‹ Le problème de la dépopulationChapitre 16 sur 16 · V. — Conclusions · texte numérisé non relu

V. — Conclusions

I. — La natalité décroît en France progressivement depuis le commencement du siècle, et rien n’indique que ce mouvement soit près de

I. Nous avons la vive salisfaclion d'annoncer que qua* ranlc Conseils généraux ont adoplé loul ou parlie des vœux (pie nous leur présentions pour dégrever et protéger les familles nombreuses, dans leur session d’avril 1S‘.»7.

Nous ne croyons pas que sur aucune proposition émanée

s’arrêter (p. 7). Ce mal est clCi à un vice profond et permanent. La France, dont la population, à la fin du siècle dernier, formait 28 pour 100 de la population des grandes puissances européennes, n’en forme plus que 12 pour 100 aujourd'hui. Son rôle dans le monde va s’effaçant. La France est le seul pays de l’Europe où ce phénomène se remarque avec la même intensité et la même constance (p. 12).

IL — Sa puissance militaire est gravement menacée: au lendemain de la guerre, la France et l’Allemagne avaient le même nombre de conscrits; aujourd’hui l’Allemagne en a moitié plus que la France; dans quatorze ans, elle en aura le double (p. li). Son industrie, son commerce (p. 17), son influence morale dans le monde (p. 18) sont diminués par la diminution relative de sa population. C’est grûce à l’affaiblissement de la natalité que la France, loin de s’étendre au dehors de ses frontières, comme le font les autres peuples, n’a pas la force de poussée nécessaire pour protéger son territoire contre l’envahissement pacifique des étrangers.

de rinilialive privée, il y ait eu iin tel accord entre les Assemblées dé[)arleinenlales.

Les Conseils "énéraii.x (pii n’onl pas adopté nos vœii.x ne les avaient pas mis en délibération ou en avaient ajourné re.xamen à la session d'août, dont nous ne connaissons pas encore les résultats à ce point de vue. Un seul les avait rejetés ; le malthusien Lot-et-Garonne.

Ceux-ci colonisent notre pays attirés par l’appel du travail, auquel la population autochtone ne répond pas suffisamment (p. 19). Ils prennent la place de nos non nés. Ils répondent à l’appel du travail, mais au jour du danger, ils ne répondront pas à l’appel du canon (p. 20)! Leur nationalité n’est qu’un palliatif illusoire

111. — L’étude des mouvements de population par localités, par classes sociales, montre que la faiblesse de la natalité est due principalement à ce que les parents, lorsqu’ils ont quelque bien, sont ambitieux pour leurs enfants (p. 2i). Lorsqu’ils n’ont rien, cette préoccupation d’une fortune à conserver disparaît naturellement. Elle disparaît aussi (p. 26) lorsque l’organisation du pays est telle que les parents n’ont aucune inquiétude à avoir sur le sort de leurs enfants (Fort-Mardick, Fouesnant) et au Canada (p. 28), où la liberté de tester est, non seulement permise par la loi, mais encore mise à profit par la presque totalité des familles.

Les funestes effets des lois restrictives de la liberté de tester se font sentir surtout en France et les pays français (provinces françaises de Belgique, caillons français de Suisse), parce que les Français sont plus économes et plus jirévoyanls que les autres peuples soumis au Code civil et parce que la fortune y est plus divisée.

LE rnOBLÈME DE LA DÉPOPULATION.

Ce qui rend le mal plus grave encore, c’est que si la nation en meurt lentement, les individus n’en souffrent nullement. C’est la mort par le chloroforme, mais ce n’en est pas moins la mort.

IV. Remèdes illusoires. — Jamais on n'a réussi à établir sérieusement un lien quelconque entre la dépopulation de la France et la recherche de la paternité, l’émancipation de la femme, les réformes socialistes, etc. Nous avons dit dans quelle mesure (réelle probablement, mais d’ailleurs très faible) on peut admettre que la restauration des idées religieuses relèverait peut-être la natalilé (p. 54), si elle était possible.

Nous avons vu que le nombre des mariages est suffisant en France, et que le nombre des mariages tout à fait stériles n’y paraît pas plus élevé qu’il n’était naguère ni qu’il est en d’autres pays (p. 35-56).

Nous avons vu la parfaite inanité des mesures proposées pour restreindre la mortalité. Fussent-elles efficaces (et elles ne le seraient pas), elles n’auraient sur la population de la France, aucune influence (p. 39).

V. Des mesures efficaces. — Il faut combattre le mal dans ses causes. Ces causes sont l’excessive prévoyance des parents. Il faut s’arranger pour que cette prévoyance soit, au contraire, un motif pour avoir une nombreuse postérité.

l.E PnOBLÉME DE LA DÉPOPULATION.

On y arrive en admettant que le fait d'élever un enfant est une des formes de l'impôt (p. 46). La famille qui élève trois enfants remplit suffisamment son devoir envers l’Élal. Celle qui en élève davantage paie, par ce seul fait, un impôt excessif; il faut donc la dégrever. Pour la dégrever complètement (et c’est ce que nous proposons), il suffit de frapper d’une surtaxe de 20 pour iOO les familles qui ont deux enfants ou moins encore (p. 49). Nous avons prouvé que le Trésor, loin de perdre à cette combinaison, ne pouvait qu’y gagner.

L'impôt du sang devrait être allégé pour les jeunes gens mariés et surtout pour les pères de famille (p. 52).

Ce sont surtout les impôts de succession qui devraient faire payer par les familles malthusiennes la juste indemnité qu’elles doivent au pays en raison de leur stérilité. Nous proposons eju’on attribue à l’État la portion disponible de l’héritage des familles qui n’ont que un ou deux enfants (p. 55).

Les sommes ainsi perçues pourraient, selon le projet de M. de la Grasserie, constituer une caisse spéciale destinée à assurer une pension alimentaire aux auteurs des familles suffisamment nombreuses, pension dont l’État récupérerait le montant sur les enfants, toutes les fois que ce serait possible (p. 57).

Nous demandons l'extension de la liberté de

tester, telle qu’elle existe dans tous les grands pays excepté en France (p. GI),

C’est un devoir pour la nalion d’entourer l’enfant, et spécialement l’enfant malheureux de toute sa protection et de toute sa tendresse (p. 65).

Mesures accessoires. — L’État ne devrait perdre aucune occasion de témoigner du respect et de la gratitude qu’il doit avoir pour les parents qui élèvent de nombreux enfants. Toutes les faveurs dont il dispose devraient leur être réservées autant que possible (p. GG).

On devrait prendre des mesures sérieuses contre les excitations à la débauche (p. 70).

Résumé. — Toutes les mesures que nous proposons ont un but unique, toujours le même : faire connaître à tous les Français le danger terrible qui menace leur patrie; leur patriotisme est réel, mais il n’est pas éclairé. La nation a besoin que les familles soient suffisamment fécondes; celles qui lui donnent de nombreux enfants ont droit à son respect, à sa reconnaissance et à sa protection.

Voilà ce qu’il faut démontrer à tous. Voilà ce qu’il faut prouver, et prouver non pas par de vaines prédications, mais par une longue série de faits tangibles, visibles à tous les yeux.

Ce devrait être la pensée unique, la préoccupation constante de tous les Français et de leurs représentants au Parlement.

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