‹ Le Problème de l'Iode: Contribution à l'étude de nouvelles méthodes industrielles d'extraction de l'iode des algues marinesChapitre 6 sur 35 · OS 1 A · texte numérisé non relu

OS 1 A

D’après À. Guutier, l'eau de la Méditerrannée enrenfermerait? milligr. 25 par litre alorsque l’eau de l’Océan en renfermerait 2 mill. 2%

En Europe et au Japon on extrait l’iode des cendres de végétaux marins. Au Chili et at Pérou, on le retire des eaux-mères de la fabrication du salpètre.

Historique et Etat actuel de l'industrie

de l'iode dans le Monde

L'iode a été décelé, pour la première fois, daus les algues marines, en 1812, par Courtois, salpétrier à Paris.

Ce dernier utilisait, pour les besoins deson industrie les soudes provenant de la combustion en fosse des végétaux marins. Il avait depuis longtemps remarqué que les récipients de cuivre employés dans le traitement des lessives obtenues de ces salins, se corrodaient rapidement sans raison. apparente.

Au cours de patientes recherches que lui avait suggéré cette observation, il réussit à capter de belles vapeurs violettes qui se conidensaient sur une paroi froide en lamelles brillantes analogues à la galène ou à l'ardoise.

Courtois qui consacrait tout son temps à la direction de son usine confia à son collaborateur et

ami, Clément, le soin de faire connaître sa découverte à l’Académie des Sciences.

Ce dernier le fit de façon magistrale au cours de la séance de l’Institut du 29 novembre 1812, en même temys qu'il annonça que Gay--Lussac allait lui-même poursuivre l’étude de ce nouveau corps.

C’est ce chimiste, en effet, qui signala le premier la nature simple de l’iode et ses analogies avec le chlore. Ilexposa ses recherches dans un remarquable mémoire demeuré classique, paru dans les annales de Chimie de 1814.

L’illustre chimiste Anglais Davy qui traversait le territoire français pour se rendre en Italie, grâce à une autorisation spéciale de l'Empereur, avait reçu d'Ampère lui-même une petite quantité de la nréeieuse substance, il prolongea son séjour à Paris pour en poursuivre l'étude.

Gay Lussac donna à ce nouveau corps le nom d’iode du mot grec iodès — violet, en raison des vapeurs violettes qu’il émet lorsqu'on le chauffe.

Parmi: les chimistes qui, à cette époque, ont apporté une contribution importante à l’étude chimique et physique de l’iode, il convient de citer: Ampère, Chaptal, Gauthier de Claubry et Cotin (on doit àces deux savants la découverte de l’iodure d'amidon), Vauquelin et Frémy, ce dernier pharmacien à Versailles.

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Pendant quelques années, les emplois de l’iode ‘ne dépassèrent guère les limites des laboratoires, et ce n’est qu’en 1820 qu’un médecin de Genève, Cohendet,en étudia les applications thérapeutiques avec la collaboration du jeune chimiste Dumas, qui, à dix neuf ans dirigeait déjà, avec une rare compétence le laboratoire de la pharmacie Le Royer de Genève. |

Cohendet signala le premier l’action remarquable del’iode sur le goître.

Sur les conseils de Dumas, il empioyait l'iode, soit sous forme de teinture alcoolique, d’iodure de potassium, ou même de solutions iodo-iodurée.

L’iode venait ainsi de faire une brillante entréé dans la thérapeutique, et il devait y acquérir une importance de plus en plus considérable. |

Quelques années plus tard, en 1831, Daaguerre, étudiant avec son collaborateur Nrepce, l’action de la lumière sur une lame d’argent préalablement exposée aux vapeurs d’iode dans une pièce obscure, découvrait les premiers principes d’un art nouveau, la photographie, qui allait bientôt révolutionner le monde.

L'industrie de l’iode s’est constituée en France entre 1825 et 1830. Dès 1825, en effet, Tissier en avait jeté les bases à Cherbourg. En 1829, il fonda avec son associé Guilhem, au Conquet, près de Brest, l’usine qui fonctionne encore aujourd’hui,

En 1835, Delaunay et Villedieu fondaient. à

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leur tour la société des usines de Cherbourg et de Tourlaville, avec la collaboration technique de Couturier inventeur d’un procédé d'extraction simultanée de l’iode et du brôme des lessives de cendres. de plantes marines, procédé qui est toujours à la base de cette importante industrie.

