‹ Le problème de la conscience du moiChapitre 20 sur 42 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

On confond souvent la conscience et Tintelligence et plusieurs physiologistes regardent le siège de Tintelligence comme le siège de la conscience. La conscience et l'intelligence, cependant, sont radicalement différentes.

Dans des conditions normales, la conscience et l'intelligence travaillent souvent, mais non toujours, ensemble. D'un côté, il ne peut y avoir d'états de conscience sans un travail mental quelconque; d'un autre côté, il y a des impressions des sens, des mouvements ou fonctions intellectuelles qui ne sont pas accompagnés de conscience. Par conséquent, la conscience est un élément complémentaire qui accompagne ou n'accompagne pas certaines opérations mentales.

Les expérimentations de la psychologie physiologique prouvent que le travail cérébral inconscient est plus rapide que le travail cérébral conscient. L'activité mentale, lorsque son action, comme un simple mouvement réflexe, se fait sentir automatiquement, descend et traverse certaines fibres nerveuses qui, pendant leur passage à travers la capsule interne, n'entrent pas dans

le corps strié '. Il est cerlain atie quelques-un de ces ûbres pénètrent dans le thalamus, d'où elles descendent jusqu'aux racines antérieures de la moelle allongée, mais l'activité mentale qui est accompagnée de conscience doit prendre un chemin détourné. Elle a besoin de plus de temps et il nous est permis de conclure que le mécanisme de son action est plus compliqué.

OnsaîtquB le siège de l'intelligence est la substance corticale des hémisphères. L'intelligence, au sens physiologique, est un grand trésor d'empreintes delamémoireintimement reliées dansleurs rapports les unes avec les autres et systématisées. L'action de ces empreintes de la mémoire les unes sur les autres n'est pas toujours consciente. De longs enchaînements de raisonnements logiques peuvent se dérouler sans qu'il y ait conscience. Souvent aussi nous exécutons inconsciemment les mouvements les plus complexes, qui expriment l'intelligence dans la mesure où ils s'adaptent aux circonstances spéciales. Lorsque nous sautons, si nous en avons la moindre habitude, nos yeu\ mesurent exactement n'importe quelle distance et le mouvement de nos membres s'adaptera parfaitement aux circonstances : de même le mathématicien concentre son activité mentale consciente sur le problème qui est devant lui ; il exécute les fonctions subsidiaires des opérations mathématiques les plus élémentaires, sans leur accorder consfiemment aucune attention, il additionne, soustrait, multiplie et divise par routine. Ces opérations mentales ne pénètrent que rarement dans la conscience. La mémoire des mots a indubitable-

(1) Voir le diagramme de Ueyoert, p. UU,

tE pkoblSme de la CONSCIESCB DC UfH

jient son siège dans la substance corticale efl Eependant, il y a bien des occasions où le din Trours coule avec une aisance inconsciente â^ fevres de l'orateur. Nous voyons des cas sii jftires d'activité mentale inconsciente dans toul portes d'exercices g-ymnasliques, dans le jeu ( pianistes et dans mille autres occasions. En éci tant, un auteur met toul naturellement l'ortï jraphe sans en être conscient ; la juste ortha |raphe du mot n'a pas son siège dans les doigta toais est enregistrée quelque part dans le cerveM évidemment toute pensée consciente est loq (ours pénétrée de l'activité de rintellîgeuce ïd îonscienle, entrelacée avec elle et, pour ainfl lire, portée sur ses ailes.

; La conscience est le foyer des sentiments elsj Ibnction consiste à coordonner, centraliser i intensifier ces sentiments. Un seul sentimeij Bsolé n'a point d'existence positive; il ne prend unâ réalité que lorsqu'il rencontre un autre sentimeis |)ar lequel il est perçu. Ainsi les sentiments id ibles que dans les organismes où Iq Sentiments sont organisés ou systématisés ~ Lelle sorte que les impressions des sens se ra^ Portent à des impressions antérieures. L'organ ttes sentiments systématisés s'appelle syalèm [ nerveux.

ms qu'une impression des sens ait ë|| ■faite sur un organisme sentant, vide de souv<

c'est-à-dire sur un organisme qui Ramais encore reçu d'impressions antérieures dd nens. Ce sentiment isolé (si nous pouvons appdj Her sentiment une impression des sens isolée) eif jirès différent des sentiments postérieurs ; car sol |écbelle de conscience n'est pas seulement tri

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