de l’intoxication alcoolique tous les tissus sont imprégnés par le toxique. Il a pu ainsi doser l'alcool dans le testicule, dans l'ovaire, dans le sperme, etc. L’intoxication des éléments germinaux peut donner deux résultats : soit la production d’une malformation tératologique phénotypique n'’affectant pas le patrimoine héréditaire mais qui en imposeront cependant pour une malformation innée. En effet, l'acquisition phénotypique commence dès la fécondation, dès le moment où dans l’œuf fécondé les chromosomes paternels et maternels se sont unis pour constituer le génotype. Toute influence que subit le fœtus à partir de ce moment là est une influence génotypique qui ne peut donner qu’une somation.
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Il est cependant également possible que le poison affectant d’une façon répétés ou permanente les éléments germinaux y détermine des altérations chromosomiques qui seront alors de véritables mutations et influenceront désormais toute la descendance.
L'hérédité d’une intoxication telle que l’alcoolisme ou les véritables toxicomanies peut s’expliquer par une hérédité de prédisposition. Une certaine instabilité psychique jointe à une faiblesse de la volonté constituent des facteurs de prédisposition qui jouent dès que l’occasion se présente.
En somme, on ne peut guère parler d’hérédité des intoxications dans le sens mendélien du terme. Les toxiques peuvent donner naissance à des altérations des éléments germinaux (blastotoxie) qui peuvent être la cause d’une mutation d'emblée héréditaire ou bien peuvent agir d’une façon plus superficielle mais suffisante pour donner une malformation phénotypique non héréditaire mais congénitale. Il peut parfois s’agir également d’une hérédité de prédisposition.
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