- Les usines de Cherbourg et dé Tourlaville uti-

lisaient 3000 tonnes de soude de varech et produisaient annuellement 3.500 à 4.000 kilos d’iode, quelques centaines de kilos de brôme alors sans -utilisation, du chlorure de sodium, du chlorure de potassium et du sulfate de potasse.

Dans le but de favoriser cette industrie naissante et qui semblait offrir de larges perspectives d'avenir, la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale créa, sur l'initiative de Peligot, un prix destiné à récompenser une découverte permettant une plus large utilisation de l’iode, la consommation française atteignant à peine, à cette épo-que, 5.000 kilos.

Un pharmacien d'Amiens, Bor, répondit seul à cet appel et présenta à la Société un mémoire dans lequel il préconisait l'emploi des iodures de plomb: et de mercure dans la teinture et l’impression des étoffes, en raison de leurs vives couleurs, mais le peu de solidité des teintes obtenues et surtout leur prix de revient, en rendaient l’utilisation impossible. Le mémoire de Bor ne fut pas pris en considération et la récompense ne fut pas décernée.

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| En 1873, sept usines pour la production de ” V'iode fonctionnaient sur les côtes de la Manche et de l'Océan, elles étaient situées à Cherbourg;Granville, Portsall, Montsarrac, Quatrevents, Le Conquet, Pont-l’Abbé. Elles traitaient globalement 24.000 tonnes de salins de varechs et leur production totale se décomposait ainsi : 60.000 kilos d’iode et iodures divers,2.500 kilos de brôme et de bromures, 2.380 tonnes de’ chlorure de sodium, - 4.200 tonnes de chlorure de potassium, 540 tonnes de sulfate de potasse, 4.200 tonnesde nitrate dé potasse. ru

L’Industrie de l’iode avait pris en Angleterre et en Ecosse le même développement qu’en France,et vers 1875 la production anglaise corresppondaït sensiblement à la production françaîse, 65 tonnes, dont 35 étaient produites par la seule usine ne . son de Glasgow.

Gette Industrie locale procura rar de nombreuses années de beaux bénéfices à ses propriétaires.En France,elle assurait l’existence à une dizaine de milliers de personnes occupées à la récolte du goëmon et à la fabrication de la soude.

Mais l’apparition sur le marché des sels de potasse des salins de betteraves, et un peu plus tard, des potasses et du brôme des sels de déblaï (abraumsalz) des mines de Stassfurt, amena un affaissement subit des prix de ces sous-produits de l’industrie de l’iode.

EN Sg

Le chlorure de potassium tomba de 60 frs à

. A5frs les 100 kilos, ‘le brôme passa de 60 frs le .

kilo. à 5 frs. La plupart des usines bretonnes, mal outillées, manquant de technique furent sérieusement atteintes. Fu

Un coup plus rude devait cependant leur être porté quelques années plus tard par l’exploitation régulière de l’iode des nitrates naturels du Chili.

La présence de ce‘métalloïde. dans les caliches du Chili avait été signalée par Lambert dès 1842. Mais c’est Jacquelin, préparateur de Dumas à l'Ecole Centrale, qui, en 1855, attira l’attention des industriels sur cette importante source d’iode.

Gependant, ce n’est qu’en 1869 que l’iode chilien fit son apparition sur les marchés d'Europe, par un premier envoi de 3.000 kgs provenant dela société nitratière l’Alianza de Tarapaca qui l'avait

extrait des eaux mères de la fabrication du nitrate

par un procédé dû au chimiste français Thiercelin. Ge n’est en réalité qu'en 1875 que l’iode chilien vint concurrencer régulièrement l’iode anglais et frarçais. Au cours de cette même année, le Chilien exporta 35 tonnes, la production anglaise et française tomba de ce fait à moins de 5 tonnes par an. Depuis cette époque le Chili est devenu le plus grand producteur d’iode du monde. :

Voici quelques-uns des chiffres de la production chilienne depuis 1875 : WE LS TD SEEN 36.000 kilos

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