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CHEVAUX SUR L*ARBAB
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Ces progrès prennent une forme plus saisissante encore quand on compare les routes suivies par la France (fig. 40^ 44^ 42) à celle que MM. Tissandier ont parcourue en 1884 (fig. 9), Lorsque les officiers de Ghalais entreprirent l'étude de leur dirigeable, la question en était au point suivant : les moteurs les plus légers donnaient 3 m, vitesse insuffisante puisque celle du vent lui est supérieure au moins une fois sur cinq; de plus, on n'avait pas encore réussi à éviter les embardées, à faire obéir le gouvernail, à assurer la stabilité de route. En quel état ont-ils rendu le problème ? La vitesse atteint 6,50 m, le ballon obéit avec, une merveilleuse docilité, sans tête-à-queue, il évolue comme un canot bien construit sur la surface tranquille des eaux.
Dans cette œuvre qui restera une des plus belles de notre siècle, il convient d'indiquer la part plus spécialement prise par chacun des deux collaborateurs. « L'exécution du programme et les études qu'il comporte ont été faites en commun. L'étude de la disposition de la chemise de suspension, la détermination du volume du ballonnet, les dispositions ayant pour but d'assurer la stabilité longitudinale du ballon, le calcul des dimensions à donner aux pièces de la nacelle, et enfin l'invention et la construction d'une pile nouvelle, d'une puissance et d'une légèreté exceptionnelles, ce qui constitue une des parties essentielles du système, sont l'œuvre personnelle du commandant Renard. Les divers détails de construction du ballon, son mode de réunion avec la chemise, le système de construction de l'hélice et du gouvernail, rétude du moteur électrique calculé d'après une méthode nouvelle basée sur des expériences préliminaires permettant de déterminer tous ses éléments pour une force donnée sont l'œuvre du commandant Krebs, qui, gr&ce à des dispositions spéciales, est
parvenu à établir cet appareil dans des eouditions de légèreté inusitées (i), »
Que reste-t-il à faire maintenant pour que la direction des ballons devienne réellement pratique? Il faut encore une fois doubler la vitesse en perfectionnant ce qui a été fait, en augmentant le volume, en réduisant la résistance, en élevant le rendement de l'hélice qui dans le ballon la France n'était que passable, et surtout en recherchant un moteur qui laisse loin derrière lui celui qili a conduit au succès.
On affirme que ce nouveau pas en avant vient d'être fait. Séparé de son collaborateur, actuellement commandant-ingénieur au corps des pompiers, le commandant Renard a parachevé la tâche quMls avaient d'abord poursuivie en commun. Ses recherches l'ont amené à imaginer un moteur à gazoline qu'on achève actuellement et qui pèsera, carburateur el accessoires compris, une fois et demie moins que le moteur de la France ; de plus, au lieu d'être épuisé en une heure et demie de marche, il pourra fonctionner pendant une dizaine d'heures. Des perfectionnements réalisés dans les divei^ses parties du ballon permettront d'atteindre avec ce moteur la vitesse de 11m par seconde ; le nouveau dirigeable, qui portera le nom du général Meusnier, pourra donc voyager avec une vitesse moyenne de 40 km à l'heure, allure des trains ordinaires. Il a un volume de 3 400 m^ ; dans ces conditions on trouve que la longueur, pour qu'il fût géométriquement semblable à la France^ de-
vrait être 50,4 i/H-TÂÂ = 62,7 m. Or, elle sera de 70 m; l'allongement dépassera donc celui de la France^ .peut-être même celui du deuxième ballon Giffard. tJne housse portera, par l'intermédiaire de suspentes et de balancines, une nacelle de 40 m formée de bambous et de longerons en sapin évidés, avec entretoises en acier creux. L'hélice, de 9 m de diamètre, tournera à raison de 200 tours par minute .
Après le Gèiéral-Meusnier viendront d'autres appareils également en progrès sur les précédents. Ce que je voudrais examiner maintenant, ce sont les moyens de réaliser ce progrès.
La première qualité à obtenir est la stabilité de route ainsi que la docilité dans la manœuvre : sans cette qualité toutes les autres resteraient sans effet, et le ballon se trouverait dans la situation
(I) Note à rAtadémic d6i Sciences.
(l'un muet qui se sent des flots d'éloquence. Tel était e^ particulier le cas des ballons Giffard. J'ai soigneusement énuméré les conditions qu'il est nécessaire de remplir et j'ai dit comment on les. avait réalisées à Chàlons. Les ballons conçus d'après les mêmes principes seront à même de bien utiliser la puissance de leur moteur.
Dès lors leur valeur sera mesurée par la vitesse obtenue. Pour avoir une vitesse Y, il faudra combiner le filet, la nacelle, le propulseur et le moteur de façon que
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T étant la force sur Tarbre de la machine, R la résistance à l'avancement qui correspond à la vitesse Y, r le coefficient de réduction entre le travail de traction et le travail sur l'arbre : ce coefficient est fonction du rendement de l'hélice et des engrenages inter«médiaires.
Les valeurs de R et de r dépendent Tune et l'autre de l'action de l'air sur les surfaces ; je consacrerai la deuxième Partie aux moyens de les évaluer et de rechercher leurs valeurs les plus avantageuses. Enfin, j'aborderai dans la troisième Partie la question des moteurs légers, qui a une importance capitale dans la navigation aérienne.