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Aucun pays de l’Europe ne contient un nombre aussi énorme d’étrangers. Presque tous ces étrangers viennent se fixer en France, non pas pour y dépenser de l’argent, mais au contraire pour en gagner. D’après le recensement de 1891, il n’y en avait que 05 004 qui appartinssent à des familles vivant exclusivement de leur revenu.
Ainsi l’explication de leur })résence en France est bien simple : les jeunes Français sachant bien travailler ne sont pas assez nombreux j)our répondre à rai)pel du travail ; l’industrie (et môme
l’agriculture) sont donc forcées d’accueillir des travailleurs de l’étranger. Comme le disait un professeur allemand, ils prennent la place de nos non-nés. 11 est très heureux qu’il en soit ainsi, sans quoi il faudrait fermer une partie de nos usines. Mais il vaudrait incomparablement mieux qu’elles n’eussent pas à attirer ainsi chez nous l’étranger, c’est-à-dire le rival, l’ennemi, et, au jour du danger, l’espion.
L’état dont nous nous approchons est celui de cette usine, située près de Nancy, dont parle M. Debury. Son propriétaire est Allemand, capitaine de la landwehr; son contremaître. Allemand, également capitaine; tous ses ouvriers. Allemands et soldats allemands. Lorsque la landwehr est convoquée, l’usine est fermée. Les Français sont seulement admis à payer la gendarmerie qui la garde; s’il lui arrive cependant dommage, à payer une indemnité !
On a beaucoup facilité la naturalisation des étrangers et j’estime qu’on a eu raison, et qu’il y aurait lieu de la rendre non pas plus facile, mais moins onéreuse pour qui la sollicite et se montre digne de l’obtenir.
Cependant ce n’est pas là remédier au mal. On peut bien donner à un certain nombre d’étrangers un faux-nez français, et les droits qui y sont attachés, mais il est plus difficile de leur inculquer l’amour de la France, et le désir de remplir leur devoir à cet égard. Assurément il
y a parmi les naturalisés des patriotes sincères et même ardents, mais il est permis de croire que beaucoup de ces Français artificiels conservent pour leur première nationalité une affection bien naturelle, et qui peut nuire parfois au dévouement qu’ils doivent à leur patrie d’adoption.
La climinulion de la population est une cause de pauvreté. — Je dois en renouveler la démonstration, puisque, pour beaucoup d’hommes, elle n’est pas faite. « Voyez la quantité des sanstravail, disent-ils ; voyez la masse des misérables ; ne vaudrait-il pas mieux pour eux n’être pas au monde? » Pur sophisme! Beaucoup de ces sans-travail sont des ouvriers maladroits qui ne trouvent pas de travail parce qu’ils ne sont pas capables d’en produire de bon. Ils n’en sont pas moins fort à plaindre ; mais leur proportion ne serait pas moindre parce que la population serait moins nombreuse, et on ne les emploierait pas pour cela davantage; on les remplacerait, ce qu’on fait déjà, par des ouvriers étrangers et ils n’en seraient pas plus heureux. — « Cependant, ne voit-on pas d’excellents ouvriers qui ne trouvent pas d’emploi? * En trouveraient-ils davantage parce que la population serait moindre? Assurément non. Supposons un cordonnier qui trouve tous les ateliers au complet; il est vile conduit à penser qu’il y a trop de cordonniers sur terre et que.
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si la population était moindre, leur nombre serait moindre aussi. Soit, mais il y aurait aussi moins de pieds à chausser et notre homme n’y gagnerait rien.
Le même raisonnement s’applique à toutes les professions sans exception.
Malthus prétendait qu’au banquet de la vie, il n’y avait pas place pour tout le monde. Il oubliait que les convives de ce banquet en sont aussi les cuisiniers, en sorte que le nombre des plats servis s’y proportionne à ceux qui les préparent. Pour qu’il commençât à avoir raison, il faudrait que le globe fût peuplé, au point que les subsistances vinssent à manquer, ce qui n’est pas possible à notre époque, où le blé et la viande sont tellement abondants qu’on en est venu à leur fermer nos frontières. Donc, les subsistances ne manquent pas ; quant au travail industriel, le meilleur moyen de le développer, c’est de développer le nombre des habitants. « L’Allemagne, disait notre courageux compatriote alsacien Ch. Grad, n’a jamais été aussi riche qu’à présent, avec le puissant accroissement de sa natalité. » Et, en effet, on s’accorde à rapprocher le développement du commerce allemand du développement de sa population.
On no saurait trop le répéter : la population est la source de toute richesse, parce que toute richesse a pour origine le travail et que, le tra-
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vail, ce sont les bras et les intelligences qui le produisent. Outre que la population produit la richesse, elle l’utilise, elle la consomme et provoque ainsi une production nouvelle. Pour qu’un pays soit prospère dans tous les sens de ce mot, pour qu’il soit riche, puissant et intelligent, il faut que sa population soit nombreuse. La dépopulation est donc bien un fléau : elle condamne notre pays à mort.
Mais on insiste : « N’êtes-vous pas touché, dit-on, de voir des ménages qui gagnent à peine leur propre subsistance et qui sont chargés d’enfants qu’ils ne peuvent pas nourrir? » Nous en sommes aussi touchés que personne et nous l’avons prouvé. \J Alliance nationale pour l'accroissement de la population française (26, avenue Marceau) supplie l’État d’entourer l’enfant et notamment l’enfant malheureux de toute sa protection et de toute sa tendresse. Elle est déterminée à réclamer cette protection jusqu’à ce qu'elle l’obtienne ; si l’État se refuse à l’accorder, il manque à son devoir essentiel. Mais cette protection donnée à l’enfant ne va pas jusqu’à vouloir l’empècher de naître.