‹ Le problème de la direction des ballons (volume 2)Chapitre 8 sur 17 · Les expériences de Chalais-Meudon · texte numérisé non relu

Les expériences de Chalais-Meudon

usions du ballon « la France » . — C'est entre les deux ascenle MM. Tissandier qu'eut lieu la belle expérience des capi- Renard et Krebs. Le 9 août 1884, « date désormais mémoi suivant les paroles d'Hervé-Mangon à l'Institut, le ballon icc, ayant à son bord ses deux inventeurs, partait des ateîilitaires de Chalais-Meudon par un temps calme, évoluait i plus grande docilité dans le voisinage de l'établissement, mirait à Chalais où il descendait sur la pelouse même du , malgré les écueils dont elle est entourée (ftg. 10J : il avait iru 7,600 km, en 20 minutes. « Dès que nous eûmes atteint teur des plateaux boisés qui environnent le vallon de Chait le commandant Renard, nous mimes l'hélice en mouve- >t nous eûmes la satisfaction de voir le ballon obéir immé-

diatement et suivre facilement toutes les indications du gouvernail. Nous sentîmes que nous étions absolument maîtres de notre direction, et que nous pouvions parcourir l'atmosphère dans tous , les sens aussi facilement qu'un canot ii vapeur peut évoluer sur

l'eau calme d'un lac Après '

avoir effectué notre virage, nous dirigeâmes notre cap sur la pelouse de départ et nous la vîmes :

bientôt se rapprocher de nous.

Les murs du parc de Chalais furent de nouveau franchis, et notre port d'atterrissage apparut à nos pieds à 300 m au-dessous de notre nacelle. L'hélice fut alors ralentie et un coup de soupape détermina la descente, pendant qu'à l'aide du propulseur et du gouvernail le ballon était maintenu sur la verticale du.

point où nous attendaient nos aides. Tout se passa suivant nos prévisions, et la nacelle vint se poser doucement sur la pelouse d'où elle était partie. »

Cette expérience eut un retentissement considérable et provo-, qua le plus vif enthousiasme. Ce n'était cependant qu'une ascen-

sion d'essai, dans laquelle les aéronautes n'avaient pas osé employer toute leur force motrice, et s'étaient hâtés de rentrer au

désireux qu'ils étaient de se donner à eux-mêmes la déitration pratique qu'ils avaient préparée pour les autres. s ascensions ultérieures furent exécutées sur de plus longs parcours et dans des condi-

lenques moins favorables.

La seconde eut lieu le 12 septembre par un vent de 6 m contre lequel le ballon lutta sans reculer. Pour J V remonter le courant, on dut / Y mettre toute la pile en ac- \ tion; mais la machine, tour- I jr nant avec une énorme ra- >T pidité, s'échauffa au point * y/ d'obliger à interrompre le courant; au moment où le capitaine Renard manœuvrait le commutateur, l'anneau sautait, et le ballon, désemparé de sa machine, était entraîné sur Vélizy, où l'atterrissage eut lieu sans autre incident.

Cet insuccès, dû à un accident de machine sans importance, fit oublier la brillante démonstration du août, et amena dans l'opinion publique un revirement irraisonné. Il fallait effacer cette mauvaise impression, et un nouvel anneau fut demandé à M.

$fi : -t9£. Gramme. Le 8 novembre 1884, le ballon, monté par MM. Renard et Krebs, s'épar un fort beau temps et se dirigea vers Boulogne (fig. 44); ■a au-dessus de Billancourt et fut ramené à Chalais avec grande facilité : sous l'action de la pile entière, on atteignit 'itesse moyenne de 6,30 m (la route est représentée par un

trait plein). Dans l'après-midi, les aéronautes firent une nouvelle sortie et se contentèrent, à cause du brouillard, d'évoluer autour du parc sans le perdre de vue (la route est représentée par un trait discontinu) ; la chute d'une partie des fils des balais n'empêcha pas le ballon d'atterrir sur la pelouse des départs, mais la vitesse moyenne descendit à 4 m.

Pour éviter d'autres mécomptes, le commandant Renard s'assura la collaboration de M. Gramme, qui construisit un moteur ayant le même poids que l'ancien, mais plus robuste et un peu plus puissant : cette dernière circonstance et l'allégement de diverses parties permirent d'emmener un troisième aéronaute et de se livrer à des mesures de vitesse. Ces expériences se firent en août et septembre 1888; je donnerai plus loin les formules auxquelles elles ont conduit; je me contente d'ajouter ici qu'elles furent exécutées par MM. Charles et Paul Renard, accompagnés de M. Duté-Poitevin, aéronaute civil attaché à l'Établissement militaire de Chalais. La dernière ascension, celle du 23 septembre 4885, faite en présence du ministre de la Guerre, donna le plus long parcours (fig. 4%); le ballon . partit vent debout et vint jusqu'à Paris, en décrivant une courbe élégante dont les inflexions régulières prouvent d'une manière frappante la puissance du moteur et la sûreté de la manœuvre. Après avoir franchi les fortifications, il retourna vent arrière à Chalais qu'il gagna en moins d'un quart d'heure ; c'est dans cette ascension que la vitesse moyenne atteignit sa plus grande valeur, soit 6,50 m.

Le tableau suivant donne sommairement les sept ascensions du ballon la France; on voit que celui-ci revint cinq fois sur sept au point de départ.

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