‹ Le Problème de l'Indépendance Économique de la PologneChapitre 27 sur 31 · RAGE PAPE BE ADR TERRE · texte numérisé non relu

RAGE PAPE BE ADR TERRE

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Remarque : Les chiffres ci-dessus comprennent aussi la consommation propre des mines.

Pendant la même période les exportations du charbon polonais, freinées par les difficultés, que nous avons signalées plus haut, obéissent à des mouvements oscillatoires d’un faible écart et tendent à se stabiliser aux environs de 12-14.000.000 de tonnes par an. La confrontation de ces faits nous amène à conclure que, seul, un accroissement rapide de la consommation intérieure, stimulé par l’essor de l’industrie, à permis à la Pologne de développer sa production du charbon au-dessus du niveau d’avant-guerre: cette production, en effet, à atteint, en 1929, 46 millions de tonnes (en chiffres ronds), ce qui représente une augmentation de 12 % par rap-

(42) Les chiffres, relatifs à la consommation intérieure du charbon en Pologne nous ont été gracieusement fournis fpar la Section des Mines au Ministère de l’industrie et du commerce.

port aux moyennes d’avant-guerre (41 millions de tonnes en 1913).

Cet exemple nous fait voir, à quel point la Pologne, sans exercer une pression accrue sur le marché international, a su élever le degré d’utilisation économique de ses réserves houillères. Il prouve, d’autre part, que l’abondance de ces richesses minières à exercé une action favorable sur le développement de l’industrie polonaïise, qui, à son tour, a contribué à une meilleure mise en valeur des ressources naîürelles du pays.

Le bois, à côté du charbon, appartient au nombre des matières premières qui offrent, en Pologne, les plus larges possibilités potentielles. Les forêts, couvrant environ 22 % de la superficie totale de la République polonaise, abondent en espèces qui se prêtent à des usages industriels multiples. Le pin et le chêne polonais présentent de remarquables qualités comme bois de construction. Le sapin et l’épicéa fournissent une matière première précieuse qui est à la base de la fabrication de la cellulose et du papier. L’aune, espèce rare en Europe, se prête admirablement à la fabrication du bois contreplaqué.

L'industrie, possédant des réserves abondantes de ces matières premières, ne put cependant prendre Son essor

sous la domination des Etats copartageants: les conditions politiques et économiques se mirent en travers de son développement.

L'action de ces conditions défavorables s'affirme avec la plus grande netteté dans les provinces, soumises à la domination de la Russie. La politique du gouvernement russe, orientée vers l’exportation des matières premières, s’exerçait au détriment des industries de trans-

formation. Cette orientation de la politique économique russe à été accentuée davantage à la suite de la conclusion du traité de commerce avec l'Allemagne. Ce traité, signé en 1904, au lendemain de la guerre perdue avec le Japon, a été qualifié avec raison de « capitulation économique ). Par un aménagement approprié des tarifs douaniers et ferroviaires, il désarmait la Russie en face de l'expansion allemande qui s’assurait, dans le cadre du traité, la faculté de puiser largement aux matières premières de la Russie, et en premier lieu, à ses réserves de bois. La frontière douanière supprimée, (les droits de sortie sur le bois brut ayant été abaissés par la Russie à un niveau voisin de zéro) — on vit s’établir, sur une large échelle, un courant d’exportation de bois brut. |

La situation qui en résulte semble paradoxale. Les forêts de l’ancienne Pologne russe (et surtout de ses confins orientaux) alimentent les centres industriels en Allemagne qui se développent à une vive allure dans le voisinage de la frontière russe. Par contre, l’industrie indigène, bien que située à la source même des matières premières, gagne péniblement du terrain. Aïnsi la statistique industrielle russe de 1896 n’enregistre, sur tout le territoire des quatre voïévodies orientales de la Pologne actuelle, que 114 établissements industriels pour la transformation mécanique du bois.

En Petite Pologne (Galicie) à la faveur des conditions plus propices, l’industrie du bois accuse de plus grands progrès (le nombre d’établissements s’élève à 621 en 1892). Mais c’est dans les provinces polonaises échues à la Prusse (les plus pauvres en forêts), que cette

industrie, alimentée par les importations du bois brut, réalise la plus grande vitesse de développement (43).

L'examen des faits, que nous venons de signaler, nous amène à conclure que les conditions d’avant-guerre ont détourné l’industrie du bois en Pologne de sa voie d’évolution normale. Cette industrie, en effet, a pris une extension plus large dans des régions relativement pauvres en forêts (Poméranie polonaise), tandis que les provinces orientales de la Pologne, qui forment un vaste réservoir de bois, ne sont parvenues à créer une industrie de plus grande envergure.

Dans ce domaine aussi, le rétablissement de l’Etat indépendant n’a pas manqué d’exercer son action sur l’évolution de la vie économique du pays. A la faveur d’une situation absolument nouvelle, l’industrie du bois se développe dans toutes les directions principales, que lui indiquent les ressources naturelles variées, dont elle dispose. Les résultats qu’elle obtient au cours d’une période de dix années sont très sérieux. Comme symptôme particulièrement favorable à cet égard, il convient de signaler la création de nombreux établissements industriels dans les confins de l’est, négligés avant la guerre. Le nombre d'établissements en activité, enregistré en 1928 dans cette partie du pays, atteint 250, ce qui représente plus du double du chiffre d’avant-guerre. L’industrie, désormais libre de ses mouvements, tend à se rapprocher des sources d’approvisionnement en matières premières.

