RÔLE DE LA VIRULENCE MICROBIENNE
L’atténuation de la virulence du bacille de Koch apparaît à l’heure actuelle comme le facteur le plus favorable à la guérison de la méningite tuberculeuse.
Pour reconnaître la nature tuberculeuse d’un processus méningé, il ne faut pas se contenter de l’examen direct du liquide céphalo-rachidien ou des lé-
sions de tuberculose expérimentale provoquées par
AUS pes l’inoculation au cobaye. On a montré que l’inoculation peut être très positive malgré le résultat négatif d'examens directs les plus minutieux. Les travaux des bactériologistes ont montré que la virulence du bacille de Koch subit des variations importantes et l’évolution des méningites tuberculeuses semble dépendre précisément du degré de cette virulence. Elle doit être mise en évidence, non seulement par l’inoculation du liquide céphalo-rachidien au cobaye, mais encore par des ensemencements sur le milieu de Lœwenstein. Albert Chapuy de ces examens a tiré les conclusions
suivantes :
1° On obtient chez le cobaye des lésions classiques de tuberculose généralisée mortelle, type Villemin. Les cultures sont des micro-cultures repiquables et réinoculables : il s’agit alors d’une méningite tuberculeuse le plus souvent mortelle due à un bacille de Koch de virulence normale. On n’a observé que 35 observations de méningites guéries pouvant rentrer dans cette catégorie.
2° L’inoculation donne une tuberculose atypique, curable, localisée, avec hypertrophie ganglionnaire assez accusée et lésions histologiques signant la nature tuberculeuse (follicules tuberculeux, cellules géantes) ; dans ces conditions, on peut mettre en évidence des bacilles acido-résistants. L’ensemencement du liquide céphalo-rachidien donne une macro-culture : il s’agit d’un bacille de Koch appartenant à une souche de virulence atténuée.
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3° L’inoculation donne une tuberculose atypique curable, type Calmette Valtis, différant de la précédente par les caractères suivants : l’hypertrophie ganglionnaire est discrète ; on ne trouve pas de modifications histologiques appréciables ; dans les frottis de ganglions, on ne trouve que quelques rares bacilles acido-résistants dont la recherche est difficile et minutieuse. Sur le milieu de Lœwenstein, on obtient seulement une micro-culture, non repiquable et non réinoculable. Il s’agit alors fort probablement d’ultravirus tuberculeux.
Dans ces deux derniers cas (2° et 3°), les états méningés tuberculeux sont spontanément curables. C’est ce que Barbier et Gougelet ont appelé « épisodes méningés curables ».
Facteurs thérapeutiques de Ja guérison de la méningite tuberculeuse.
Il est banal d’affirmer l’inaction de la thérapeutique sur une affection dont on a pu dire que son diagnostic équivaut à une condamnation à mort. L’abondance même des palliatifs proposés pour remédier à la méningite tuberculeuse prouve leur inefficacité ; les thérapeutiques imaginées sont en effet innombrables mais elles ont malheureusement toutes également abouti à un échec complet. La plupart des auteurs qui ont publié des observations de méningites tuberculeuses guéries pensent que la guérison est due au traitement qu’ils ont employé. Il est intéressant de passer en revue les divers moyens mis en œuvre pour la recherche de cette guérison tant désirée. On peut schématiquement les diviser en méthodes chimiques, méthodes mécaniques et méthodes antituberculeuses dites spécifiques.
SANTE de MÉTHODES CHIMIQUES.
Malgré des essais multiples, elles se sont avérées bien impuissantes : Jansen, il est vrai, dit avoir guéri une méningite avec l’iodure de potassium, mais les bacilles n’ont pas été trouvés. Pitfield aurait eu un succès avec l’uroformine. On a encore proposé des injections colloïdales intra-rachidiennes, mais jamais avec succès.