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mérite d’être souligné. Avant 1914, l’émigration mobilisait en Pologne un effectif annuel, s’élevant à la moitié de l'accroissement naturel de la population. Pendant la période décennale 1919-1928, le total net d’émigrants golonais n’atteint même pas un cinquième de l’accroissement naturel.
La situation est bien nette. La Pologne ne peut plus déverser à l'extérieur le trop plein de ses habitants, tout au moins dans la mesure que commande la vitesse du mouvement naturel de sa population (14). Surpeuplée, elle doit chercher en elle-même le moyen d’atténuer le malaise qui l’opprime. Comment trouver le remède ?
Une chose est incontestable: dans le cas de la Pologne l’état stationnaire signifie la crise démographique. Pour arriver à conjurer cette crise imminente elle doit s’efforcer de créer tout un ensemble de conditions, permettant d'occuper utilement, à l’intérieur du pays, sa population rapidement croissante. Là est le nœud d’un problème de toute première importance. Si la Pologne parvient à le résoudre, si elle arrive à coordonner son progrès économique avec le rythme du mouvement naturel de la population, — l’essor de ses forces productives, assurant un niveau plus élevé de la prospérité économique, lui permettra de jouer un rôle actif dans les échanges internationaux. Dans le cas contraire, les conséquences inévitables du surpeuplement qui se manifeste
(14) A la date du 1” janvier 1923, c’est-à-dire au moment où le rapatriement des réfugiés de guerre est presque terminé, la population de la Pologne se chiffre par 27.941.000. Sept ans après — au 1* janvier 1930 elle atteint le niveau de 30.737.000. Aïnsi, la population de {a Pologne accuse, durant cette période, une augmentation globale de 2.796.000, ce qui correspond à une moyenne annuelle de ca. 400.000 unités.
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en Pologne iraient en s’accentuant et l'équilibre social du pays serait gravement compromis.
Pour parer à ce danger il n’existe qu’un moyen efficace: une augmentation de la somme du travail que fournit, annuellement, la nation rapidement croissante (15). Il y à donc lieu de se demander, quelles sont les possibilités d'emploi qui s'offrent au travail de l’homme en Pologne. En d’autres termes, on arrive à se demander, quels sont les principaux terrains de l’activité économique, susceptibles d’absorber le surcroît de la maind'œuvre en surabondance.
(15) « Le travail annuel de chaque nation est le fonds primitif qui la fournit de tous les objets nécessaires et utiles à la vie, qu’elle consomme chaque année, et qui consistent toujours soit dans le produit immédiat du travail, soit dans ce que l’on achète avec ce produit aux autres nations » (Adam Smith. Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, t. I, liv. I, ch. I).