(43) Nous avons puisé ces faits dans le rapport de la Commission d’'Enquête qui a été appelée, en 1927, à examiner les conditions du développement économique de la Pologne. Cf. Sprawozdanie Komisji Ankietowej (Rapport de la Commission d'Enquête), Varsovie 1928, v. VI, pp. 7-26.

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Par suite de son développement rapide, l’industrie du bois arrive à jouer, dans l’économie polonaise, un rôle de toute première importance. Le rang qu’elle y occupe peut être défini autant par le nombre total des établissements industriels (environ 1.700 unités), que par la force de l'effectif ouvrier, qui atteint 50.000.

Ce sont les scieries mécaniques qui forment la branche principale de l’industrie du bois en Pologne. Leur nombre total, considérablement accrû par rapport à la période d’avant-guerre, dépasse, en 1928, 1.600. La capacité de production de ces établissements industriels a été estimée à environ 11.500.000 mètres cubes de bois brut. La production effective (exprimée de la même manière) s'élève en 1928 — année de bonne conjoncture — à 7.350.000 mètres cubes, dont 4.550.000 (soit 62 %) ont été écoulés sur le marché intérieur et 2.800.000 (38 %) — exportés à l’étranger. :

Parmi les autres branches, il convient de signaler l’industrie du bois contre-plaqué qui constitue à nos yeux une acquisition importante. C’est une création nouvelle : elle n’existait pas en Pologne avant la guerre. Cette industrie à l’avantage appréciable, que lui offrent les réserves considérables de la meilleure matière première qui soit: le bois d’aune. Elle possède aujourd’hui un outillage technique moderne, lui permettant d’assurer la transformation industrielle de la quantité totale du bois d’aune, dont l’offre normale sur le marché est 6valuée, en moyenne, à 300.000 mètres cubes par an.

Point n’est besoin d’ajouter que, parallèlement au développement de l’industrie de transformation mécanique du bois, on voit diminuer les exportations du bois brut. Cette matière première est de plus en plus largement

utilisée dans le pays même aux fins de transformation industrielle. Ce processus absorbe des quantités croissantes de la main-d'œuvre. Ainsi, à la suite de l’évolution économique qui s’accomplit dans ce domaine, on y voit s’opérer une synthèse des éléments constitutifs de la richesse nationale: l’élément homme s'allie à lélément nature. |

La transformation mécanique du bois est loin d’épuiser les possibilités latentes que recèle le bois en tant que matière première: il forme la base naturelle d’autres industries, en premier lieu de l’industrie du pavier et de la cellulose.

Ces industries, elles aussi, eurent à subir les contrecoups des conditions historiques défavorables. Leur situation dans la période d’avant-guerre offre un tableau d'ensemble particulièrement intéressant. On y voit que les établissements industriels, peu nombreux, qui existaient dans les limites actuelles de la Pologne, ne mettaient en valeur qu’une partie relativement petite de la matière disponible. De larges quantités de bois brut, servant à la fabrication de la cellulose et du papier, s’évadaient à l’étranger pour y alimenter la production industrielle croissante. “

Après la guerre nous avons à enregistrer dans ve domaine le développement notable de l’industrie polonaise. Ce phénomène apparaît nettement à la lumière des chiffres ci-dessous, qui permettent de comparer l’état de l’industrie du papier en 1918 et en 1928 (44).

(44) Ces chiffres sont basés sur les données statistiques de l’Union des Papeteries en Pologne.

nombre d’usines ..... Re CE 20 26 nombre de machines à papier ....... 33 49 production du papier (en tonnes) :.. 58.000 118.000 valeur de la production (en millions de

CAIOLYS) NU NA ER RSS ARRETE 56 115

Sur la base de ces chiffres on pourrait dresser le bilan des efforts, accomplis dans ce domaine au cours de la première décade de la Pologne indépendante. Pour compléter le tableau qu’ils forment, il convient de signaler les progrès, réalisés dans la voie de la rationalisation. L'industrie du papier renouvelle son outillage et perfectionne ses méthodes de travail, pour pouvoir adapter sa production accrûe aux exigences du marché intérieur, dont la demande du papier augmente parallèlement à la diffusion de l'instruction publique dans les masses populaires.

L'industrie de la cellulose, dont la production à également dépassé le niveau d’avant-guerre, est encore bien loin d’avoir mis à profit les possibilités, que lui assure l'abondance de la matière première. Malgré une extension quantitative assez notable, au point de vue qualitatif la production nationale n’est pas à même de satisfaire les besoins plus raffinés du marché intérieur. La cellulose pour la fabrication de la soie artificielle, la cellulose très blanche et très dure (employée pour la fabrication des papiers de hautes qualités) est toujours importée de Tchécoslovaquie, de Suède et de l’Allemagne, qui importe, elle, de larges quantités de la matière première d’origine polonaise.

Avant de conclure, comparons les quantités du bois,

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