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communs du monde » en poursuivant « un idéal imaginaire d'intérêt national » (8).
Interprêter d’une telle manière les tendances constructives, que manifeste la Pologne restaurée, c’est méconnaître la situation réelle qui détermine son rôle dans l’économie mondiale. à
Dans les conditions infiniment complexes de la vie moderne les besoins croissants de l’homme, produit d’une civilisation en marche, sont beaucoup trop variés pour pouvoir trouver leur satisfaction à l’intérieur d’une économie nationale fermée, fût-elle le plus richement dotée par la nature (Etats-Unis). La loi rigoureuse de la division internationale du travail s'impose à toutes les nations comme une nécessité impérieuse. Vouloir s’y soustraire ce serait renoncer à la satisfaction des besoins dont dépend la vie normale.
Dans le cas spécial de la Pologne ce serait aussi renoncer à tout progrès économique. Attardée dans la voie de son évolution, elle manque de nombreux éléments, absolument indispensables à un développement harmonieux de tout organisme social. Pays à prépondérance marquée de la production agricole, c’est à peine si elle arrive à faire face aux besoins alimentaires de sa population. Certaines matières premières — et des plus fondamentales (le coton, la laïne, le cuivre) lui font défaut. Il en est de même de catégories importantes de produits finis (machines, outils, etc.) qu’elle
(8) On trouvera cette accusation, exprimée avec une grande netteté dans le document, connu sous le nom de Manifeste des banquiers internationaux, qui dénonçait la tendance à l’industrialisation de ce qu’on appelle, à tort, « pays nouveaux » (Dans ce cas il s’agissait de la Pologne et de la Tchécoslovaquie).
En Ne Peur
doit faire venir de l’étranger pour compléter et perfectionner son outillage économique défectueux.
- Voici les faits. La conclusion qui s’en dégage est bien nette. Qui dit: autarkie, dit stagnation, voire même: régression. (Dans un siècle de civilisation dynamique qui imprime à toutes les nations un mouvement progressif rapide — celle qui n’avance pas, recule).
Toute autre est la signification que nous donnons à la notion : indépendance économique. Mieux adaptée aux conditions réelles que comporte la situation d’un pays comme la Pologne, elle ne fait que traduire la tendance au développement harmonieux de ses forces productives.
Aspirer à l’indépendance économique c’est vouloir créer, par une mise en valeur rationnelle des ressources disponibles, de nouveaux emplois, susceptibles d’absorber la main-d'œuvre oïsive, c’est — pour employer le mot de Paul Cauwès — « provoquer utilement la puissance de dilatation du travail national ».
La nation la plus indépendante, au point de vue économique, n’est pas celle qui vit d’un seul genre de travail, qui n’a qu’un seul type de marchandise à fournir. La nation que l’on considère comme la plus indépendante, est celle qui a les sources les plus variées de revenus. Plus elle à de sources de revenus, plus elle sent son indépendance (9).
‘On pourrait ajouter: plus elle en a de sources, plus élevé sera son revenu social, et partant, plus grand le pouvoir d'achat qu’elle représente. La mise en valeur de ses forces productives, créatrices des valeurs d'échange, lui permettra d'augmenter les achats qu'elle
(9) C£. Rist, Cours écrit d'Economie politique, Paris 1925-26, p. 249 68. |