‹ Le problème de la conscience du moiChapitre 15 sur 42 · SENSATIONS ET IDÉES · texte numérisé non relu

SENSATIONS ET IDÉES

M, Francis Gallon, afin d'obtenir des types vrainaenl représentatifs, a inventé la méthode des portraits composites ; c'est-à-dire qu"îl a photographié une certaine classe de personnes sur la même plaque sensible, réduisant les différentes figures à la même dimension et les posant les unes sur les autres, de façon à ce que leurs yeu\ tombent sur la même ligne horizontale et leurs nez sur la même ligne verticale. On sait que les résultats obtenus sont tout à fait remarquables. Ils mettent en évidence tous les traits qui s'harmonisent les uns avec les autres et ne laissent qu'un pâle reflet des particularités individuelles. Il y a tant de traits communs dans tontes les figures que le portrait formé de si nombreux éléments est loin d'être une bavochure, il a tout à fait l'apparence d'une composition idéale. Supposons, maintenant, que la plaque sensible soit vraiment douée de sensibilité, nous aurions là, dans ce cas, un exemple analogue à ce qui existe, en réalité, dans les cerveaux des êtres i sentants. Des impressions similaires se produisent à travers les différents organes des sens et sont

•«aregislrées par les divers centres respectifs du sensorimn. Les impressions du môme genre, enre-

I gistrées par le cerveau, ne se produisent pas l'une â côté de l'autre ; ce ne sont pas des images indé-

j pendantes associées entre elles ; elles sont placées l'une sur l'autre, formant ensemble une nouvelle

' image dans la mémoire, c'est-à-dire une forme composite ou une image idéale de tous les objets

] du même ^enre qm ont été soumis â l'observa-

j lion. Ces formes de la mémoire, nées d'impressions successives des sens, acquièrent une signi-

1 Ëcalion et Gnissent par représenter les objets divers du monde environnant. Comme tels, c'està-dire , comme images composites et signifîca-

j tives de sentiments vivants, elles forment les

I éléments de la vie de l'ûme.

Il a pu arriver â tout individu de se trouver intrigué par la vue d'un objet dont il n'était pas à même de déterminer le caractère. Nous voyons quelque chose et nous ne savons pas ce que c est. Les contours sont peut-être nels, les couleurs sont distinctes, et cependant nous ne pouvons deviner ce que ce peut être.

Que nous enseigne ce phénomène psychique ?

Il prouve que l'impression des sens et la sensation sont deuA choses tout à fait différentes. L'impression des sens peut être parfaite, sans cependant provoquer nécessairement une sensation. Une sensation n'est effectuée que si l'impression des sens est transmise aux empreintes de fa mémoire du même genre, afin de pouvoir recevoir une certaine interprétation et de pouvoir Mre idenliBée avec des impressions antérieures ■|unême genre cl Atre reconnue comme étant tel Hîel objet.

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118 LE PROIILÉMC Dli LA COSSCIKNCE DU MOI

Ce qu'on appelle ceDlre cérébral de la ■visio n'est que l'endroit où le» souvenirs composit des impressions de la vue sonl contenus. Un êl dont le centre de la vision a été détruit, a peu la ressource des impressions qu'il recevait par i( yeux. II est atteint de cécité mentale et devîei iveitg/e d'âme ou seeien-èlind, comme disent 1 lavants allemands. De même, ce qu'on appelle 'centre de l'ouïe n'est que l'endroit oii les souv ■'nirs composites des impressions auditives s( contenues ; aussi une créature dont le centre l'ouïe est détruit ne peut-elle plus reconnaître I sons, elle est atteinte de surdité mentale ou seelei laub. Il en est de raôrae de tons les différen centres de la vie de l'âme.

Le professeur Gollz a réussi à faire vivre \ chien dont on avait entièrement enlevé les dei hémisphères cérébraux. Tandis que tous les autr< organes, particulièrement ceux des sens, étaîei en parfait état, il avait perdu toutes les en preintes de la mémoire et, avec elles, les imagi composites Formées par les expériencesanlérieure fil était complètement idiot, une créature sans âm capable encore de recevoir les impressions d sens, par l'intermédiaire des organes des sens mais toutes les diverses impressions restaien pour lui, sans signification.

Les sensations forment la base de la vie 'àrae; mais, dans le cours de révolution, irdre plus élevé de vie spirituelle se dévelopi "" que différents sons sont employés pour c er certaines images composites. Ces soi iboles créent une nouvelle sphère de vie me:

avec des possibilités plus élevées. Les soi lymboles, doués de signification, sont appelé

f el le mécanisme des mots ou 1 t crée le domaine de la pensée ralionneUe, Jt le plus haut degré de perfection est nommé ice.

, quelle chose merveilleuse que ces sensa- Ès et ces idées, ces senliraents doués de sîgaiîation ! Chaque sensation el aussi chaque idée possède une individualité propre. Les idées naissent et se développent, elles se déplacent et s'adaptent à de nouveaux milieux ; elles luttent entre elles; quelques-unes sont victorieuses, d'autres succomoent, les unes disparaissent, les autres survivent. Celles qui survivent subissent des moditications, en s'assimilant entre elles. Les unes sont puiasantes, les autres sont faibles, quelques-unes s'arrogent une véritable autorité sur leurs compagnes. Les idées sont de véritables êtres vivants; elles sont, pour ainsi dire, les citoyennes de cette merveilleuse république qui s'appelle Vdme.

Nous pouvons comparer les idées, sans nous égarer et nous jeter dans la fantaisie, à des

Sersonnes réelles. Au reste, l'idée que nous avons es personnes n'est, après tout, que l'image la plus appropriée que nous ayons, pour caractériser leur être. Pensez à ce que sont les idées morales, les divers idéals, les sentiments religieux! Ils pénètrent les âmes des hommes et s'emparent de leur existence tout entière, souvent en dépit de leur propre volonté. Quelle profonde vérité est renfermée dans le dogme de la résurrection ! Jésus le crucifié est rôelleroentressuscitédes morts. On a fait des recherches historiques pour savoir si l'apparition du Christ & ses apôtres , suivant les évangiles , n'était pas une simple hallucination ; la possibilité de sa

résurrection corporelle a été niée. 11 est vrai, trop vrai, que les cadavres ne peuvent revivre. Mais qu'est-ce que cela? Qu'importe ce que devient le corps, en face de cette vérité que Tâme possède la vie immortelle ! Christ est réellement vivant et présent parmi les hommes, et son esprit a été et est encore le pouvoir dominant dans révolution de l'humanité. Ce qu'on appelle le dogmatiste ainsi que son adversaire le soi-disant incrédule s'imaginent que le Christianisme sera une supercherie, s'il n'est pas prouvé que le cadavre de Jésus est revenu à la vie. La conception de l'orthodoxe et celle de l'incrédule sont toutes deux matérialistes ; toutes deux dédaignent la réalité et l'importance de la vie de l'âme. Hommes de petite foi et de peu de jugement!

C'est une notion païenne que de bâtir une religion sur la résurrection des cadavres ! La vraie religion est basée sur l'immortalité de l'âme et l'immortalité de l'âme n'est pas une simple phrase, une allégorie vide de sens, une erreur, une supercherie ; c'est un fait, qu'on peut prouver par la science, c'est une réalité, sans laquelle il ne pourrait y avoir ni vie de l'âme, ni évolution. C'est la pierre angulaire de la religion et la condition même de la vie morale.

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